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Mondial 2022-Côte d’Ivoire-Beaumelle : «Quatre points, c’est un bon bilan»

Patrice Beaumelle.
Patrice Beaumelle.

Patrice Beaumelle a vécu un 6 septembre animé. Il a appris le décès de l’acteur Jean-Paul Belmondo, dont il était fan, et celui de l’ancien international français d’origine sénégalaise Jean-Pierre AdamsJ’ai joué avec ses fils à Nîmes», confie-t-il). Puis il a vécu la victoire (2-1) de son équipe face au Cameroun, lors du choc du Groupe D. «Ce succès, je veux le dédier aussi aux deux personnalités (Adams et Belmondo) qui sont parties ce lundi», lance-t-il dans cet entretien avec Sport News Africa.

Beaumelle est revenu en Côte d’Ivoire en mars 2020. C'était cinq après une première expérience en tant qu’adjoint de son compatriote Hervé Renard (2014-2015), avec un titre de Champion d’Afrique à la clé. L’Arlésien a atteint l'un de ses nouveaux objectifs. Il voulait qualifier les Eléphants pour la CAN au Cameroun en 2022, c’est fait. Il lui reste à décrocher un ticket pour la Coupe du Monde au Qatar. C'est (plutôt)  bien engagé...

Sport News Africa : La Côte d’Ivoire est en tête de son groupe avec 4 points. Le bilan comptable vous satisfait-il ?

Patrice Beaumelle : Si on regarde de près tout ce qui s’est passé, c’est positif. Je m’explique : pour aller affronter le Mozambique (0-0, le 3 septembre), nous étions privés de nombreux joueurs (Aurier, Bailly, Cornet, Zaha, Pépé, Boly, Kessié notamment). Le Mozambique est en effet classé sur la liste rouge par l’Angleterre, par rapport au Covid-19. J’avais donc donné ma parole aux clubs concernés que les joueurs ne feraient pas Maputo, qu’ils resteraient à Abidjan pour s’entraîner, et qu’ils seraient par contre disponibles pour affronter le Cameroun.

On a donc effectué un déplacement difficile au Mozambique. Avec un long voyage, un terrain difficile, du vent, un adversaire très motivé, le tout, avec une équipe privée de plusieurs de ses cadres, et remplacés par de jeunes joueurs beaucoup moins expérimentés. Là-bas, l’équipe a fait un match sérieux, solide, qu’elle aurait pu remporter. Mais au final, ce point est plutôt une bonne opération.

Ce point permet à votre équipe d’être en tête de son groupe, après sa victoire (2-1) face au Cameroun…

Exactement ! Un point à l’extérieur, trois à domicile, c’est intéressant. Ce match face aux Lions indomptables était très attendu. Ces deux grandes nations de football sont présentées comme les favoris pour se qualifier pour le troisième tour. Je n’oublie pas le Malawi et le Mozambique, qui sont des adversaires de qualité, difficiles à jouer, surtout chez eux. Mais il était important pour nous de bien gérer ce match face aux Lions indomptables.

Nous avons déjà pu récupérer quasiment tous nos cadres, absents au Mozambique. On a pu mesurer à quel point leur présence était importante. En première période, nous dominons assez largement, on marque deux buts grâce à Sébastien Haller, l’équipe fait preuve de solidité défensive, elle a gagné beaucoup de duels, le milieu de terrain s’est montré conquérant.

Ensuite, le Cameroun a bien su réagir, il a eu davantage le ballon, il s’est montré plus dangereux et a réduit le score, sur penalty. Mais j’ai aimé la solidité affichée par mes joueurs.

Avez-vous déjà commencé à vous projeter sur les deux matches face au Malawi, au mois d’octobre prochain ?

Ils vont arriver très vite. Je sais que le Malawi est une équipe accrocheuse, disciplinée. Elle vient de battre le Mozambique (1-0), elle est qualifiée pour la CAN au Cameroun, il ne faudra surtout pas la prendre à la légère. Visiblement, le Malawi ne peut pas jouer à domicile et il est possible que le match se déroule en Afrique du Sud. J’espère que je pourrai avoir tout mon effectif à ma disposition.

Il est évident que ces deux rendez-vous seront très importants. Si on veut se qualifier pour le troisième tour, il faudra obtenir des résultats contre les Malawites.

«Haller et Boly, les binationaux apportent beaucoup»

La pelouse du stade Olympique d’Ebimpé, où vous avez affronté le Cameroun, est-elle dans un état aussi catastrophique que ce que les images diffusées laissent supposer ?

Elle n’est pas en bon état, c’est un fait. Mais, quand on voit les images à la télé, on a l’impression qu’elle est horrible. Elle a été roulée avant le match, mais avec les duels, les tacles, elle s’est détériorée. Ici, les autorités sont conscientes du problème. Et, j’ai cru comprendre qu’une nouvelle pelouse hybride serait bientôt installée. Nous avons besoin d’évoluer sur un terrain de qualité.

Revenons à Sébastien Haller, un binational que vous avez convaincu d’accepter de jouer pour les Eléphants. Cela fait presqu’un an qu’il porte le maillot ivoirien. Comment jugez-vous son apport ?

Lors de mon premier passage en Côte d’Ivoire, je l’avais rencontré à Auxerre. Il était international français dans les catégories de jeunes. Il avait à l’époque 19 ou 20 ans, et il n’était pas encore prêt pour la Côte d’Ivoire. Quand j’ai été nommé sélectionneur, en 2020, je l’ai contacté, en lui disant que nous étions intéressés, mais que c’était à lui de me rappeler.

Un binational doit venir jouer pour la sélection de son pays d’origine par conviction, pas par défaut. Les cadres de la sélection étaient informés de ma démarche. Quand Sébastien est arrivé, il a tout de suite été adopté. Non seulement c’est un très bon attaquant, mais c’est aussi quelqu’un de très professionnel, avec qui j’ai plaisir à travailler. Mais, je pourrais aussi vous tenir le même discours concernant Willy Boly (Wolverhampton, Angleterre), qui a rejoint la sélection l’année dernière. Ils apportent beaucoup, sportivement et humainement.

Vous êtes à la tête d’une sélection qui génère une vraie passion, accompagnée d’une certaine impatience. Car, depuis la conquête de la CAN en 2015, la Côte d’Ivoire n’a pas vraiment fait d’étincelles lors des éditions 2017 et 2019. Sans parler de son absence en Russie, lors de la Coupe du Monde 2018…

La sélection ivoirienne est en effet l’objet de toutes les attentions. De la part de supporters, de la presse, des hommes politiques. Les Ivoiriens aiment le football, et ils veulent que leur équipe brille. C’est normal, mais on ne peut pas toujours tout gagner. Oui, il y a de la passion, de l’attente. C’est pourquoi je dis que le maillot des Eléphants n’est pas toujours facile à porter, surtout pour les jeunes qui débutent en sélection. La pression, il faut l’accepter. Bien sûr, je préfère quand elle est constructive et mesurée. Mais, cette exigence est aussi un moteur pour les joueurs, pour le staff technique. Personnellement, j’ai besoin de cela.

«Depuis le tirage de la CAN 2022, les gens spéculent sur le choc entre la Côte d’Ivoire et l’Algérie. Mais je suis d’abord concentré sur nos matches d’octobre et de novembre.»

Est-il, pour le sélectionneur que vous êtes, facile de ne pas trop penser à la CAN au Cameroun, alors que les qualifications pour la Coupe du monde sont la priorité ?

La priorité, comme vous l’avez dit, ce sont les matches de Coupe du monde. La CAN, c’est encore loin. C’est une compétition majeure, nous avons tous envie d’y participer. Depuis le tirage au sort du mois d’août, les gens spéculent sur le choc entre la Côte d’Ivoire et l’Algérie. Mais je suis d’abord concentré sur nos matches d’octobre et de novembre. Des matches de haut niveau qui doivent aussi nous servir à préparer la CAN, à gagner de la confiance, à progresser.

L’Egypte a limogé Hossam El-Badry, son sélectionneur, après le match nul  (1-1) au Gabon. Cela vous a-t-il surpris ?

Oui, car l’Egypte avait gagné quelques jours plus tôt contre l’Angola (1-0). En novembre prochain, à l’issue du second tour des qualifications pour la Coupe du monde, il y aura probablement du mouvement sur les bancs de quelques équipes. Y compris parmi celles qui sont qualifiées pour la CAN, mais qui n’accèderont pas au troisième tour.

J’ai toujours dit que la stabilité permettait de progresser, mais parfois, on remet tout en cause après un mauvais résultat. C’est dommage, mais c’est ainsi.

Alexis BILLEBAULT

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