fbpx
French VERSION

Ferdinand Coly : «l’Italie avait un cocktail gagnant»

Ferdinand Coly partage avec SNA, ses bonnes notes de l'Euro

Quelle analyse faites-vous de la finale de l’Euro entre l’Italie et l’Angleterre ?

Les Italiens ont été cueillis à froid. Prendre un but au bout de 2 minutes de jeu c’est en effet, très déstabilisant. Sur les 20 premières minutes les joueurs italiens semblaient perdus, dépassés. Les Anglais ont poussé dans ce début de match et auraient même pu mettre un 2ème but. Malheureusement, ils n’ont pas su concrétiser cet ascendant qu’ils avaient pour mettre leurs adversaires K.O.

Petit à petit, l’Italie commençait à reprendre notamment la possession de balle, à sortir et être dangereuse. L’Angleterre ne savait pas s’il fallait continuer à attaquer ou attendre. C’est le danger quand on mène 1-0 très tôt dans une finale. Attaquer ou jouer en contre-attaque. Ils étaient entre deux chaises. Et c’est là que l’Italie a commencé à reprendre confiance.

Au vu de son potentiel offensif, est-ce que c’était la bonne approche, cette posture attentiste de l’Angleterre ?

Il ne faut pas oublier que les Anglais jouaient à domicile, à Wembley. Forcément, il y avait l’engouement d’un public qui les poussait par moment à jouer de l’avant. C’est normal et c’est ce qu’ils ont su faire les 15, 20 premières minutes. Après, on a vu l’Italie commencer à s’organiser. Les joueurs se sont parlés et le coach (Mancini) devenait plus actif.

 

« L’Angleterre ne savait pas s’il fallait attaquer ou attendre. C’est le danger quand on mène très tôt dans une finale.»

 

L’Italie a renoncé dans cet Euro à son identité du Catenaccio pour une philosophie de jeu plus joueuse…

Cette équipe d’Italie restait sur une série de 33 matches sans défaite. C’était un long processus d’une équipe qui n’est pas arrivée à ce stade par surprise. On savait qu’elle était dangereuse. Moi, j’avais averti au début de l’Euro. J’avais dit : «Faites attention à l’Italie». Il y a un amalgame de jeunes talents qui vont émerger avec notamment Chiesa. Ce dernier a fait une très bonne saison à la Juventus. Quand on voit Chiellini, le match qu’il fait, la détermination, l’engagement, l’expérience qu’il a sur certaines phases de jeu…c’est une leçon pour dire qu’à 36, 37 ans, tout est question de détermination.  Et là, je dis bravo à l’entraîneur qui a su faire confiance à sa vieille garde.

Bravo à la jeunesse qui a su être à l’écoute de ces anciens. Ça fait un cocktail gagnant. La victoire de l’Italie c’est aussi la victoire d’un collectif. Et la première leçon, c’est la star au service du collectif et non le collectif au service de la star.

Qu’est-ce qui a manqué à l’Angleterre dans cette finale ?

Il ne faut pas oublier que ces joueurs sortent d’une saison extrêmement longue et difficile. On a vu des joueurs fatigués. Mais ce qu’on retient c’est que le collectif a fait la différence. L’Italie a joué en collectif. Elle a en effet fait courir l’Angleterre. Et à la fin, on a vu les Anglais dans l’incapacité de maîtriser leur jeu. Il faut aussi rendre hommage à cette équipe anglaise qui a fait un parcours magnifique.

L’Angleterre a eu des leaders dans son équipe comme Harry Kane, Sterling qui a joué son rôle. Il y a Maguire derrière qui a été très bon, le gardien (Jordan Pickford) a aussi joué son rôle. Je pense que c’est une bonne équipe, qui a été cohérente tout au long du tournoi. Elle est montée en puissance. Et malheureusement cela s’est joué au pénalty.

 

« Le football italien se reconstruit. Cette victoire à l’Euro va booster le championnat.»

 

Vous avez joué dans les championnats anglais et italien…

Je suis resté 6 ans en Italie. C’est un football très difficile lorsqu’on arrive. Vous avez du mal à le maîtriser. Je suis content de revoir le football italien au premier plan. Parce que c’est une politique sportive qui a été revue. On a des clubs italiens rachetés. Des fonds ont été investis comme c’est le cas à l’Inter.

On voit aussi des joueurs comme Romelu Lukaku, Cristiano Ronaldo rejoindre le Calcio. Ça traduit une volonté de ramener au premier plan ce football. Le football italien est en train de se reconstruire. Et cette victoire de l’équipe nationale va booster le championnat.

Quel bilan faites-vous de cet Euro 2020 ?

C’est un tournoi qui a été long pour les joueurs. Je pense aux joueurs parce que quand on sort d’une saison aussi longue pour enchaîner avec un championnat d’Europe… Quoi qu’il arrive, c'est un bilan plus que positif. Il ne faut pas oublier qu’on est dans un contexte de pandémie de Covid.

Revoir les supporters dans les stades, fait plaisir. Mais derrière, on assiste à la résurgence du virus. Le foot sans supporters, ce n’est pas du foot, c’est triste.

Quel joueur vous a le plus marqué dans ce tournoi ?

J’étais impatient de voir comment aller évoluer Chiesa que j’ai suivi à la Juventus. Au début, il n’était pas titulaire avec la Nazionale (sélection d’Italie). Et avec son talent, forcément, il a pu s’imposer facilement et être une des stars de cet Euro avec sa qualité de jeu. Franchement, je reconnais que c’est un joueur qui m’a beaucoup plu.

Après, il y a pas mal d’autres à l’instar du gardien italien (Gianluigi Donnarumma). Après je ne veux pas citer que les Italiens (rires). Mais le gardien italien fait partie des joueurs qui m’ont impressionné. Même si on le connaissait déjà. Il a d’ailleurs été désigné meilleur joueur du tournoi. Une telle distinction pour un gardien de but est très rare. C’est une belle réussite globale et le football est en progrès.  Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est le collectif avant l’individu. C’est collectivement que les matches se gagnent. À moins d’avoir un talent exceptionnel comme Messi ou Ronaldo.

Moustapha M. SADIO

SNA vous en dit plus !

Pas de recommandation
SPORTNEWSAFRICA,
LA RÉFÉRENCE DU SPORT EN AFRIQUE
TOUS LES SPORTS
LES SPORTIFS AFRICAINS
LES CLUBS AFRICAINS
LES GRANDES COMPÉTITIONS
LES SÉLECTIONS NATIONALES
SUIVEZ-NOUS SUR :
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram