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Francine Niyonsaba : «je n’ai pas demandé à Dieu de me créer ainsi»

Francine Niyonsaba-Burundi-Hyperandrogénie
Francine Niyonsaba

Francine Niyonsaba, la Fédération internationale d’athlétisme vous interdit de courir dédormais le 800 m, votre spécialité. World Athletics vous reproche, en effet, d’avoir un taux de testostérone élevé. Comment vivez-vous cette décision ?

C’est une situation qui m’a beaucoup perturbée. A maintes reprises, j'ai voulu abandonner ce que j’aime, la course. Sans vous mentir même aujourd’hui je n’arrive pas à comprendre ce qui pousse la Fédération internationale à agir de la sorte. Heureusement que j’ai vu pire que ça dans ma vie.

Est-ce une discrimination selon vous ?

Bien sûr. Comment est-ce que quelqu’un peut être victime d’une situation innée ? Je n’ai pas demandé à Dieu de me créer ainsi. Malheureusement, le monde est injuste. C’est une discrimination pure et simple.

Vous sentez-vous différente des autres femmes ?

Pas du tout. Je suis une fille comme les autres. Je suis née fille et je le reste. Et je suis d’ailleurs très fière de mon physique.

Avez-vous grandi en ayant l’impression d’avoir un don ?

Je ne sais pas. Quand j’étais jeune, j’allais à l’école à pieds comme tous les autres enfants de mon village. Je n’avais pas quelque chose de spécial par rapport aux autres. Mes talents ont été découverts par mes professeurs de sport à l’école secondaire. Pendant les cours d’éducation physique, je parvenais à me classer toujours parmi les premiers. Lors des championnats scolaire d’athlétisme, j’étais également parmi les meilleurs du Burundi et les spécialistes en ce domaine ont vu que j’avais du talent. C’est comme ça que j’ai été lancée.

Francine Niyonsaba

Francine Niyonsaba (en vert) à côté Semenya sur le podium du 800 m à Rio

 

                    «Je soutiens totalement Semenya, on se parle souvent»

Caster Semenya, qui vit la même situation que vous, a engagé une interminable bataille juridique contre la Fédération internationale. Pourquoi n'avez vous pas fait comme elle ?

Je n’ai pas porté l’affaire devant les tribunaux à cause de plusieurs paramètres indépendants de ma propre volonté. Cependant, je soutiens totalement Semenya dans sa démarche. C’est mon amie et on se parle souvent. Si elle parvient à gagner le procès, ce sera également bénéfique pour moi, car nous sommes dans un même dossier.

Sentez-vous le soutien des autorités burundaises ?

Permettez-moi de ne pas répondre à cette question. Je suis désolée et je m’en excuse.

Malgré les difficultés, vous êtes qualifiée pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Quel a été votre sentiment quand vous avez réalisé les minima sur  5000 et 10000 m ?

C’était comme un miracle pour moi. Durant la préparation, je me disais que je dois y arriver. Je travaillais dur. J’ai fait de bons chronos et j’en suis fière. Ça m’a prouvé que je me suis bien préparée. Pour le moment, je détiens du coup le record du Burundi sur ces distances. Je suis très contente. C’est une nouvelle histoire que j’ai écrite. Je compte m’aligner sur les deux disciplines aux JO. S’il faut choisir toutefois entre les deux, je m’alignerai sur le 5.000 m. Les tours sur le 10.000 m sont interminables. C’est vraiment dur.

              «Je n’irai pas aux JO pour applaudir les autres»

Mais se frotter aux Ethiopiennes et Kényanes sur ces distances, n’est-ce pas une peine perdue pour Francine Niyonsaba, spécialiste du 800m, de décrocher une médaille olympique ?

Pas du tout. C’est vrai que je n’ai pas d’expérience comme elles sur ces distances mais avec les compétitions déjà faites, je me suis rendue compte que tout est possible. Personne ne me voyait réaliser les minima sur ces distances. C’est un signal fort que j’ai envoyé aux spécialistes de ces disciplines. Je suis une battante et je compte aller jusqu’au bout. Je n’irai pas aux JO pour applaudir les autres mais pour gagner une médaille.

Avec l’annulation des championnats d’Afrique, comment comptez-vous préparer les JO ?

Pour le moment, je suis au Kenya où je me prépare. J’aurais aimé aller aux Etats-Unis où j’ai l’habitude de m’entraîner. Cependant, avec le Covid-19, les voyages ne sont pas faciles. Le Kenya est un bon endroit pour se préparer dans les courses de fond. J’en profite amplement. Je suis dans de bonnes conditions et j’espère être au top pendant les JO.

Désiré HATUNGIMANA

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