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Afrique du Sud-Hugo Broos : «On part sur de bonnes bases»

Hugo Broos, le sélectionneur de l'Afrique du Sud.
Hugo Broos, le sélectionneur de l'Afrique du Sud.

Madame Broos est contente. Elle ne pensait pas revoir son mari avant le mois de novembre, mais celui-ci est revenu en Belgique juste après la victoire  (1-0) contre le Ghana, le 6 septembre à Johannesburg. «Il y a un petit problème avec mon permis de travail, informe Hugo Broos. J’ai donc dû revenir à Bruxelles pour fournir des documents à l’ambassade sud-africaine. Normalement, je serai de retour en Afrique du Sud  le 24 septembre.»

Sport News Africa a sauté sur l’occasion pour «emprunter» quelques minutes le technicien flamand à son épouse, le temps d’évoquer le travail (bien) commencé par le champion d’Afrique 2017 (avec le Cameroun) dans son nouveau pays d’accueil.

Sport News Africa : Lors d’une interview accordée à Sports News Africa au mois de juin, juste après votre nomination, vous aviez estimé que quatre points au bout de deux journées serait un bon bilan…

Hugo Broos : Et nous avons ces quatre points ! C’est positif. L’Afrique du Sud est la seule sélection de ce groupe qui ne participera pas à la prochaine CAN. Nous avons donc des adversaires de qualité. Avant ces deux matches, je pensais qu’on gagnerait au Zimbabwe, face à un adversaire privé de plusieurs de ses titulaires, et qu’on ferait match nul contre le Ghana. C’est le contraire qui s’est produit, mais le  résultat est le même… Quatre points, c’est bien, c’est excellent pour la confiance, pour le moral, pour le mental. A nous de prendre un maximum de points contre l’Ethiopie en octobre, contre un adversaire qui a des qualités techniques intéressantes, d’après ce que j’ai vu de lui au Ghana (0-1), si on veut prétendre accéder au troisième tour.

«Certains joueurs ne seront pas là en octobre.»

Quelle analyse faites-vous de ces deux premiers matches ?

Comme je vous l’ai dit, j’attendais autre chose de mon équipe au  Zimbabwe. Certains joueurs zimbabwéens importants et qui évoluent en Grande-Bretagne n’avaient pas pu venir à Harare en raison des restrictions sanitaires. Je pense que nous aurions pu faire mieux. L’équipe a manqué d’esprit d’initiative, de confiance. Je l’ai dit à mes joueurs. Et puis, trois jours plus tard contre le Ghana, j’ai vu d’autres comportements. Mes joueurs étaient entreprenants, ambitieux dans le jeu. Et on a gagné logiquement. Pour nous, battre le Ghana, le favori du groupe, c’est très bien. On part sur de bonnes bases.

Dans votre liste pour ces deux matches de septembre, vous n’avez pas hésité à écarter certains cadres, tels Itumeleng Khune (Kaizer Chiefs, 91 sélections), Dean Furman (Carlisle, 59 sélections), Thulani Serero (Paços de Ferreira, 44 sélections), Andule Jali (Mamelodi Sundows, 48 sélections) ou Thulani Hlatshwayo (Orlando Pirates, 52 sélections), des joueurs ayant tous dépassé la trentaine…

J’ai été nommé fin mai, alors qu’il ne restait qu’une journée de championnat. Il y avait un match amical contre l’Ouganda (3-2). J’ai très vite dit que j’étais venu pour reconstruire quelque chose. Pour les matches de septembre, j’ai fait des choix. Cela ne veut pas dire que les anciens qui n’étaient pas là ne reviendront pas. Vous savez, j’entraîne depuis 33 ans, je connais un peu le football, et je suis capable de me dire : «Ho, Hugo, tu fais une bêtise, il faut changer quelque chose !»  Mais à niveau équivalent, entre un jeune et un joueur plus âgé, je vais prendre le plus jeune, car je dois penser à l’avenir. La moyenne d’âge, pour les deux matches de rentrée, était de 24 ans. Mais je peux déjà vous dire que certains des joueurs retenus contre le Zimbabwe et le Ghana ne seront pas là en octobre.

Pourquoi ?

Parce que nous avons vécu une dizaine de jours ensemble. Il y a eu les matches, qui permettent de se faire une idée sur le niveau des joueurs, mais aussi les attitudes aux entraînements, lors de la vie de groupe.

Comment avez-vous constitué votre liste, sachant que vous manquez encore de vrais repères par rapport au football sud-africain ?

Il y avait eu le match contre l’Ouganda. Je n’avais pas pu venir en raison de la crise sanitaire, mais je l’avais suivi. Ensuite, il y a eu la Coupe de la COSAFA, organisée en juillet dernier en Afrique du Sud, et remportée par la sélection locale, dont j’ai vu tous les matches. J’ai retenu plusieurs joueurs qui ont gagné ce tournoi. Avant de faire ma liste, j’ai beaucoup échangé avec mon adjoint, Helman Mhkalele, avec le sélectionneur local, Morena Ramoreboli, avec celui des moins de 23 ans. Même si je ne lis pas la presse sud-africaine, on m’a dit qu’il y avait des critiques, parce que je n’avais pas convoqué certains anciens. Au Cameroun, j’avais entendu les mêmes choses, et on avait gagné la CAN en 2017. Bon, d’après ce que j’ai compris, ici, les gens sont très heureux de la victoire face au Ghana, une équipe que l’Afrique du Sud n’a pas souvent battue… 

«Je continue de découvrir le football sud-africain. Les joueurs sont techniquement intéressants. Par contre, physiquement… J’ai vu des joueurs avec plusieurs kilos de trop...»

Quelle sont vos premières impressions sur le football sud-africain ?

Je continue de le découvrir. J’ai vu des matches de championnat dans les stades et à la télé. Déjà, au niveau des infrastructures, c’est très bien. Les stades sont modernes. Les clubs ont l’air, pour la plupart, bien structurés. Les joueurs sont techniquement intéressants. Par contre, physiquement… J’ai vu des joueurs qui avaient plusieurs kilos de trop, ça surprend… Il y a aussi le fait que les effectifs des clubs sont très importants. Il y a 35 joueurs par club, en moyenne. C’est énorme. Et le problème auquel je peux être confronté, en tant que sélectionneur, c’est d’avoir des internationaux qui ne jouent pas...

Avez-vous rencontré les entraîneurs de club de Premiership sud-africaine ?

Je souhaitais le faire, pour les connaître, pour en apprendre un peu plus sur le football local, pour leur exposer ma façon de travailler. On m’a dit que ce n’était pas possible. Bon… J’avais fait la même demande au Cameroun, et j’avais pu rencontrer les techniciens locaux.

Vous allez donc passer deux mois entiers en Afrique du Sud, un pays que vous découvrez petit à petit. Comment se passe votre adaptation ?

Très bien. Je parle anglais, ce qui facilite la communication avec les joueurs, le staff technique et les membres de la fédération. D’ailleurs, quand il m’arrive de parler flamand, des joueurs me comprennent, car il y a beaucoup de ressemblance avec l’Afrikaans, une des langues du pays.  Je suis basé à Johannesburg, où est installée la fédération, et de là, je peux me déplacer dans le pays en avion, pour voir des matches. Et le reste du temps, je serai en Europe, pour voir les expatriés.

Alexis BILLEBAULT

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