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Niger-Kassaly Daouda : «Je n’ai pas envie de penser à la fin de ma carrière»

Kassaly Daouda.
Kassaly Daouda.

Sport News Africa : Le Niger a passé une douzaine de jours en Turquie, un rassemblement marqué par trois défaites face à la Gambie (0-2), le Congo (0-1) et la Guinée (1-2). Quel bilan en faites-vous ?

Kassaly Daouda : C’est dommage d’avoir perdu ces trois matches, contre de bonnes équipes. On aurait aimé avoir de meilleurs résultats. Mais il ne faut pas retenir uniquement ces trois défaites. Ce qui était important, c’était de se retrouver, même si certains joueurs n’étaient pas là. Le sélectionneur, Jean-Michel Cavalli, nous a fait beaucoup travailler. Les entraînements, les matches, les séances vidéo nous ont permis de corriger certaines choses. C’était important, en vue des qualifications pour la Coupe du monde qui débuteront en septembre.

Justement, le Niger aura face à lui l’Algérie, le Burkina Faso et Djibouti. La seule présence du champion d’Afrique dans son groupe laisse peu de place à l’optimisme…

C’est un groupe très difficile. L’Algérie, bien sûr, est la meilleure équipe d’Afrique,  et le Burkina Faso est une valeur sûre. Je ne connais pas l’équipe de Djibouti, mais il faudra se méfier. Les Algériens et les Burkinabè sont supérieurs, mais on va défendre nos chances. Nous allons jouer en septembre chez nous face au Burkina Faso, puis à Djibouti. Si on prend un bon départ, cela nous donnera de la confiance. On ne sait jamais. Mais le Niger n’est pas un grand pays de football comme le sont l’Algérie, le Nigeria, le Sénégal, le Cameroun ou la Côte d’Ivoire. C’est difficile de rivaliser. Nous n’avons pas de joueurs qui évoluent dans de grands clubs européens. On manque d’expérience. C’est pour cela que nous visons plutôt une qualification pour une Coupe d’Afrique des nations, comme en 2012 et 2013.

 

«Quand j’arrêterai, j’espère pouvoir transmettre mon expérience aux jeunes gardiens. Dans un club au Niger, peut-être en sélection.»

 

Vous êtes international A depuis 2002, et vous semblez bien parti pour poursuivre votre carrière avec le Niger…

Je me sens en pleine forme. Plus je joue, plus j’ai l’impression de progresser encore. Je ne me sens pas usé. Mais je sais bien qu’un jour ou l’autre, il faudra laisser la place à des gardiens plus jeunes. C’est normal. Car il faut aussi préparer l’avenir. J’ai encore envie de poursuivre ma carrière de joueur encore deux ou trois ans. Et quand j’arrêterai, j’espère pouvoir transmettre mon expérience aux jeunes gardiens. Dans un club au Niger, peut-être en sélection. Je suis sous contrat jusqu’en 2023 avec mon club au Nigeria. Je n’ai donc pas envie de penser à la fin de ma carrière, même si elle arrivera un jour.

Vous évoluez depuis fin 2018 au Nigeria, un pays réputé pour ses problèmes de sécurité. Comment se passe votre quotidien à Katsina ?

Le Nigeria est en effet un pays où il y a des problèmes de sécurité. A Katsina, ça va, mais il faut faire quand même attention quand on se déplace avec l’équipe, pour les matches de championnat. Les voyages se font presque toujours en bus. On ne circule jamais de nuit, on fait un arrêt dans une ville pour y dormir, et on repart le lendemain matin. Je vis seul  au Nigeria. Ma famille est restée à Niamey. Ma femme est médecin, elle ne pouvait donc pas venir avec moi. Comme je ne suis pas très loin du Niger, je peux venir voir mes proches de temps en temps. Sinon, sportivement, le championnat nigérian est de bonne qualité. Il y a des équipes assez fortes. C’est un football assez physique. A mon avis, le championnat du Nigeria fait partie de sept ou huit meilleurs d’Afrique.

 

«J’aurais aimé rejouer en Europe»

 

Vous avez évolué en Afrique du Sud, à Chippa United, de 2013 à 2015. On présente le championnat sud-africain comme un des meilleurs du continent…

Oui, c’est le cas. C’est un championnat de très bonne qualité, les clubs sont bien structurés, ils ont des moyens, les stades sont modernes. Les salaires sont bons – je gagnais hors primes 2500 euros par mois – et j’ai vécu une bonne expérience en Afrique du Sud. J’aurais aimé y rester, mais à cause d’un désaccord avec l’agent qui m’avait fait venir là-bas, j’ai dû partir.

Vous avez également joué au Gabon, à Mangasport. Un championnat qui traîne une mauvaise réputation, à cause de la multiplication des cas de salaires impayés aux joueurs. Avez-vous personnellement souffert de cette situation ?

Non. Quand j’y étais (janvier 2015-décembre 2016), je n’ai jamais rencontré de problèmes. J’étais payé, tout allait bien, le championnat se déroulait normalement. En fait, c’est surtout en Roumanie, au Rapid Bucarest, entre janvier et juin 2009, que j’ai rencontré des difficultés pour toucher mes salaires. Il y avait une crise économique, et je n’ai pas été payé pendant plusieurs mois. Au bout de six mois, comme je ne pouvais pas rester ainsi sans être rémunéré, j’étais reparti au Cameroun, au Coton Sport Garoua. C’est dommage, car j’avais bien aimé cette expérience en Europe. En Roumanie, les gens étaient gentils, accueillants, je ne me souviens pas d’avoir été une seule fois victime d’actes racistes. J'aurais aimé rejouer en Europe, mais je n’ai plus jamais eu de propositions.

Alexis BILLEBAULT

 

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