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Abdoulaye Sané: «Je respecte les choix d’Aliou Cissé»

Après avoir effectué sa carrière professionnelle en France, l’attaquant international sénégalais Abdoulaye Sané (28 ans) s’est exilé à Al-Taawoun (6e en Saudi Pro League), en Arabie Saoudite. L’ancien joueur de l’AS Douanes revient sur un parcours pas toujours linéaire, avant de jouer contre Al Fateh, ce jeudi.

Entretien.

L'attaquant sénégalais Abdoulaye Sané a quitté Sochaux pour Al-Taawoun

Abdoulaye Sané, vous avez quitté Sochaux (Ligue 2), où vous étiez le meilleur buteur en 2019-2020 (10 buts), pour l’Arabie Saoudite. Pourquoi votre histoire s’est-elle achevée ainsi en France ?

J’étais bien à Sochaux, j’étais en fin de contrat, et le club m’a fait une proposition, sur trois ans. Je n’étais pas complètement satisfait, et j’en ai fait une; je n’ai pas eu de nouvelles. Et le club saoudien d’Al-Taawoun s’est manifesté, en me faisant une belle offre financière, sur deux ans. Je n’ai pas hésité, car j’avais également le projet sportif d’évoluer dans un championnat de Ligue 1, au sein d’un club qui vise le Top 5. Je découvre celui d’Arabie Saoudite, un des meilleurs d’Asie. C’est un football rythmé, physique, plutôt technique. Je m’adapte plutôt bien, puisque j’ai marqué des buts. J’ai aussi été un peu blessé. S’acclimater à un nouveau cadre de vie, cela ne se fait pas en cinq minutes. Je suis ici pour faire mes preuves, devenir un titulaire.

Al-Taawoun reste un club moyen en Arabie Saoudite. Espérez-vous un jour évoluer dans une formation plus huppée ?

Quand on a de l’ambition, c’est toujours un objectif que de viser plus haut. C’est normal. Cela dépendra de mes performances ici. Si je marque des buts, si je donne des passes décisives, on me remarquera. Que ce soit en Arabie Saoudite ou ailleurs. Mais pour l’instant, je ne me projette pas si loin, je veux seulement m’imposer ici.

Un univers différent pour Sané

L’entraîneur, Patrice Carteron, est français, et deux de vos coéquipiers sont africains (le Camerounais Léandre Tawamba et le Burundais Cédric Amissi, ndlr). Cela favorise-t-il votre intégration ?

Oui, bien sûr. Tawamba et Amissi sont là depuis plus longtemps, ils m’aident à m’adapter, ils me donnent des conseils. Le coach est arrivé juste après moi. Ça se passe bien, mais ce n’est pas parce que nous parlons français tous les deux qu’il va me faire des cadeaux (rires). Evidemment, quand vous passez de Sochaux à l’Arabie Saoudite, c’est un gros changement de culture, d’habitudes. Ce n’est pas la même façon de vivre. J’ai remarqué qu’ici, les gens sont plus impatients qu’en France. Ils veulent que les choses aillent plus vite. Pour le foot, c’est le cas au niveau des résultats.

Comment vivez-vous vos premiers mois en Arabie Saoudite ?

Je suis ici depuis le mois d’août. Je vis dans une résidence, avec les autres joueurs étrangers de l’équipe. On se voit régulièrement, il y a un restaurant où on va de temps en temps. Je suis quelqu’un de casanier, à la base. Les bars, les boîtes de nuit, ça n’a jamais été trop mon truc. Ici, à Buraidah, il n’y a pas d’endroits de ce genre, donc ça règle les choses. La vie est rythmée par les entraînements, les déplacements, les matchs. Je me repose beaucoup, je communique souvent avec ma famille, restée en France. Avec les Saoudiens de mon équipe, ça se passe bien, ils sont ouverts, sympas, on peut leur demander des conseils. Tous ne parlent pas anglais, mais on parvient toujours à communiquer.

«Ne pas aller aux JO de 2012, une injustice»

Vous avez passé neuf ans en France, depuis votre arrivée en 2011 en provenance de l’AS Douanes, à Rennes, Laval, au Red Star et à Sochaux. Quel bilan en faites-vous ?

Il y a eu des hauts et des bas. J’aurais aimé m’imposer à Rennes, mais le coach Frédéric Antonetti, avec qui j’ai eu une bonne relation, a été viré. Là-bas, j’ai beaucoup joué avec la réserve, même si j’ai disputé une trentaine de matchs avec les pros. J’ai été prêté à Laval, mais le coach Philippe Hinschberger, licencié après mon arrivée; son successeur, Denis Zanko, ne comptait pas sur moi. Je suis revenu à Rennes, où les dirigeants voulaient que je résilie, ce que j’avais refusé. Sous les ordres de Julien Stéphan, l’actuel entraîneur, j’ai beaucoup joué en réserve. Puis je suis parti au Red Star, on a été relégué en national… On est remonté la saison d’après, j’avais marqué 13 buts, le club voulait me garder, mais Sochaux s’est présenté. Je me suis accroché durant ces neuf saisons en France, mais j’ai beaucoup gagné en expérience.

En 2012, alors que vous aviez marqué face à Oman (2-0), le deuxième but des Lions de la Teranga, en barrage qualificatif pour les jeux Olympiques de Londres. Mais vous n’aviez finalement pas été retenu dans la liste finale…

Oui, et j’ai mis beaucoup de temps à digérer cela. C’était très dur à accepter, car je pensais mériter ma place, j’avais participé à la CAN des moins de 23 ans, qui servait de qualifications, j’avais aussi marqué un but. Je faisais partie du groupe, on comptait sur moi, et au dernier moment, on m’apprend que je reste à la maison, que je fais partie des réservistes, sans trop m’expliquer pourquoi. Avec ma famille, mes proches, nous avions vécu cela comme une injustice. D’ailleurs, au Sénégal, des gens ne comprenaient pas la décision du staff technique. J’avais accusé le coup, peut-être qu’à l’époque, cela avait affecté mes performances en club, je ne sais pas. Je m’en suis remis, bien sûr, mais ça a pris du temps, j’aurais aimé participer aux JO. Ensuite, j’ai été appelé en sélection A, par Alain Giresse, ça a un peu atténué les choses.

Sané sans rancune

Pensez-vous rejouer en sélection ?

J’ai été appelé la dernière fois en 2014. Sincèrement, je ne pense pas qu’Aliou Cissé suive mes performances en Arabie Saoudite. Il ne le faisait pas quand j’étais à Sochaux. Il a son groupe, je ne m’attends pas à ce qu’il m’appelle un jour. Je ne dis pas que je renonce aux Lions. Mais avec le sélectionneur actuel, cela ne me semble pas du tout possible… Je suis de très près les bons résultats des Lions. Je m’intéresse toujours à ce que font les équipes où j’ai joué…

Vous en voulez à Aliou Cissé ?

Pas du tout. Il a des résultats, cela prouve que ses choix sont bons. Je respecte ses choix, ils sont logiques. Il sélectionne d’abord les joueurs qui évoluent en Europe, dans les meilleurs championnats. C’est normal. Quand, comme moi, on joue dans une ligue moins médiatisée, moins forte que des championnats européens, c’est beaucoup plus compliqué. Sincèrement, je ne peux pas en vouloir au sélectionneur. 

Le football africain est régulièrement confronté au problème de la fraude sur l’âge des joueurs. Comment faire pour mieux le combattre ?

Je pense qu’en mettant en place un vrai professionnalisme en Afrique, cela pourrait limiter ce problème. Si les joueurs peuvent espérer évoluer dans leur pays, dans un cadre professionnel, avec des contrats, de bonnes conditions de travail, des salaires payés régulièrement, ils seront moins tentés par un départ en Europe. Et il y aura moins de risques de fraude. Trop de championnats africains ne sont pas vraiment professionnels, faute de moyens. Quand les joueurs sont mal payés, jouent sur de mauvais terrains, ils ont envie de partir. Ce qui peut provoquer de la fraude…

Propos recueillis par Alexis BILLEBAULT

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