Alpinisme: L’altitude, seconde nature de Bouchra Baibanou

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Alpinisme: L’altitude, seconde nature de Bouchra Baibanou

Quand on évoque le mont Everest au Maroc, deux noms reviennent: Nacer Ibn Abdeljalil, premier Marocain à l’avoir gravi, et Bouchra Baibanou, première femme à y planter le drapeau du Royaume chérifien. Baibanou a découvert sa passion pour les sports de montagne très jeune. Cet amour ne la quittera plus. Portrait d’une habituée des sommets.

«J’avais 15 ans la première fois que j’ai découvert la montagne, lors des colonies de vacances. C’était vers la ville d’Azrou, située à 89 km au sud de Fès. C’était par coïncidence, mais j’ai beaucoup aimé», se souvient Bouchra Baibanou.

Née en 1969, cette Marocaine détient un record national et nord-africain. Elle est la première femme du Royaume à gravir le plus haut sommet du monde en 2017. Cette prouesse figure sur une liste d’une longue série. Bouchra a en effet réussi le défi des sept sommets, en escaladant le plus haut de chaque continent. L’ascension débute naturellement en terres marocaines. Ainsi, en 1995, elle gravit le djebel Toubkal pour la première fois et se lance dans l’alpinisme. «A l’âge de 26 ans, j’ai entendu parler du Toubkal. Avec une amie, nous sommes allées à l’aventure, et quand j’ai atteint le sommet, j’ai découvert cette passion, ce sentiment de liberté… J’ai donc continué à faire de la randonnée».

En 2009, Bouchra décide alors de créer l’association ‘Delta Évasion‘ qui propose des randos au Maroc. Mais pas seulement. L’association mène aussi des actions caritatives en faveur des populations locales. «Delta Evasion me permet de partager mon amour de la randonnée. J’ai fait plusieurs sommets au Maroc, dans la chaîne du Haut et du Moyen Atlas, notamment l’Ighil M’goun (4.071 m), Jbel Sirwa (3.304 m), Jbel Ayachi (3.757 m)… J’ai découvert mon pays à travers les randonnées», explique la quinqua, ingénieur d’État en télécoms et diplômée de HEC à Montréal (Canada).

Au sommet de l’Everest

L’amour des défis lui fait connaître une ascension fulgurante. En mars 2011, Bouchra réussit à gravir le plus haut sommet d’Afrique, le Kilimandjaro (5.895 m). Trois mois plus tard, elle met le cap sur le Mont Blanc (4.810 m) après un stage avec l’alpiniste singapourien Khoo Swee Chiow. Sa passion l’anime fortement, ce qui pousse l’alpiniste à poursuivre l’aventure de plus belle. Tour à tour, elle escalade l’Elbrouz en Russie (juin 2012), l’Aconcagua à la frontière chilienne (janvier 2014), le Denali en Alaska (juin 2014). Elle gravit le Puncak Jaya en Papouasie en novembre 2015.

Deux ans plus tard, Bouchra Baibanou s’attaque au toit du monde: l’Everest. Elle arrive au point culminant, et devient ainsi la première Marocaine et Nord-Africaine à atteindre l’extrême. Avec humilité, elle revient sur cette belle prouesse: «Nous étions 10 personnes de différentes nationalités, des hommes et des femmes. Quand on commence l’ascension vers le sommet, on part avec son ‘sherpa’, le guide local. La difficulté du sommet, on la rencontre si on est deux ou trois… Finalement, on était seulement 5 à avoir atteint l’Everest».

Mais partir à l’assaut de l’Everest n’est pas une aventure tranquille. «Ce n’était pas une ascension facile, on entre dans la zone de la mort, il faut affronter plusieurs obstacles, notamment le manque d’oxygène, le vent, le froid et la haute altitude. Ce sont deux mois passés dans des conditions difficiles. Il y’avait beaucoup de challenges, de difficultés…. Mais quand on y arrive, on a une sensation de gratitude d’avoir la chance de vivre ça…», renchérit-elle, nostalgique.

Pour l’alpiniste, le plus important reste le challenge et le dépassement de soi. «Je ne fais pas ce sport pour la compétition, mais surtout pour le dépassement de soi, la passion de pouvoir réaliser un challenge, la découverte…».

Aller jusqu’au bout 

Elle a pu réussir avec l’aide de sa famille, qu’elle a dû persuader au début, pour percer dans ce sport. «La première difficulté est que je devais convaincre ma famille. Avec tous les préjugés sur la femme… ce n’était pas évident. Mais finalement, mon mari et ma famille sont devenus mes premiers supporters. Je remercie ma famille, les sponsors et les supporters. Avec l’Everest, on se sent tout petit devant la grandeur de la nature». Bouchra considère ce défi comme le plus grand accomplissement de sa carrière.

L’amoureuse des randonnées a escaladé le mont Vinson en Antarctique, en 2018, dernière ascension pour réussir le challenge des sept sommets. Bouchra Baibanou est devenue la deuxième femme du monde arabe à avoir accompli cette prouesse. «Je suis une personne calme, positive et je vois toujours le bon côté. Je reste très déterminée, patiente et je vais jusqu’au bout», dit-elle. La preuve, elle a mis 8 ans à réussir ces différentes épreuves, «car je suis aussi persévérante», précise-t-elle.

Pourtant, Bouchra Baibanou a d’autres passions, la lecture notamment. «Avant, je dessinais aussi mais actuellement, c’est surtout la marche que je pratique». Côté idoles, elle désigne: «Ce sont surtout des sportifs qui repoussent leurs limites, qui montrent du dépassement de soi : Mike Horn et Reinhold Messner». Messner est d’ailleurs le premier alpiniste à escalader l’Everest sans apport d’oxygène avec Peter Habeler. C’était en mai 1978.

Momo HADJI

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