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Amadou Gallo Fall  : « la BAL sera un moteur de l’économie africaine»

A quelques heures du lancement de la saison inaugurale de la Basketball Africa League, prévue ce dimanche, Amadou Gallo Fall, est longuement revenu sur les objectifs de cette Ligue africaine. Le Sénégalais s’est aussi penché sur la 2e édition et la version féminine de la BAL en gestation.

De notre envoyé spécial à Kigali

Amadou Gallo Fall- BAL
Amadou Gallo Fall

Quel sentiment vous anime à quelques heures du lancement officiel de la BAL, surtout après les incertitudes liées au report de mars 2020 ?

C’est un sentiment de fierté d’avoir posé les conditions pour le lancement de cette saison inaugurale de la Basketball Africa League. On est très emballé et excité de démarrer enfin. Cela va marquer l’histoire du basket mondial et surtout africain. Car c’est la première fois que la NBA va s’associer dans la mise en place d’une Ligue en dehors de l’Amérique du Nord. On est donc enthousiaste. Le président Paul Kagame a compris que le sport et le basket sont des facteurs de développement. Ils ont investi dans les infrastructures et c’est la même chose un peu partout en Afrique. Cela ouvre des perspectives.

Et la collaboration avec la FIBA ?

C’est une bonne chose pour la NBA d’avoir un partenaire aussi important que la FIBA. Ensemble, on va contribuer à l’éclosion de ce sport dans le continent. Ils nous apportent leur savoir-faire dans plusieurs points surtout avec l’organisation des phases éliminatoires. L’objectif est de montrer que l’Afrique est gagnante et émergente. Cette Ligue est là pour longtemps et on va développer des programmes dynamiques pour le développement de l’Afrique dans tous les domaines. Cette saison inaugurale sera diffusée dans 215 pays et 15 langues, dont le wolof, le kinyarwanda et le swahili.

              "Chaque 3 points inscrits durant la BAL, on plante 3 arbres''

 

Les notions de développement reviennent souvent dans vos propos. Le sommet des « Jeunes Africains », prévu après la BAL, sera-t-il un tournant pour le continent dans le domaine sportif et socioéconomique.

Absolument. C’est la raison pour laquelle vous voyez des organisations comme l’Agence Française de Développement (AFD). Il y a aussi New Fortress Energy qui est leader dans le domaine des énergies renouvelables. RwandaAir, Wilson (ballon officiel), Nike, Jordan, Visit Rwanda, entre autres partenaires. On a lancé une campagne c’est-à-dire pour chaque panier de 3 points inscrits, on plante 3 arbres.

Elle a démarré et les équipes prennent 5 minutes après les séances pour voir qui va planter le plus d’arbres. Il y aura des récompenses et on veut montrer aux jeunes que la protection de l’environnement est du ressort de tout le monde. C’est une opportunité aussi de sensibiliser les jeunes sur ces questions d’environnement. Nous avons toujours été motivés par les questions de développement en Afrique.

C’est quoi l’objectif alors ?

On a beaucoup parler de potentiel et de ressources naturelles, maintenant il s’agit de trouver comment ajouter de la valeur sur ses ressources et les transformer sur le continent. Ce talent existe dans tous les sports. Mais il continue à s’exporter parce qu’il n’y a pas de programme pour retenir les jeunes et qu’ils puissent gagner leur vie chez eux. La BAL est un aboutissement de tous les programmes qu’on a mis en place ces dernières années, dont la NBA Academy. Cela a contribué à former des jeunes, des cadres techniques et administratifs qui servent leur pays.

Il y a une élite qui se détache et aura comme réceptacle la BAL. On veut se focaliser sur ces questions socioéconomiques. L’objectif est d’en faire un enjeu pour tous les pays pour qu’ils puissent voir le sport comme un levier de développement. La Ligue suscite beaucoup d’intérêts et bien avant même son lancement. Je pense qu’on doit se focaliser sur cet aspect et montrer que l’économie du sport est aussi importante. Des milliers de vie sont transformées grâce aux retombées du sport.

Quelle sera la place de l’éducation dans le programme de la BAL ?

L’éducation est au centre de tout. Le fait de regrouper les joueurs dans les bulles, de les tester, de communiquer avec eux sur les questions de santé, voir leur adaptation, leur respect du protocole sanitaire, est une preuve que l’éducation fait aussi partie de nos priorités. Cela dépasse le simple fait d’être dans une salle de classe. Mais c’est former des citoyens modèles dans et en dehors des terrains.
On a fait beaucoup de séminaires sur les violences basées sur le genre. On invite les gens à adhérer à ce genre de projet qui peut impacter positivement sur la vie des populations. On a posé la question sur la réussite sociale des filles au même titre que les garçons. On a eu des réponses positives et l’adhésion de tous. Donc, la BAL est une opportunité pour booster l’Afrique dans beaucoup de secteurs.

               ''Pas compliqué de reproduire la BAL version féminine''

 

Est-ce qu’on aura le même format lors de la 2e édition ?

Si la pandémie nous le permet, on veut reprendre l’ancienne formule de la compétition, c’est-à-dire jouer dans 7 villes différentes en trois mois. Le Covid-19 nous a obligés de revoir ce format et de nous adapter. On va jouer les matches en deux semaines et c’est ce qui explique la mise en place des bulles et autres mesures. L’ancien format apporte plus d’impact dans l’économie des pays car ce sont des personnes qui vont se déplacer, prendre des hôtels, visiter des lieux et autres.

Ce sont des rentrées de devises importantes. Les équipes qui sont à Kigali viennent avec 19 personnes. Imaginez si on y ajoutait 10 supporters ou plus dans un contexte sans pandémie. C’est pourquoi on dit que la BAL sera un moteur de l’économie africaine. Elle va impacter dans tous les secteurs d’activités : tourisme, transport, santé, sécurité…

Ce sera toujours 12 équipes ou bien ?

Pour le moment, on va se limiter à 12 équipes. On a de nombreuses demandes pour augmenter le nombre mais on veut d’abord jouer dans 7 villes, faire des caravanes. Si on voulait 24 équipes, on allait les avoir. On veut raffermir, perfectionner, améliorer les choses, mais on ne veut pas s’empresser.

Les questions de genre sont très importantes pour la NBA qui a même la WNBA. Peut-on s’attendre à une ligue africaine pour les femmes ?

C’est clair qu’on va tendre vers ça mais on n’est pas pressé. On va étudier la faisabilité et voir le format approprié. Il y a des pays où le basket féminin est plus suivi et médiatisé. Je prends mon exemple, j’écoutais les commentaires du doyen Abdoulaye Diaw (journaliste et chroniqueur sénégalais) sur les Lionnes contre le Zaïre (RD Congo) avec la génération de Rokhaya Pouye, Mariama Bâ, Coumba Dickel Diawara, entre autres… Elles gagnaient et représentaient dignement le pays. Je garde toujours ces souvenirs et c’est pourquoi ce ne sera pas compliqué de reproduire la BAL version féminine.

Vous avez contribué au développement du basket dans les quatre coins du continent en étant responsable du bureau de la NBA en Afrique du Sud, en pilotant des programmes comme le Basketball Without Borders, la Junior NBA, sans oublier la mise en place de la NBA Academy. Avec la BAL, peut-on dire que vous avez atteint vos objectifs au sein de la NBA ?

La vie humaine est un éternel chantiers. On ne termine jamais de construire tant qu’on est en vie. C’est comme le paysan avec son champ. Il a toujours quelques choses à faire, un projet à finir, un autre à lancer, donc ça ne se termine jamais. Après le 30 mai, on pourra dire que du chemin a été parcouru. Je pense que c’est une motivation supplémentaire. Mais ce n’est pas seulement dans le domaine du sport. Il y a d’autres secteurs qui méritent d’avoir une meilleure organisation : la culture, l’artisanat, la musique, pour ne citer que ceux-là. On n’a pas besoin que les gens nous forment sur ça car le talent est là.

On a juste besoin d’un bon cadre pour tirer le profit de cette richesse. La NBA et la FIBA ont décidé de collaborer dans ce but. La NBA est la meilleure ligue professionnelle de sport en matière d’organisation, de vente, de commercialisation, attirer les entreprises et les sponsors. Cela passe d’abord par une qualification professionnelle. Cette organisation est à l’image de la bulle d’Orlando. On a su le faire et il faut du courage, de la vision, de l’abnégation, afin d’influencer d’autres jeunes dans le continent. Mais on n’a pas encore fini et d’autres projets sortiront pour une Afrique gagnante et émergente.

Victor BAGAYOKO

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