Anna Siga Faye, l’étoile montante du Judo féminin

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Anna Siga Faye, l’étoile montante du Judo féminin

L’état de grâce du judo féminin sénégalais devrait durer encore. Avec Hortense Diédhiou éloignée des tatamis depuis plusieurs années, les espoirs chez les mi-moyens reposent sur les frêles épaules d’Anna Siga Faye. La championne d’Afrique junior en titre est aujourd’hui l’étoile montante de la discipline.

L’héritage de Hortense Diédhiou devrait se perpétuer. Le judo féminin sénégalais s’est trouvé une nouvelle héroïne, une future star. Elle s’appelle Anna Siga Faye et s’aligne dans la catégorie des -63 kg. Une boule de nerf capable de déstabiliser des adversaires souvent plus grandes qu’elle.

À seulement 19 ans, Anna Siga possède déjà un beau palmarès en petites catégories. Chez les cadets, elle est médaillée d’argent par équipes en 2016 et vice-championne d’Afrique en individuelle en 2017 en -63kg. Toujours dans cette catégorie chez les juniors, elle décroche la médaille de bronze en individuelle en 2018. L’année d’après, elle remporte le titre lors des championnats d’Afrique juniors en 2019 devant son public.

D’abord le Taekwondo par tradition familiale

Bondissante et agressive ce soir de mai 2019, la pensionnaire du Judo Club Moderne étouffe son adversaire pour s’adjuger son premier titre international. «Ce titre a été une suite logique vu les résultats et médailles déjà enregistrés en cadets», explique-t-elle à sportnewsafrica. Une première distinction pour ce petit bout de femme qui aurait pourtant pu ne jamais embrasser le Judo.

 «J’avais commencé par du Taekwondo plus jeune. Je suis issue d’une famille où mes tantes pratiquaient ce sport. Ambroise Sarr (ndlr, 5 J.O en lutte gréco-romaine) qui habite le même quartier que moi (ndlr, Grand-Yoff, Dakar) insistait pour que je me mette au Judo. Il est venu chez moi un jour avec l’entraîneur du dojo pour convaincre ma mère de me mettre au judo. Elle m’a demandé d’essayer même si je pouvais continuer les deux pour choisir par la suite entre les deux.», raconte la jeune judokate.

L’entraîneur de l’équipe nationale de lutte du Sénégal avait vu en la petite Anna de vraies prédispositions pour le judo. Le choix n’a pas tardé à être une évidence pour Anna Faye. «Je ne me souviens même pas quand j’ai préféré le Judo au Taekwondo. Tout est allé si vite. Je me rappelle qu’au bout de quelques temps, j’ai fait cadeau de mon kimono de Taekwondo et je n’allais plus aux entraînements. Alors qu’au Judo, j’étais toujours la première aux séances.», avoue-t-elle

Suivre les pas de son idole Clarisse Agbegnenou

Elle débute le Judo en 2012 alors qu’elle a tout juste 11 ans. Le week-end dernier, à l’open de Dakar, Anna Siga Faye nourrissait de grandes ambitions. Elle sortait d’une belle performance à l’open de Yaoundé, après plus de 8 mois sans compétition. «La compétition m’avait trop manqué. Pour cet open, je n’ai qu’un objectif, la médaille d’or», confiait-elle alors à SNA. Mais elle se contentera finalement de la breloque en bronze après sa défaite face à la Camerounaise, Hélène Dombeu.

Néanmoins, Anna Siga Faye rêve toujours de suivre les pas de son idole, la Française Clarisse Agbegnenou (4 fois championne du monde en -63 kg). En attendant, elle se donne les moyens d’arriver au sommet. Formée au Judo club Fanta Keïta, elle est désormais pensionnaire du Judo Club Moderne. Une institution à Dakar qui devrait la conduire au bout de ses rêves et où son entraîneur nourrit beaucoup d’espoir en elle.

Paris 2024 en ligne de mire

Maître Zerbo encense sa protégée: «C’est une fille très, très brave. Si vous voyez déjà sa coiffure qui lui donne l’air d’un garçon, ça justifie son tempérament physique qui lui permet de compenser son déficit de largeur chez les seniors». Toujours junior par son âge, Anna Siga Faye est depuis quelques années régulièrement surclassée en seniors lors des Opens africains. Elle devrait encore l’être lors des prochains championnats d’Afrique de Judo en décembre prochain.

À bientôt 20 ans (21 janvier prochain), Anna a en ligne de mire les J.O de Paris et nourrit de grands rêves à court terme. «On se prépare activement pour les championnats d’Afrique en décembre où je vise des médailles en seniors. Je rêve aussi du titre de championne du monde et aussi des Jeux Olympiques de Paris 2024». L’héritière d’Hortense Diédhiou est désormais lancée à la conquête du Graal.

Moustapha M. SADIO

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