Logo

Athlétisme burkinabè : entre records "fantômes" et nouvelles étoiles

La saison 2025 en athlétisme au Burkina Faso a vu émerger de nouvelles pépites comme Sita Sibiri, Kambou Sié Fahigé et Coulibaly Daouda, mais plusieurs chronos historiques résistent depuis 20, 30 voire 50 ans. L'athlétisme burkinabè brille par ses individualités à travers des performances de Hugues Fabrice Zango ou celles de Marthe Koala, mais le renouvellement global reste un défi majeur.

?
3 minutes de lecture
Athlétisme burkinabè : entre records "fantômes" et nouvelles étoiles

L’athlétisme burkinabè continue d’écrire son histoire à l’encre internationale. À la lecture du tableau des records nationaux seniors, actualisé au 27 novembre 2025 par la Fédération burkinabè d’athlétisme, un constat s’impose. Le pays des Hommes intègres excelle grâce à des talents d’exception, souvent formés ou confirmés à l’étranger, mais peine à faire tomber des vieux records qui hantent encore les tablettes.

Une jeune garde pleine de promesses

D’un côté, des performances fraîches et prometteuses. Sita Sibiri s’est illustrée comme la révélation de la saison 2025 sur 400 m. La sprinteuse a amélioré son propre record national de 51’’74 enregistré à Accra au Ghana en mars 2024, à 51’’66, réalisé le 19 juillet 2025 à Paris. Une progression significative qui confirme son ascension et renforce la présence féminine burkinabè sur la scène continentale.

Dans les lancers, discipline en pleine émergence au Burkina Faso, deux athlètes ont marqué les esprits. Kambou Sié Fahigé a porté le record du disque à 59,53 m à Abbeville en France, en juillet 2024, améliorant sa propre marque. Coulibaly Daouda a quant à lui inscrit son nom en lettres d’or au javelot avec 65,49 m à Accra au Ghana, en août 2025.

Ces progrès dans les épreuves de force contrastent avec la domination historique des sauts. Hugues Fabrice Zango, même s’il s’est retiré des pistes, reste indétrônable au triple saut avec son monstrueux 18,07 m en 2021, performance de rang mondial. Marthe Koala, d'une polyvalence hors norme, conserve les records au 100 m haies (12’’81), au saut en longueur avec 6,94 m en 2023 et à l’heptathlon avec 6250 points.

Des records devenus poussiéreux

Pourtant, le tableau révèle aussi une réalité plus contrastée. Plusieurs records datent d’une autre époque et résistent au temps. Tel est le cas d'Ouoba Kondia au 800 m hommes qui avait réalisé 1’52’’1 en avril 1974 soit plus de 51 ans. Idrissa Sanou au 100 m hommes avait réalisé un chrono de 10’’14 en 2002 soit bientôt 25 ans. Au saut en hauteur féminin, Irène Tiendrébéogo avait enregistré un bond de 1,94 m en 1999. Au saut en hauteur masculin, Boubacar Séré avait fait un bond de 2,22 m en 2007.

Ces vieux chronos interrogent sur les infrastructures limitées, l'encadrement parfois insuffisant dans le fond et demi-fond, et une dépendance forte aux centres de haut niveau européens ou américains qui expliquent en partie ce gel partiel. Missiri Sawadogo, Directeur technique national (DTN) de la Fédération burkinabè d’athlétisme, rappelle les critères stricts d’homologation : représentation officielle sous les couleurs nationales, compétition reconnue par World Athletics ou la CAA, et engagement envers la sélection.

« Un athlète qui refuse de défendre le Burkina Faso ne verra pas sa performance intégrée », insiste-t-il.

La saison 2025, avec ses exploits à Paris, Tallinn, Göteborg, Abbeville ou Accra, montre une intégration croissante des burkinabè dans l’élite mondiale. Reste à transformer ces éclats individuels en une dynamique collective durable.

Le défi pour les années à venir ?

Investir dans la base locale, moderniser les installations notamment au Stade du 4-Août de Ouagadougou, et bâtir une filière de fond et demi-fond compétitive. Car si le Burkina Faso a déjà ses légendes, il mérite aussi de nouvelles générations capables d’effacer les ombres glorieuses du passé.

L’athlétisme burkinabè n’est pas seulement une question de records, c’est aussi une question de transmission et d’ambition nationale.

Rejoignez notre communauté sportive !

Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne rien manquer de l'actualité sportive en temps réel.

À propos de l'auteur

Ablam GNAMESSO

Ablam GNAMESSO

Rédacteur sportif

Reporter sportif et journaliste tout terrain. Membre AIPS et jury des IFFHS Awards.

?
0 commentaire(s)

?

Rejoignez la conversation

Connectez-vous pour partager vos réflexions et échanger avec la communauté.

?

Aucun commentaire pour le moment

Soyez le premier à commenter cet article !

Plus d'articles

?

Aucun article similaire trouvé

Revenez plus tard pour découvrir de nouveaux contenus