
La saison 2026 de la BAL, sixième du nom depuis la création de la ligue en 2021, aura été celle de tous les superlatifs. Douze équipes réparties en deux conférences ; la Conférence Kalahari à Pretoria (27 mars - 5 avril) et la Conférence Sahara à Rabat (24 avril - 3 mai) ; ont ouvert la voie vers les play-offs de Kigali (22-31 mai).
Parmi les chiffres qui résument l'ampleur du phénomène BAL en 2026 : plus de 110 000 fans ont assisté aux matches sur l'ensemble de la saison, un record absolu. Les réseaux sociaux de la ligue ont cumulé 722 millions de vues avant même le début des play-offs, déjà un record pour la phase de groupes. La compétition touche désormais des téléspectateurs dans 214 pays et territoires, dont les 54 nations du continent africain. Et lors de la phase Kalahari, Al Ahly Ly et Dar City ont combiné 215 points en un seul match (118-97), nouveau record de la ligue pour une rencontre. La BAL a aussi célébré son 200e match lors de la victoire de Petro de Luanda sur le Nairobi City Thunder (97-70) le 1er avril.
Craig Randall II, l'extraterrestre de Kigali
Si une saison BAL peut être résumée à travers le prisme d'un seul homme, c'est bien lui : Craig Randall II, 29 ans, arrière américain des RSSB Tigers, passé par Cholet Basket en Pro B, arrivé au Rwanda presque par hasard après qu'APR BBC, club avec lequel il avait initialement signé, a dû se retirer de la compétition.
Le 4 avril 2026, lors de la Conférence Kalahari face à Dar City (Tanzanie), Randall a inscrit 54 points, un record absolu dans l'histoire de la BAL ; dont 11 tirs à trois points, autre marque jamais atteinte en une seule rencontre dans la compétition. Sur l'ensemble de la saison, il a terminé meilleur marqueur avec des moyennes de 36,1 points, 3,5 rebonds et 4,4 passes décisives par match.
En finale, sur le plus grand des rendez-vous, il a répondu présent avec 33 points en 40 minutes de jeu. Après un départ difficile (4 premiers tirs manqués), il a trouvé son rythme, enchaîné les tirs primés et offert aux Tigers leur premier avantage au score (37-35), avant qu'ils ne rentrent aux vestiaires en tête 42-37. Auteur de la remontée et de la victoire, il a reçu le Trophée Hakeem Olajuwon du MVP de la saison des mains du président de la BAL, Amadou Gallo Fall, et du président de la FIBA Afrique, Anibal Manave.
Un parcours de champions
Les Tigers ont réalisé une campagne quasi parfaite. Leaders de la Conférence Kalahari avec un bilan de 4 victoires et 1 défaite en phase de groupes, ils ont ensuite dominé les play-offs en remportant leurs trois rencontres.
- Quarts de finale : victoire contre FUS Rabat (Maroc) 95-72, avec 38 points de Randall
- Demi-finale : victoire contre Al Ahly SC (Égypte) 106-97, avec 30 points de Randall, 20 points et 17 rebonds d'Oumar Ballo, 19 points et 7 rebonds de Teafale Lenard Jr. (de retour de blessure)
- Finale : victoire contre Petro de Luanda (Angola) 90-88
En finale, ils ont dû renverser un Petro de Luanda expérimenté, finaliste pour la troisième saison consécutive, qui avait pris les devants en première mi-temps. Le collectif du Rwanda ; articulé autour de Randall, Oumar Ballo (pivot malien), Teafale Lenard Jr., Antino Jackson Jr., Mangok Mathiang et Ater Majok ; a fait la différence par son intensité et son jeu en transition.
Les autres résultats des play-offs
Côté troisième place, Al Ahly Ly (Libye) a battu Al Ahly SC (Égypte) 106-98, dans le derby nord-africain qui a précédé la grande finale.
En demi-finales, Petro de Luanda avait écarté Al Ahly Ly 94-88 après avoir renversé un déficit à la pause, une démonstration de la maîtrise des champions en titre dans les moments chauds.
Parmi les équipes présentes aux play-offs figuraient également ASC Ville de Dakar (Sénégal) et Club Africain (Tunisie), qui ont participé au Final 8 pour la première fois de leur histoire respective, témoignant de l'élargissement de la compétition.
Le palmarès 2026
All-BAL First Team 2026 : Craig Randall II (RSSB Tigers), Childe Dundão (Petro de Luanda), Donovan Williams (Al Ahly Ly), Majok Deng (Al Ahly Ly), + 1 joueur RSSB Tigers.
Coach de l'année : Henry Mwinuka, technicien tanzanien des RSSB Tigers, devient le premier Tanzanien à remporter ce prix. Il a conduit son équipe à un bilan global de 7 victoires pour 2 défaites sur l'ensemble de la compétition.
Meilleur défenseur : Le pivot Mangok Mathiang (RSSB Tigers) a reçu le Trophée Dikembe Mutombo pour ses moyennes de 16 points, 14,4 rebonds et 1,2 contres par rencontre.
Ubuntu Award : Ariel Koranga, ailier du Nairobi City Thunder (Kenya), honoré pour son programme alliant entraînement basket, mentorat et soutien en santé mentale, qui a touché plus de 300 jeunes athlètes kenyanes issues de communautés défavorisées.
L'ASC Ville de Dakar, une progression encourageante
Représentant sénégalais en 2026, l'ASC Ville de Dakar a une nouvelle fois franchi un palier. Double champion du Sénégal (2024-2025), le club de la capitale a intégré les play-offs pour la première fois de son histoire, après avoir terminé dans les quatre premiers de la Conférence Sahara à Rabat. Pour leur deuxième participation à la BAL, les Dakarois ont montré des progrès notables sous la houlette de Libasse Faye, s'appuyant sur un effectif renforcé incluant des joueurs d'expérience comme Ater Majok (qui joue sa sixième saison en BAL), Solo Diabaté, Axel Toupane (premier champion NBA à évoluer en BAL, vainqueur 2021 avec Milwaukee) ou Mouhamed Camara. Un premier tour en play-offs qui augure d'une montée en puissance pour le basket sénégalais sur la scène continentale.
Une ligue qui s'installe dans le paysage africain
Avec cette sixième édition, la BAL confirme son statut de vitrine du basket africain. Aucune équipe n'a encore remporté deux titres consécutifs — signe d'une compétition très ouverte — et chaque saison a vu un champion différent : Zamalek (Égypte, 2021), US Monastir (Tunisie, 2022), Al Ahly (Égypte, 2023), Petro de Luanda (Angola, 2024), Al Ahli Tripoli (Libye, 2025), et désormais RSSB Tigers (Rwanda, 2026).
Cinq joueurs ont participé à toutes les six éditions : Abdoulaye Harouna (FUS Rabat), Ater Majok (ASC Ville de Dakar), Gerson Domingos, Childe Dundão (Petro de Luanda) et Solo Diabaté (ASC Ville de Dakar). Ce dernier, également détenteur du record du plus grand nombre de finales jouées (quatre), incarne à lui seul la continuité d'une compétition en plein essor.
La présence à Kigali de personnalités comme Mark Tatum (vice-commissaire NBA), Masai Ujiri (président des Dallas Mavericks), ou encore des ambassadeurs BAL tels que Luol Deng, Joakim Noah, Ian Mahinmi et Chiney Ogwumike, confirme que la ligue attire désormais l'attention des plus hautes sphères du basket mondial.
Pour les RSSB Tigers et pour tout un pays, ce 31 mai 2026 restera gravé dans les mémoires. Le Rwanda, pays hôte récurrent des play-offs, est enfin couronné sur sa propre terre.
Rejoignez notre communauté sportive !
Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne rien manquer de l'actualité sportive en temps réel.
À propos de l'auteur
Oumar WANE
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
