
« Il essaie de ruiner ma carrière. » Par ces mots, Martin Bakole a publiquement déclaré la guerre à Ben Shalom, patron de l’organisation britannique BOXXER. Longtemps perçu comme l'épouvantail inévitable de la catégorie des poids lourds, le Congolais semble aujourd'hui s'être enfermé dans une impasse où les gants de boxe ont laissé place aux dossiers juridiques.
Un piège contractuel ?
Selon Bakole, son contrat avec l'écurie anglaise serait arrivé à son terme, mais Shalom bloquerait toute nouvelle opportunité en envoyant des mises en demeure à d’éventuels organisateurs, notamment en Arabie Saoudite. Pour le boxeur, c’est une mise au placard délibérée. Pour la promotion, c’est une question de respect des engagements contractuels. Résultat : une inactivité chronique qui ronge le prime physique d’un athlète de 33 ans.
Alors qu'il avait atteint les sommets de la hiérarchie mondiale après sa démonstration de force contre Jared Anderson en août 2024, le colosse congolais a vu son ascension se briser contre un mur. Ce triomphe éclatant à Los Angeles, qui aurait dû lui ouvrir les portes d'un championnat du monde, marque paradoxalement le début d'une lente érosion de son capital sportif.
De la gloire de Los Angeles au naufrage de Riyad
Le déclin s'est amorcé de manière brutale au début de l'année 2025, lorsque le boxeur a concédé une défaite face à Joseph Parker. Appelé à la dernière minute pour remplacer Daniel Dubois, Bakole se présente hors de forme faute de préparation physique suffisante. Verdict : un TKO humiliant au 2ème round. Quelques mois plus tard, son match nul laborieux face à Efe Ajagba n'a fait que confirmer les doutes des observateurs : le prédateur qui était craint de tous ne semble être plus que l'ombre de lui-même, pénalisé par une surcharge pondérale que son talent technique ne suffisait plus à compenser.
C'est parallèlement à ces déboires sportifs qu'une guerre d'usure a éclaté dans les coulisses entre le boxeur et son promoteur, Ben Shalom. Martin Bakole a ouvertement accusé le patron de l'écurie BOXXER d'avoir délibérément saboté sa carrière en lui proposant des contrats insignifiants tout en bloquant ses opportunités à l'international.
« J’essaie de tourner la page, mais il envoie des messages insensés à tout le monde pour m’empêcher de combattre et de gagner ma vie. Il essaie de m’intimider en disant qu’il poursuivra tout le monde en justice si je combats et que je ne le paie pas. Je combats pour faire vivre ma famille, pas pour Ben Shalom. Il n’est pas mon promoteur », a lâché Bakole.
Dégringolade au classement mondial et absence de perspectives
Cette rupture de confiance a entraîné une paralysie contractuelle totale, laissant le champion immobile alors que les grandes bourses mondiales se distribuaient en Arabie Saoudite sans lui. Ben Shalom a répliqué en affirmant que Bakole avait lui-même décliné plusieurs offres lucratives, créant un imbroglio juridique qui dure encore en ce mois d'avril 2026.
Aujourd'hui, les conséquences de cette inactivité sont sans appel. Celui qui trônait en tête des classements WBA a chuté jusqu'au huitième rang mondial, voyant ses rivaux le dépasser un à un dans la course aux ceintures. Replié à Kinshasa où il bénéficie toujours d'un soutien étatique infaillible, Bakole semble désormais condamné à des combats de prestige local, comme ce potentiel duel contre Tony Yoka, plutôt qu'à la conquête des titres mondiaux qui lui étaient promis.
Les mois passent, l'inactivité elle perdure et le bout du tunnel ne semble pas encore être aperçu pour Martin Bakole. Car s’il ne parvient pas à briser son carcan contractuel et à retrouver le poids de forme qui était le sien (environ 115 kg), le Congolais risque de passer du statut de "boxeur le plus évité au monde" à celui, bien plus triste, de grand gâchis du noble art.
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À propos de l'auteur
Malick BAMBA
Rédacteur sportif
Le sport africain au quotidien, ces belles histoires et polémiques en tous genres.
