
Dans un état de déliquescence, au milieu de nouveaux licenciements décidés unilatéralement par le bureau du secrétaire général, la CAF s’apprête enfin à tourner la page Véron Mosengo-Omba.
Si le président, Patrice Motsepe, a émis le souhait de le conserver une année supplémentaire, le comité exécutif n’est pas de cet avis. Bien que timide, pour ne pas dire apeuré de dire les choses en face, le Comex avait bénéficié de la prise de parole de Samir Sobha, le président de la fédération mauricienne, qui avait demandé le respect des statuts puisque Véron Mosengo-Omba avait dépassé la limite d’âge depuis le 15 octobre dernier.
Les décisions prises par Véron Mosengo-Omba annulées ?
Dirigeant la CAF comme bon lui semble avec son cercle d’initiés, ce dernier avait promu sans l’aval du Comex plusieurs personnes, dont le responsable de son bureau, Cédrick Aghey, à la tête du département légal.
Récemment, il avait également congédié, sans l’aval du Comex à nouveau, Yassin Osman Robleh, le responsable des organes juridictionnelles, dont le professionnalisme était pourtant souligné unanimement en interne. Une décision qui a choqué, poussant un membre du Comex, Augustin Senghor, a demandé une réunion à Patrice Motsepe afin d’évoquer le sujet.
En interne, beaucoup s’interrogent sur la légitimité statutaire des décisions prises par Véron Mosengo-Omba, et si celles-ci ne peuvent pas être annulées en cas de poursuite judiciaire – étant donné qu’il n’a pas le droit d’exercer -, voire directement par le Comex, si ce dernier se rappelle qu’il a normalement une fonction autre que recevoir ses per diems.
Opposition des fédérations d’Afrique du nord
Finalement en instance de départ pour briguer la présidence de la Fédération congolaise de football, comme Sport News Africa le révélait dès janvier, Véron Mosengo-Omba continue pourtant à faire le ménage au sein de la CAF, plaçant des personnes de confiance à des positions importantes.
Si cette méthode sera discutée lors du prochain Comex, reste à trouver son successeur. Un nom a logiquement été avancé, celui de Samson Adamu, le responsable des compétitions de la CAF.
Reconnu pour son sérieux, son profil a de nombreux soutiens parmi le Comex. Néanmoins, les fédérations d’Afrique du nord sont peu emballées, et c’est peu dire, vu les tensions récurrentes des dernières années. « Disons qu’ils n’ont aucunement envie de le voir à un tel poste », explique un membre du Comex. En premier lieu l’Égypte et le Maroc qui ont une certaine influence.
Derrière cette réticence se cachait une autre rivalité accrue depuis quelques temps entre Afrique du nord et sub-saharienne, arabophone et les autres, qui court-circuite les rapports d’une CAF indigente avec un président de moins en moins audible et crédible, qui n’a absolument aucune idée de ce qui se passe réellement dans la confédération qu’il dirige.
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À propos de l'auteur
Romain MOLINA
Rédacteur sportif
Journaliste et écrivain, auteur de nombreuses enquêtes dans le milieu du sport.
