
Le 31 mars 2026 pourrait bien marquer un tournant dans la carrière internationale de Simon Ngapandouetnbu. Aligné pour la première fois avec le Cameroun face à la Chine lors du tournoi FIFA Series, le gardien de 23 ans a répondu présent, participant à la victoire 2-0 des Lions Indomptables avec un clean sheet à la clé. Dans un contexte de recomposition de l’effectif, ce baptême du feu réussi alimente déjà les projections autour d’un possible nouveau numéro un dans les cages de la nation 5 fois championne d’Afrique.
Ce choix du staff technique, qui a vu Dévis Epassy céder sa place dans le onze de départ, n’était pas anodin. En quête de repères après une défaite contre l’Australie (1-0) quatre jours plus tôt, le sélectionneur David Pagou a opté pour un rééquilibrage, offrant à Ngapandouetnbu une opportunité rare. Le portier de Montpellier n’a pas seulement été rassurant : il a montré une capacité à s’intégrer dans le jeu, avec 70% de passes réussies et une présence décisive sur sa ligne.
Une fenêtre ouverte par les incertitudes
Pourtant, l’émergence de Ngapandouetnbu intervient dans un contexte particulier pour le Cameroun. La mise à l’écart d’André Onana, longtemps indiscutable, redistribue les cartes. Derrière lui, Dévis Epassy semble avoir pris le relais, mais sa situation en club fragilise sa position. Relégué sur le banc lors des dernières sorties du Dinamo Bucarest, le gardien peine à offrir les garanties nécessaires à long terme.
À l’inverse, Ngapandouetnbu capitalise sur une dynamique positive. Prêté à Montpellier, il enchaîne les matchs en Ligue 2 avec une régularité notable : 27 apparitions, 22 buts encaissés pour 11 clean sheets et un taux d’arrêt de 80%. Des statistiques solides qui renforcent sa crédibilité dans un rôle appelé à évoluer. Gardien explosif, à l’aise dans le jeu au pied et assumant un style « offensif », il incarne une nouvelle génération plus proactive.
Le journaliste camerounais Christian Brice Souga appelle d’ailleurs à ouvrir le débat sans précipitation : « Au vu des performances en club ces deux dernières saisons, notamment à Nîmes et à Montpellier, la question du futur de Simon en sélection peut en toute logique être posée sur la table ». Il souligne également un élément clé : avec plus d’une cinquantaine de matchs disputés en club en moins de deux ans, le jeune gardien affiche une continuité rare à son âge. « Si l'on se fie aux chiffres, c'est le gardien camerounais qui a aligné après André Onana, le plus grand nombre de matchs en club. A seulement 23 ans, ses coachs en club disent de lui qu'il n’a même pas encore démontré l’étendue de tout son potentiel. C'est dire, qu'il a encore une bonne marge de progression ».
Le test de la confirmation
Et au-delà de la performance contre la Chine, c’est la comparaison avec Dévis Epassy qui nourrit les discussions. « On a bien pu voir la différence entre lui et Epassy au niveau du jeu au pied, du positionnement, et même du jeu sur la ligne », analyse Christian Brice Souga. Sans conclure définitivement, l’analyste plaide pour une seconde titularisation afin de vérifier la constance du joueur : « Il faudrait lui confier un autre match de 90 minutes pour se rassurer que ce n'était pas une simple forme du jour. »
Cette prudence reflète un enjeu central : transformer une promesse en certitude. Car si Ngapandouetnbu a marqué des points, la hiérarchie des gardiens reste un chantier ouvert. L’expérience internationale, encore limitée, demeure un critère déterminant dans un poste où la stabilité est primordiale.
En parallèle, son avenir en club pourrait accélérer sa progression. L’Olympique de Marseille, où il a signé professionnel dès 16 ans sous l’impulsion d’Andoni Zubizarreta, conserve une option de rachat prioritaire. Dans un marché tendu pour les gardiens fiables, cette clause pourrait permettre au club phocéen de miser sur un profil en pleine ascension, formé en interne et désormais aguerri.
Né à Foumban à l’Ouest du Cameroun, formé dans les quartiers de Marseille après une enfance entre son pays et la France, Ngapandouetnbu incarne une trajectoire atypique, façonnée par une ascension précoce et un apprentissage dans l’ombre de figures comme Steve Mandanda, son idole et « grand-frère » à l’OM. Longtemps cantonné à un rôle de doublure, il semble aujourd’hui prêt à franchir un cap.
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À propos de l'auteur
Arthur WANDJI
Rédacteur sportif
Correspondant SNA au Cameroun et Gabon. Spécialiste des Lions Indomptables.
