Côte d’Ivoire : Ange-Yoan Bonny, les raisons d'un mutisme 

Attaquant phare des Éléphants, Ange-Yoan Bonny, est dans le dur depuis le début de la Coupe du monde 2026. Il n’a pas inscrit le moindre but avant d'affronter la Norvège en 16es de finale ce mardi. Décryptage d’un mutisme.

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Côte d’Ivoire : Ange-Yoan Bonny, les raisons d'un mutisme 

Arlington - En trois matches, des occasions de buts créées mais un compteur toujour bloqué. Ange-Yoan Bonny est protégé par son sélectionneur, Emerse Faé mais le joueur de l’Inter Milan est clairement sous le feu des projecteurs. Joueur doté d’un bon coup de tête et très fort dans les déplacements avec ou sans ballon, Bonny est également très technique.

Il a le sens du but mais, il peut aussi entamer les actions en partant de loin. Bref, il a une large palette mais depuis son premier match avec les Éléphants à Nantes en amical contre la France (victoire 2 à 1) le 4 Juin 2026, jusqu'à la phase de poules du Mondial 2026, il n’a pas encore montré ce qui fait l’essence d’un avant-centre : marquer des buts. Sous le feu des critiques sur les réseaux sociaux dans son pays, il préfère relativiser.

"Je suis un joueur qui aime combiner avec les autres, qui aime prendre du plaisir, qui aime dribbler, qui aime s'amuser par dessus tout. Un joueur moderne. Il faut faire les choses dans le bon rythme. Si on est trop en retard, l'action ne va pas jusqu'au bout. Si on est trop en avance, c'est pas bien. Donc c'est important d'avoir le bon rythme comme les bonnes notes de musique.", a-t-il analysé face au média pour expliquer son mutisme face aux buts.

En clair, il faut un système et des coéquipiers adaptés pour rentrer dans le bain.

Ces facteurs qui expliquent sa disette

Précédé d'une bonne réputation avant de rejoindre la Côte d'Ivoire pour la Coupe du monde, Ange Yohan Bonny, l'attaquant des Éléphants, en trois sorties, est resté muet pour l'instant. Il est certes un bon point de fixation mais il n’a pas répondu présents face aux gardiens équatorien, allemand et curacien, qu’il a affrontés en phase de groupes.

Si la situation collective des Éléphants est reluisante, voire féerique, avec cette toute première qualification pour les 16èmes d'une phase finale d'une Coupe du monde en quatre participations, celle, personnelle, de Yohan Bonny ne l'est pas forcément, lui, l'attaquant de race. Lui, le buteur. Et un attaquant, un vrai, n'est jamais pleinement satisfait même quand son équipe gagne et que lui, ne marque pas. C'est comme ça. Les attaquants de métier sont "égoïstes" dans le bon sens.

Sa production individuelle

Titularisé à deux reprises pour une entrée en jeu, voici trois matchs que Yohan Bonny produit sans connaître le moindre bonheur de buteur. Et pourtant, ce ne sont pas les qualités techniques et tactiques qui lui font défaut.

Même sans inscrire le moindre but, Bonny a toujours pesé sur les défenses adverses. Par son abattage constant, ses remises, sa présence physique, ses placements, replacements et déplacements incessants. Et même par son jeu défensif. Le mutisme de l'Interiste n'est donc pas de son propre fait. Dans ce Mondial, rarement ce garçon a été servi idéalement. En dépit de ses appels incessants..

Du collectif des Éléphants

En trois matchs de poule, la Côte d'Ivoire a changé autant de onzes entrants. Une défense différente. Un entre jeu différent. Une attaque différente. Un éternel recommencement tactique et donc technique qui ne profite pas forcément à un attaquant. Une absence d'homogeneité collective qui ne favorise pas non plus l'éclosion offensive d'un attaquant.

"Le problème, c’est le choix de jeu des Éléphants. L'équipe ne joue pas pour ses attaquants. C'est un jeu collectif hybride où tout le monde peut marquer à tout moment. Les buts peuvent arriver de nulle part. Puisqu'il n'y a pas une tactique visible et claire qui privilégie l'offensive à travers un attaquant. Les attaquants se "débrouillent" pour marquer. Et le jeune Yohan Bonny n'échappe pas à cette "règle" tactique. Frustrant pour tout attaquant", explique l’anccien rédacteur en chef du journal ivoirien l’Expression Kipré T.

L’un des problèmes a résoudre pour la Côte d’Ivoire, pour monter en puissance définitivement, c'est le schéma tactique. Le jeu ivoirien ne privilégie pas la verticalité, la profondeur. Il est plus latéral que vertical. Très souvent, les attaquants ivoiriens enclenchent des appels offensifs et les milieux choisissent la solution latérale ou carrément les passes en retrait. Bonny, Wahi, Guessan, lequel de ces attaquants a déjà scoré à cette Coupe du monde ? Sont-ils forcément tous mauvais ?

Sous l'ère Faé, les attaquants ne sont pas les meilleurs réalisateurs de l'équipe. L'écrasante majorité des buts ivoiriens est réalisée par des milieux de terrain, les joueurs de couloirs ou des défenseurs.

On le voit. Yohan Bonny n'est pas du tout un mauvais attaquant. Bien au contraire. Il est juste victime d'un choix tactique qui defavorise les attaquants dont il fait partie. Peut-être qu’une association avec un attaquant, qui bouge plus dans les petits espaces, comme Wahi, redonnerait du tonus au canon mouillé de Bonny.

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À propos de l'auteur

Séverin SANH

Séverin SANH

Rédacteur sportif

Journaliste, correspondant SNA en Côte d'Ivoire.

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