
Une émulation nommée Habib Beye
Ces dernières années, les entraîneurs africains ont eu des opportunités en Europe, mais souvent dans des clubs de seconde zone et en division inférieure comme Omar Daf (Sénégal) à Amiens qui vient d’ailleurs de se séparer de lui après trois ans de collaboration, ou pour des intérims éphémères dans l’élite comme ce fut le cas de Samba Diawara (Mali) à la tête de Reims de février à juin 2025 ou précédemment de Nasser Larguet (Maroc) de février à mars 2021 sur le banc de l’Olympique Marseille.
Le Sénégalais Mbaye Leye, aujourd’hui entraîneur adjoint à la Gantoise, a été principal à Seraing, au Standard de Liège ou encore à Zulte Waregen. Un manque de confiance qui a duré au fil des années, pas la faute à un manque de compétence puisque tous ces entraîneurs – à l’exception de Samba Diawara – possèdent la Licence UEFA Pro.
Cette hésitation permanente lorsqu’il s’agit des entraîneurs africains a été brisée par Habib Beye lors de son arrivée à Rennes en janvier 2025 en tant que pompier de service pour sauver le club breton de la relégation. Mission qu’il a réussie avant de quitter le Stade Rennais le 9 février dernier pour signer 9 jours plus tard (18 février) à l’OM. Une trajectoire incroyable mais surtout pionnière pour les jeunes entraîneurs africains en quête de légitimité et de référence dans les clubs de premier plan en Europe. Beye a montré la voie et d'autres sont prêts à marcher sur ses pas.
Regragui, un CV qui parle pour lui
Du National à la Ligue 1, Habib Beye a brisé un plafond de verre pour les entraîneurs issus du continent. Même si lui a grandi en France et n’a jamais entraîné en Afrique, ils sont avec le Marocain Ahmed Kantari (Nantes) les seuls entraîneurs africains sur le banc d'un club du Top 5 européen actuellement.
A l’opposé, Walid Regragui a quant à lui fait ses preuves sur le continent, à commencer par un poste de sélectionneur adjoint de Rachid Taoussi de 2012 à 2013 avant de prendre les rênes du FUS de Rabat en 2014 où il va assoir une équipe compétitive et remporter le championnat lors de la saison 2015/16 après la Coupe du Trône en 2014, avant de partir en 2020.
Cette année-là, il va passer dix mois (janvier-octobre) à Al-Duhail au Qatar et va même remporter le championnat, la Qatar Stars League. En août 2021, Walid Regragui revient chez lui au Maroc où il va diriger cette fois-ci le Wydad Casablanca avec lequel il va faire le doublé Championnat - Ligue des champions CAF lors de son unique saison avant l’appel de la patrie en août 2022.
A quatre mois de la Coupe du monde au Qatar, Walid Regragui qui a la connaissance parfaite du football marocain a su fédérer le groupe des Lions de l’Atlas autour de son projet et a réussi à réaliser ce qu’aucun autre pays africain n’a réussi à faire jusque-là : atteindre les demi-finales du Mondial. Une première historique qui a forgé sa légitimité et renforcé son image sur la scène internationale comme l’un des meilleurs tacticiens du continent.
Après un désenchantement à la CAN 2023 en Côte d’Ivoire (élimination en huitièmes), Walid Regragui a réussi, malgré la pression du pays hôte, à emmener le Maroc en finale de la CAN 2025 avant de s’incliner (0-1) contre le Sénégal d’un autre jeune entraîneur africain, Pape Thiaw.
La Liga ou la Premier League pour commencer
Un jeu séduisant, une vision offensive et une capacité d’adaptation intéressante, tels sont les attributs d’une équipe entraînée par Walid Regragui. Malheureusement lassé par l’environnement devenu très volcanique de la sélection après la défaite en finale de la CAN, l’homme de 50 ans a décidé de rendre sa démission malgré la perspective de la Coupe du monde cet été.
Dans cette logique, Foot Mercato indique que Walid Regragui ne va pas rester longtemps au chômage. En effet, le technicien marocain a des touches en Premier League et en Liga et pourrait se relancer très vite cet été.
Reste à savoir maintenant si Regragui choisira l’intensité du championnat anglais ou la beauté de la ligue espagnole dont la culture se rapproche quelque peu de celle du Maroc. De toutes les façons, le technicien de 50 ans avance avec un CV flatteur dans un continent où les entraîneurs africains débarquent souvent dans l’anonymat.
Rejoignez notre communauté sportive !
Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne rien manquer de l'actualité sportive en temps réel.
Tags
À propos de l'auteur
Aimé ATTI
Rédacteur sportif
Journaliste, commentateur sportif, baignant dans le sport et le football africain.
