
Le bilan comptable parle de lui-même : un nul frustrant contre la Guinée (2-2) et une victoire dans la douleur face au Niger (1-0). Pour une équipe qui restait sur trois matchs sans succès, cette fenêtre FIFA de mars a agi comme un véritable catalyseur de confiance. Portés par un Kevin Denkey (Cincinnati, MLS) toujours aussi clinique et auteur de l’unique but face au Niger dès la 5e minute, les Éperviers ont affiché un visage conquérant, mais surtout nouveau.
Un projet de rajeunissement assumé
L'enseignement majeur de ce rassemblement réside dans la mue profonde du groupe. Avec une moyenne d’âge tournant autour de 23 ans et l’intégration de neuf nouveaux joueurs, Patrice Neveu et son staff ont injecté du sang neuf. « C’est un élément important : l’équipe a vachement rajeuni », souligne-t-on en interne. « On n'avait que trois ou quatre joueurs de plus de 30 ans. Tout le reste, c’est 20, 21 ou 22 ans. C’est un vrai projet. »
Cette jeunesse a apporté une insouciance visible en première mi-temps face au Niger, où le Togo a outrageusement dominé les débats. « Dans le contenu, c’est vraiment intéressant. On s’est créé de très grosses occasions, on était bien en place. En première mi-temps, tu domines les débats, que ce soit dans la possession ou le placement », analyse un membre du staff.
Charles Abi, la belle surprise

Au milieu de ces visages nouveaux, l'un d'eux a particulièrement attiré l'attention : Charles Abi. L'ancien espoir de l'AS Saint-Étienne, que beaucoup pensaient perdu pour le haut niveau, a été la grande satisfaction du manager général, Serge Akakpo.
« Pendant deux-trois ans, il avait quasiment disparu des radars », confie Akakpo. « Là, je pense qu’il s’est rééquilibré. Il est beaucoup plus mature, plus explosif. C'est l'une des belles surprises de cette trêve. Il a apporté une plus-value dans la conservation, l'intelligence tactique... Que ce soit en point d'appui ou en profondeur, il a été précieux. »
Apprendre à « souffrir » ensemble
Si le match contre la Guinée a laissé des regrets (le Togo menait 2-0 jusqu'à la 85e minute avant de se faire reprendre), la rencontre face au Niger a montré une autre facette de l'équipe : la résilience. Bousculés en seconde période par des Nigériens audacieux, les Éperviers ont plié sans rompre.
« On a beaucoup souffert. Mais ça a permis de voir que l’équipe était capable de défendre, tout le monde était solidaire », explique le manager des Eperviers. « Denkey et Abi faisaient les efforts, les replis défensifs... Ce sont des matchs qui forgent. Des fois, tu gagnes 3-0 et tu es content, mais ce n’est pas ça qui forge une équipe. »
Patrice Neveu, fidèle à sa réputation de technicien exigeant, ne s'y trompe pas : « C’était important pour nous rassurer et aussi récompenser les joueurs de leur travail. On aurait dû mener beaucoup plus largement à la mi-temps. »
Cap sur le mois de juin
L’exigence de Neveu semble déjà infuser dans le vestiaire. Décrit comme un coach qui « veut que tout le monde se pousse au maximum », le technicien français a réussi sa première phase d'observation. Mais le plus dur reste à faire.
« Nous sommes dans une phase de renouveau. Il faut nous laisser un peu de temps », tempère le sélectionneur. La prochaine étape se jouera en juin avec deux nouveaux matchs amicaux pour consolider les bases tactiques, avant le « vrai » test de septembre et les éliminatoires de la CAN 2027. Pour l'heure, le public togolais a de nouveau des raisons de croire en ses Éperviers. « J’y crois, les joueurs y croient aussi », conclut Patrice Neveu. Le message est passé.
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À propos de l'auteur
Mansour LOUM
Rédacteur sportif
Le football africain et ses coulisses. Analyse le niveau et les défis du sport africain.
