
Deux rencontres majeures de cette saison et deux polémiques quasi interminables qui ont fini par avoir des répercussions qui marquent un tournant disciplinaire dans le jeu. Sous l’impulsion de la FIFA, l’IFAB a approuvé à l’unanimité deux changements radicaux pour encadrer les comportements des acteurs du jeu. Ces décisions font suite à une saison marquée par deux incidents qui ont ébranlé les instances internationales, poussant les législateurs à agir dans l’urgence pour préserver l’éthique du sport.
Amendement "Vinicius - Prestianni" : fin de l'impunité sous les mains

La première mesure cible une pratique devenue monnaie courante : les joueurs se couvrant la bouche à l'aide de leur main ou de leur maillot pour masquer leurs propos. Cette loi découle directement de l’affaire qui a opposé Vinicius à l’Argentin Gianluca Prestianni lors de la rencontre de Ligue des champions entre le Benfica et le Real Madrid. Pour rappel, l'attaquant brésilien avait accusé son adversaire d'insultes racistes, alors que ce dernier s'était soigneusement caché la bouche sous son maillot pour échapper aux caméras et aux lecteurs labiaux.
Désormais, cette zone d'ombre disparaît du règlement. La FIFA a été on ne peut plus claire dans son communiqué :
« À la discrétion de l’organisateur de compétition, tout joueur qui se couvre la bouche lors d’une situation confrontationnelle avec un adversaire pourra être sanctionné d’un carton rouge. »
L'objectif est limpide : forcer la transparence lors des altercations et permettre aux preuves vidéos d'identifier d'éventuels dérapages discriminatoires. D'ailleurs, à l'issue d'une enquête, le milieu de 20 ans du Benfica Lisbonne a finalement été suspendu par l’UEFA pour « comportement homophobe ».
La réponse au chaos de la finale de la CAN 2025
Le second amendement traite de l'autorité arbitrale et de la continuité du jeu, en réponse au séisme de la finale de la CAN 2025. Lors de ce match opposant le Maroc au Sénégal, les Lions avaient décidé de quitter la pelouse sous l'impulsion de leur sélectionneur Pape Thiaw pour protester contre un penalty sifflé en faveur des Lions de l’Atlas. Une sortie de terrain historique qui a laissé le titre en suspens, le vainqueur devant encore être désigné par le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise, potentiellement lors du Mondial à venir, et ne paralyse une compétition, l’IFAB introduit une sanction immédiate et collective :
« À la discrétion de l’organisateur de compétition, l’arbitre peut sanctionner d’un carton rouge tout joueur qui quitte le terrain de jeu en signe de protestation contre une décision arbitrale. Cette nouvelle règle s’appliquera également à tout officiel d’équipe qui incite des joueurs à quitter le terrain. Toute équipe qui provoque l’arrêt définitif d’un match sera, en principe, déclarée perdante par forfait. »
Volonté de fermeté affichée à Vancouver
Ces deux réformes ne sont pas nées du hasard. Comme précisé lors de l'assemblée à Vancouver, elles résultent de « consultations approfondies menées par la FIFA auprès de toutes les parties prenantes concernées ». En durcissant les Lois du Jeu, l'IFAB envoie un message de fermeté aux joueurs et aux staffs techniques : le spectacle sportif ne peut plus être l'otage de comportements antisportifs ou de stratégies d'obstruction à la justice de terrain.
Ces nouvelles règles, qui intègrent dès à présent le corpus législatif du football, devraient changer radicalement la physionomie des tensions sur la pelouse dès cette fin de saison et pour la Coupe du monde à venir.
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À propos de l'auteur
Malick BAMBA
Rédacteur sportif
Le sport africain au quotidien, ces belles histoires et polémiques en tous genres.
