
À 41 ans, installé dans son baquet chez Ferrari, Lewis Hamilton aurait pu se contenter de repartir pour sa 2e année avec la marque au cheval cabré et gérer sa fin de carrière. Mais le septuple champion du monde a un objectif qui ne figure pas sur les feuilles de chronométrage : courir un Grand Prix sur le sol de ses ancêtres.
« Je vais rester ici encore un moment jusqu’à ce que cela se produise », a-t-il martelé en prélude du Grand Prix de Melbourne qui va se courir ce dimanche et marquer le coup d'envoi de la saison de F1.
Pour le premier pilote noir de l’histoire de la discipline, l’absence de l’Afrique au calendrier mondial est une anomalie qu'il combat depuis sept ans auprès de Stefano Domenicali, le patron de la F1. Hamilton ne se voit pas prendre sa retraite tant que le seul continent manquant à l'appel n'aura pas retrouvé sa place.
Un duel de candidatures : Kyalami face à Kigali
L’Afrique n’a plus accueilli la F1 depuis 1993, sur le circuit de Kyalami en Afrique du Sud. Aujourd'hui, deux projets majeurs s'affrontent pour combler ce vide :
- L’Afrique du Sud (Kyalami ou Le Cap) : Le candidat historique. En juin 2025, le circuit de Kyalami a franchi une étape décisive en recevant l'approbation de la FIA pour une modernisation vers le Grade 1, norme indispensable pour la F1. Porté par le ministre des Sports Gayton McKenzie, le pays espère un retour à l'horizon 2027 ou 2028.
- Le Rwanda (Kigali) : L'ambitieux nouveau venu. Officiellement candidat depuis fin 2024, le Rwanda mise sur un projet solide et une volonté politique forte. Stefano Domenicali a confirmé des discussions sérieuses avec le "pays des mille collines", envisageant une course vers 2029.
Au-delà du sport : Un discours de décolonisation
Ce qui frappe dans les récentes déclarations de Lewis Hamilton, c'est la dimension politique de son plaidoyer. L'Anglais n'évoque pas seulement des vibreurs et des zones DRS ; il parle de souveraineté économique.
Le pilote a ouvertement critiqué l'exploitation des ressources africaines par les anciennes puissances coloniales. « J'espère que les dirigeants de ces pays s'uniront pour reprendre l'Afrique aux Français, aux Britanniques, aux Portugais et aux Espagnols », a-t-il déclaré avec une franchise rare dans le paddock. Pour lui, la F1 doit être un moteur de développement local et non un énième produit d’exportation occidental.
Course contre la montre
Le défi reste de taille. Entre les exigences financières colossales de Liberty Media (propriétaire de la F1) et les infrastructures à bâtir ou rénover, le temps presse pour Hamilton. Si le calendrier 2026 est déjà quasiment bouclé, la fenêtre de tir pour 2027 semble être la dernière chance pour voir le "Lion de Stevenage" piloter une monoplace sur le continent africain avant de raccrocher son casque.
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À propos de l'auteur
Malick BAMBA
Rédacteur sportif
Le sport africain au quotidien, ces belles histoires et polémiques en tous genres.
