
C’est donc ça, le football de 2026 ? Une pièce de théâtre pathétique où l’on insulte pour ensuite se cacher derrière un maillot, comme un gamin pris les doigts dans le pot de confiture ? Ce mardi soir, au stade de laLuz, le sport a encore une fois laissé place à la fange. Si les accusations de Vinícius Júnior contre Gianluca Prestianni sont avérées et tout porte à croire que le Brésilien n’a pas arrêté le match pour une simple discussion tactique, nous sommes face à la forme la plus abjecte de la lâcheté humaine.
Insulter un homme de « singe » en se couvrant le visage, c'est l'aveu d'une faiblesse intellectuelle absolue. C'est le geste d'un joueur qui, incapable de stopper son adversaire par le talent, tente de le briser par sa couleur de peau. Vinícius, devenu le paratonnerre de cette haine décomplexée en Europe, n’a plus à subir ces simagrées. Que l’UEFA cesse ses communiqués lénifiants et ses « enquêtes approfondies » qui durent des lustres. Il est temps de frapper, et de frapper fort. Car si le terrain est une zone de non-droit moral, alors le football n’est plus un jeu, c’est un dépotoir.
Le miroir africain : une plaie mondiale
Ne tombons pas dans le piège de l'exception européenne. Le continent africain, bien que terre d'accueil de la diversité, n'échappe pas à ces dérives internes, souvent teintées de tensions géopolitiques ou de xénophobie :
L’affaire Regragui - Mbemba (CAN 2023) : Un séisme médiatique où le sélectionneur marocain avait été accusé de propos discriminatoires envers le capitaine congolais Chancel Mbemba. Walid Regragui s'était vu infliger une sanction initiale de 4 matchs de suspension (dont 2 avec sursis) et une amende de 5 000 dollars. Les fédérations marocaine et congolaise, elles, devaient s'acquitter de 20 000 dollars chacune.
Le verdict de la honte : Quelques jours plus tard, sous la pression médiatique et juridique, la Commission d'Appel de la CAF a tout simplement annulé la suspension du sélectionneur marocain. Un blanchiment total qui envoie un message désastreux : sur le continent, on peut provoquer, insulter ou déraper, une bonne plaidoirie suffira toujours à effacer l'ardoise.
Le CHAN 2023 en Algérie : silence assourdissant des instances
Le stade de Baraki a résonné de chants immondes : « Donnez-leur des bananes, les Marocains sont des animaux ». Face à cette déshumanisation orchestrée par une partie du public, la réponse de la CAF a été le néant absolu. Bilan : zéro sanction. Si le jury disciplinaire s’est épanché sur les discours politiques de la cérémonie d’ouverture, il a pudiquement détourné le regard des tribunes racistes. En ne sanctionnant ni par un huis clos, ni par une amende symbolique ces dérives, les instances ont validé le racisme comme une simple « ambiance de stade ».
Maghreb : la double peine des victimes
En Tunisie et en Égypte, le racisme est structurel, et les sanctions sont soit dérisoires, soit inversées.
Le cas Shikabala (Égypte) : Joueur noir iconique du Zamalek, il subit depuis 20 ans des insultes simiesques et des chants racistes de la part des supporters adverses. Le paradoxe ? C'est souvent Shikabala qui est lourdement sanctionné (ex : 8 mois de suspension en 2021, réduits à 8 matchs) pour ses réactions d'exaspération face à la haine, tandis que les clubs dont les fans hurlent des injures s'en tirent avec des amendes de « poche » oscillant entre 20 000 et 50 000 livres égyptiennes (à peine quelques milliers d'euros).
Tunisie : L’indifférence tarifée. Le Code Disciplinaire de la FTF (Fédération Tunisienne de Football) prévoit des amendes ridicules pour les propos injurieux : à peine 1 000 à 2 000 dinars tunisiens (environ 300 à 600 euros). Pour des clubs au budget de plusieurs millions, c'est un permis d'insulter à bas prix.
L’Arsenal de sanctions : du sursis à la mort sportive
Si la culpabilité de Prestianni est établie, le règlement est clair. Voici ce qui attend les contrevenants selon les instances :

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À propos de l'auteur
Achille ASH
Rédacteur sportif
Journaliste, amateur des belles affiches de football.
