LDC CAF : Jean-Jacques Ndala, la polémique de trop au cœur d’un naufrage institutionnel

En désignant Jean-Jacques Ndala pour officier lors de la finale aller de la Ligue des champions CAF entre Mamelodi Sundowns et l’AS FAR le 17 mai prochain, la Commission des arbitres de la CAF n’a pas seulement choisi un homme : elle a allumé une mèche sur un baril de poudre. Entre désaveu interne, fronde des clubs et camouflet international, cette décision illustre la crise de leadership profonde qui secoue l’instance faîtière du football africain.

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LDC CAF : Jean-Jacques Ndala, la polémique de trop au cœur d’un naufrage institutionnel

Le football africain s’apprête à vivre l’un de ses rendez-vous les plus prestigieux en cette fin de saison avec la finale aller de la Ligue des champions entre Mamelodi Sundowns et l’AS FAR, mais le spectacle se joue déjà en coulisses, dans une atmosphère délétère. En désignant Jean-Jacques Ndala pour diriger cette rencontre capitale le 17 mai à Pretoria, la Commission des arbitres de la Confédération africaine de football n’a pas seulement fait un choix technique contestable ; elle a jeté une pierre dans le jardin déjà très encombré d'une gouvernance à la dérive. Cette décision, qui ignore superbement le passif récent de l’officier congolais, agit comme un puissant révélateur de l’autisme institutionnel qui semble s’être emparé du Caire.

Pas retenu par la FIFA, « récompensé » par la CAF

Le paradoxe Ndala confine à l’absurde. Comment un arbitre, dont la prestation lors de la finale de la CAN 2025 a été vécue comme un traumatisme par une partie du continent, peut-il se voir confier les clés d’un nouveau sommet continental quelques mois seulement après ses errements ? Plus frappant encore est le désaveu cinglant de la FIFA, qui a choisi d’écarter le Congolais de la liste des arbitres retenus pour la Coupe du monde 2026. 

Alors que l’instance dirigeante du football mondial juge son niveau insuffisant pour le gratin international, la CAF s’obstine à le présenter comme l’élite du continent. Ce décalage de perception souligne une fracture inquiétante entre les standards d’excellence requis à l’échelle globale et les arrangements domestiques d’une confédération qui semble vivre en vase clos.

Désaveu et crise de gouvernance

L’indignation ne se limite plus aux cercles de supporters ou aux réseaux sociaux. Elle a pénétré le saint des saints : le Comité exécutif de la CAF. La contestation interne qui s'y propage témoigne d'un séisme administratif sans précédent. Voir des membres du Comex désavouer publiquement une commission technique est le signe manifeste d'une perte d'autorité centrale. Ce désordre institutionnel suggère que la Commission des arbitres opère désormais en électron libre, hors de tout contrôle politique ou éthique de la part de la présidence.

L'absence de réaction ferme de Patrice Motsepe renforce cette image d'un navire sans véritable capitaine à la barre, où chaque département semble mener sa propre barque, souvent au mépris de la cohérence et de l'image de marque de l'organisation.

Un camouflet de plus pour la CAF

La réaction commune de Mamelodi Sundowns et de l’AS FAR est, à cet égard, historique. Voir deux adversaires s'unir dans une fronde conjointe avant même le coup d'envoi est un camouflet sans équivoque pour la direction de la CAF. En contestant officiellement cette nomination, les deux clubs ne défendent pas seulement leurs intérêts sportifs ; ils dénoncent l'opacité d'un système qui préfère recycler ses erreurs plutôt que de valoriser une nouvelle garde d'arbitres compétents et moins marqués par la polémique. Car le vivier existe, mais il semble se heurter à un plafond de verre fait de copinages et de réseaux d’influence qui étranglent la méritocratie.

Ce « cas Ndala » n’est finalement que le symptôme d’un mal plus profond : celui d’une instance qui navigue à vue, incapable d’anticiper les crises et s’enfermant dans un déni préjudiciable. En s’obstinant à maintenir une désignation rejetée par tous les acteurs de terrain, la CAF prend le risque de saboter sa propre finale. Si le 17 mai prochain, le jeu devait être une nouvelle fois éclipsé par le sifflet, la responsabilité ne pourra plus être imputée au seul Jean-Jacques Ndala. Elle incombera directement à une gouvernance qui, par son inertie et son manque de vision, continue de fragiliser la crédibilité du football africain sur la scène internationale.

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À propos de l'auteur

Mansour LOUM

Mansour LOUM

Rédacteur sportif

Le football africain et ses coulisses. Analyse le niveau et les défis du sport africain.

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