Mondial 2026 : Cap-Vert historique, l’Égypte enfin récompensée

Le tirage de la phase de groupes n'avait laissé que peu de monde y croire. Et pourtant, deux nations africaines ont fait mentir les pronostics pour décrocher leur billet pour les 16es de finale de la Coupe du monde 2026. Le Cap-Vert, qui découvrait la compétition, et l'Égypte de Mohamed Salah, enfin récompensée d'une attente de plusieurs décennies. Retour sur deux qualifications qui ont une saveur bien particulière

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Mondial 2026 : Cap-Vert historique, l’Égypte enfin récompensée

Cap-Vert : le petit Poucet qui a fait trembler les grands

Personne, ou presque, n'attendait les Requins Bleus à ce stade de la compétition. Pour leur toute première participation à une Coupe du monde, les Cap-verdiens ont d'abord dû composer avec un groupe relevé, où l'Espagne faisait figure d'épouvantail. Mais le sélectionneur Bubista et ses hommes ont bâti leur parcours sur des fondations solides : un bloc défensif imperméable (2 buts concédés), une ligne arrière impeccable, et l'énergie des entrants pour renverser le rapport de forces après la pause.

Le scénario s'est répété face à l'Arabie Saoudite, lors de la dernière journée de groupe. Plus à l'aise techniquement en première période, les Saoudiens n'ont jamais réussi à percer une défense capverdienne solidaire, qui a fini par arracher le point du nul (0-0) nécessaire à sa qualification. Entré en cours de jeu, Nuno Da Costa a lui-même eu deux occasions de faire basculer la rencontre, sans parvenir à tromper le gardien saoudien.

Au coup de sifflet final, c'est resté suspendu à un autre résultat : il fallait que l'Espagne ne s'effondre pas contre l'Uruguay. La Roja a tenu bon avec une victoire 1-0, et les Capverdiens ont alors compris qu'ils venaient d'écrire la plus belle page de leur histoire.

Le chiffre donne la mesure de l'exploit : avant ce Mondial, le Cap-Vert n'avait disputé que quatre phases finales de la Coupe d'Afrique des Nations, jamais de Coupe du monde. Décrocher sa qualification pour le second tour, sans la moindre défaite en trois matchs — un nul contre l'Espagne, un 2-2 spectaculaire arraché à l'Uruguay, puis ce 0-0 sérieux face à l'Arabie Saoudite relève d'une tout autre dimension, avec une 2ème place du groupe derrière l’ogre espagnol. La presse internationale ne s'y est pas trompée : selon ESPN, le Cap-Vert est devenu la plus petite nation à atteindre les phases à élimination directe d'un Mondial.

Deuxièmes du groupe H derrière l'Espagne, les Requins Bleus n'ont pas fini de faire rêver leur pays : ils défieront l'Argentine de Lionel Messi le 3 juillet à Miami. Un choc déséquilibré sur le papier, mais une équipe capable de garder sa cage inviolée dans deux de ses trois matchs ne se présente pas à un tel rendez-vous pour de la figuration.

Égypte : Salah découvre enfin les 16es de finale, et sauve le Sénégal au passage

Pour l'Égypte, l'attente était d'une autre nature. Les Pharaons n'ont jamais manqué de talent depuis des décennies, mais le second tour d'un Mondial leur échappait obstinément depuis 1934 (1/8e de finale). Face à l'Iran, à Seattle, le scénario a longtemps semblé filer vers un nouveau scénario frustrant.

Mahmoud Saber avait pourtant idéalement lancé son équipe, ouvrant le score dès la 5e minute. L'Iran a immédiatement répondu par une offensive appuyée, obtenant un penalty que Mohamed El-Shenawy a repoussé. Mais Ramin Rezaeian a fini par égaliser d'une frappe puissante, redonnant tout son suspense à la soirée.

En seconde période, l'Égypte a su gérer sans s'exposer, pendant que l'Iran poussait pour aller chercher le but de la qualification directe. Ce but, les Iraniens ont cru l'avoir inscrit dans les ultimes secondes par l'intermédiaire de Khalilzadeh.

L'explosion de joie dans le camp iranien a cependant été stoppée net par la VAR, qui a signalé un hors-jeu de quelques centimètres seulement.

Ce nul (1-1) suffisait aux Pharaons : ils terminent deuxièmes du groupe G avec 5 points, derrière une Belgique impériale (victorieuse 5-1 de la Nouvelle-Zélande et qui a fini 1ère avec une meilleure différence de buts). Mohamed Salah, 34 ans, disputera ainsi pour la première fois de sa carrière internationale les 16es de finale d'une Coupe du monde, où l'Égypte affrontera l'Australie. Une belle récompense, sans doute l'un des derniers grands chapitres de l'aventure internationale de l'ailier de Liverpool.

Mais ce résultat a eu une conséquence inattendue à des milliers de kilomètres de là : en tenant bon jusqu'au coup de sifflet final face à l'Iran, l'Égypte a rendu un fier service... au Sénégal. Ce nul garantissait en effet aux Lions de Pape Thiaw de devancer l'Iran au classement des meilleurs troisièmes, aux côtés de l'Écosse, la Corée du Sud et l'Uruguay, assurant ainsi la qualification sénégalaise pour les 16es de finale. Sur les réseaux sociaux, Sadio Mané n'a pas tardé à remercier publiquement les coéquipiers de son ancien partenaire en sélection, Mohamed Salah.

Deux trajectoires, une même fierté africaine

D'un côté, l'irruption d'un nouveau venu qui a transformé son inexpérience en force collective. De l'autre, la consécration tardive d'une génération portée par l'un des plus grands joueurs du continent. Le Cap-Vert et l'Égypte n'ont pas le même passé, ni le même statut dans le football africain, mais tous les deux symbolisent, à leur manière, ce que cette Coupe du monde 2026 a de plus beau à offrir : la confirmation que l'Afrique a toujours sa place dans la cour des grands.

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À propos de l'auteur

Oumar WANE

Oumar WANE

Rédacteur sportif

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