
La Tunisie s’apprête à entrer dans le grand bain. Opposés à la Suède pour leur premier match du Mondial 2026, les Aigles de Carthage savent que cette rencontre pourrait déjà conditionner une grande partie de leur avenir dans la compétition. Avec la nouvelle formule de la Coupe du monde à 48 équipes, la qualification pour la phase à élimination directe est devenue plus accessible.
Les deux premiers de chaque groupe ainsi que huit des douze meilleurs troisièmes rejoindront les seizièmes de finale. Dans ce contexte, un succès face aux Suédois ouvrirait considérablement les portes de la qualification avant même les confrontations contre le Japon et les Pays-Bas.
Une équipe attendue au tournant
Comme à chaque Coupe du monde, la sélection tunisienne porte les espoirs de tout un peuple. Mais au-delà des discours habituels sur le courage, la détermination et le dépassement de soi, l’objectif est clair : franchir enfin le premier tour. Les Tunisiens restent sur plusieurs campagnes frustrantes malgré des prestations souvent honorables.
En 2022, ils avaient accroché le Danemark avant de s’incliner face à l’Australie, hypothéquant leurs chances de qualification malgré une victoire de prestige contre la France lors du dernier match. Cette fois, la Suède apparaît comme un adversaire à la portée des hommes de Sabri Lamouchi. Respectable nation de football, la sélection scandinave a néanmoins dû passer par les barrages pour décrocher son billet pour le Mondial. De quoi nourrir les ambitions tunisiennes.
Lamouchi sous surveillance
Le sélectionneur tunisien aborde cette rencontre dans un climat particulier. La lourde défaite concédée en match amical face à la Belgique (5-0) a semé le doute autour de l’équipe nationale et alimenté plusieurs rumeurs sur l’ambiance interne du groupe. Arrivé avec l’ambition de moderniser le jeu tunisien, Sabri Lamouchi se retrouve désormais sous pression. L’ancien sélectionneur de la Côte d’Ivoire dispute son deuxième Mondial en tant qu’entraîneur et mesure l’importance de ce premier rendez-vous.
Interrogé par L’Équipe avant le tournoi, il a préféré tempérer les attentes. « Notre objectif ? On ne m’a pas demandé d’être demi-finaliste ! La Fédération se projette déjà sur la CAN 2027. Il faut la préparer, mais sans galvauder la Coupe du monde, où on cherche à accomplir la meilleure performance possible dans un groupe dur. » Une déclaration qui illustre la prudence du technicien français, conscient des limites de son effectif mais également des opportunités offertes par cette nouvelle formule.
Des choix tactiques décisifs
Reste à savoir quelle équipe Lamouchi alignera face à la Suède. Plusieurs cadres devraient retrouver leur place dans le onze de départ, à commencer par Hannibal Mejbri, Ali Abdi, Valery ou encore Rani Khedhira. Le système demeure également au cœur des interrogations. Le sélectionneur hésiterait entre un 4-4-2 plus ambitieux et un 5-4-1 destiné à renforcer la solidité défensive. Une option qui pourrait permettre d’associer Montassar Talbi et Aymen Rekik à un troisième défenseur central afin de mieux contenir les offensives suédoises.
Au milieu, Ellyes Skhiri apparaît comme une valeur sûre tandis qu’en attaque, Haythem Chaouat semble tenir la corde pour débuter à la pointe.
Depuis sa prise de fonctions, Lamouchi insiste sur quelques principes simples : un bloc médian compact, une réduction des espaces et des transitions rapides vers les couloirs. Une approche pragmatique qui pourrait convenir à une équipe tunisienne souvent performante lorsqu’elle évolue dans la peau de l’outsider.
Le match de la vérité
La Tunisie possède une réputation d’équipe imprévisible, capable de se transcender dans les moments les plus compliqués. C’est précisément ce dont elle aura besoin cette nuit à Monterrey. Une victoire placerait immédiatement les Aigles de Carthage en position idéale pour décrocher une qualification historique. Une contre-performance, en revanche, compliquerait sérieusement leur mission avant les rendez-vous face au Japon puis aux Pays-Bas.
Pour Sabri Lamouchi et ses joueurs, le Mondial commence déjà sous pression. Mais c’est souvent dans ce contexte que la Tunisie a su révéler son meilleur visage.
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À propos de l'auteur
El Hadji Malick SARR
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
