
Cherchant des boucs émissaires, les dirigeants de la FSF multiplient les interventions médiatiques depuis leur retour à Dakar. C’est ainsi que lors de sa conférence de presse du 13 juillet, le président Abdoulaye Fall réduit le docteur Fédior à sa formation de gynécologue alors que ce dernier est également détenteur d’un Diplôme d’études spécialisées en médecine et biologie du sport.
Défiance des joueurs envers le docteur Fédior
Une nouvelle qui fit l’actualité des médias internationaux tout en suscitant des communiqués de soutien envers celui qui œuvre depuis une décennie dans les différentes équipes nationales sénégalaises. Cette (nouvelle) erreur de communication est d’autant plus paradoxale que, d'après les informations de Sport News Africa, le docteur Fédior n’est pas très apprécié du groupe ; les joueurs ayant tendance à consulter un avis extérieur plutôt que d’accorder leur pleine confiance à celui-ci.
Pas de contrat et des impayés
Conscients de la défiance des joueurs, et pour également régler un compte personnel contre le docteur, les dirigeants de la FSF entamèrent des démarches pour renforcer le staff médical. C’est ainsi qu’un médecin français, Renaud Guiu, intégra le staff pour la CAN 2025 ainsi que d’autres kinés en renfort.
Problème, le médecin français en question, n’a jamais eu de contrat, pas plus que le remboursement des frais avancés, notamment pour des examens faits à certains joueurs (IRM). Une situation scabreuse qui touche également les kinés dont la totalité des émoluments et primes n’a pas été versée depuis la CAN et qui ont dû rentrer par leurs propres frais après la Coupe du monde, comme les joueurs, à cause d’une organisation désastreuse.
Rétention de matériel et soucis logistiques
Pis encore, les rivalités au sein même du staff médical pourrirent le sérieux du travail. Entre rétentions de matériel des uns, soucis logistiques des autres (pour le fonctionnement des GPS par exemple) et manque de professionnalisme, le Mondial a été une cacophonie avec des joueurs ne venant parfois pas en soins ou alors en retard car aucun système d’amende ou de contrôle n’a été mis en place (contrairement à l’heure des entraînements ou des repas, ce qui a permis une ponctualité).
Parmi les particularités du staff médical sénégalais, les kinés personnels de Kalidou Koulibaly et Sadio Mané prirent à leur habitude deux places spécifiquement pour les joueurs en question au détriment des autres.
Tension et frustration autour des temps de soins
Si le kiné de Koulibaly s’occupait aussi d’autres joueurs, celui de Mané était surtout accaparé par son joueur qui passait « des heures » en soins, plus que quiconque dans la sélection. De quoi décaler les séances pour les autres éléments du groupe et créer d’autres petites tensions ou rivalités pour savoir qui a le plus d’influence au sein de cette structure contenant sept kinés au total.
Quant au docteur Fédior, pointé aujourd’hui du doigt pour sa formation – et son goût prononcé des caméras -, il est la cible d’une fédération qui n’a pas réussi à mettre en place une simple structure médicale, ni à la régulariser et encore moins à la payer. Une parodie qui symbolise, hélas, le Mondial des Lions.
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À propos de l'auteur
Romain MOLINA
Rédacteur sportif
Journaliste et écrivain, auteur de nombreuses enquêtes dans le milieu du sport.
