Mondial 2026 : qui sont les 10 sélectionneurs africains ?

Le Jour J est arrivé. Ce jeudi donne le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, une édition historique qui verra, pour la toute première fois, dix nations africaines s’aligner sur la ligne de départ aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Derrière le destin de ces sélections se cachent dix techniciens aux profils radicalement différents. Entre légendes locales, anciens internationaux reconvertis et vieux briscards de la scène internationale, tour d’horizon des forces tactiques de l'Afrique.

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Mondial 2026 : qui sont les 10 sélectionneurs africains ?

Héros locaux et anciens internationaux : l’identité avant tout

C'est une tendance forte sur le continent depuis bientôt 7 ans : faire confiance aux enfants du pays qui connaissent le parfum des grandes compétitions.

En Côte d'Ivoire, l’histoire d'Emerse Faé (42 ans) ressemble à un conte de fées. Propulsé pompier de service en pleine CAN 2023, l'ancien milieu de terrain des Eléphants a fini par soulever le trophée à la surprise générale. Passé par la formation à Nice et Clermont, le plus jeune sélectionneur africain de ce Mondial joue gros après une CAN 2025 décevante, achevée en quarts de finale.

Au Sénégal, Pape Thiaw (45 ans) porte désormais le costume de sélectionneur en chef. Ancien international de la mythique génération 2002, il a gravi les échelons de manière scolaire et exemplaire. Après avoir mené l’équipe locale au sacre lors du CHAN 2024, il a succédé à Aliou Cissé en 2024. S'il a fait sensation en remportant la CAN sur le terrain face au Maroc (bien que le titre soit suspendu à une décision du TAS), il s’apprête à vivre sa toute première expérience sur un banc mondial.

En Egypte, la nomination d’Hossam Hassan (59 ans) en février 2024 a sonné comme une évidence après les résultats décevants des techniciens étrangers. Véritable monument du football égyptien en tant que joueur, il possédait déjà une immense réputation de coach sur le plan national (Zamalek, Pyramids, Al Masry). Après une 4e place encourageante à la CAN 2025, il s'attaque à son premier défi planétaire.

Enfin, le Cap-Vert mise sur la stabilité et le patrimoine avec Pedro Leitão Brito, dit Bubista (56 ans). En poste depuis 2020 – une longévité rare –, cette légende locale a métamorphosé les Requins Bleus, signant une qualification historique pour ce Mondial aux dépens du Cameroun.

Les vieux briscards et géants du banc mondial

Face à la fougue des techniciens locaux, plusieurs nations ont fait le choix de l’expérience et des CV longs comme le bras.

Le Ghana a sorti la carte maîtresse en nommant le Portugais Carlos Queiroz (73 ans) en avril dernier, suite au limogeage d’Otto Addo. Ancien adjoint de Manchester United et entraîneur du Real Madrid, Queiroz est un habitué des sommets : passé par l'Egypte qu'il a failli qualifier au Mondial 2022, il s'apprête à disputer sa 5e Coupe du monde (une avec le Portugal, trois avec l’Iran). Un profil idoine pour redonner des repères à des Black Stars en perte de vitesse.

L'Afrique du Sud se présente elle aussi avec un monument. À 74 ans, le Belge Hugo Broos est le doyen des sélectionneurs africains. Déjà vainqueur de la CAN 2017 avec le Cameroun et 3e de la CAN 2023 avec les Bafana Bafana, l'ancien coach d'Anderlecht et de Bruges a annoncé qu'il tirerait sa révérence après ce Mondial. La Coupe du monde est l'ultime joyau qui manquait à sa carrière.

L'Algérie, de son côté, s'avance guidée par la rigueur de Vladimir Petkovic (62 ans). Passé par la Lazio Rome et Bordeaux, le technicien helveto-bosnien possède l'avantage précieux de connaître la recette des phases finales, lui qui avait hissé la Suisse en huitièmes de finale du Mondial 2018.

Pour la Tunisie, le salut passe par Sabri Lamouchi (54 ans). Nommé en janvier dernier pour redresser des Aigles de Carthage traumatisés par leur élimination précoce à la CAN 2025, l'ancien international français d'origine tunisienne connaît le format : il avait déjà mené la Côte d'Ivoire au Mondial 2014 au Brésil.

Les bâtisseurs de projets et techniciens de l'ombre

Pour compléter ce tableau, deux tacticiens se distinguent par leur capacité à façonner des collectifs solides sur le long terme.

En RD Congo, Sébastien Desabre (49 ans) est en train de réussir son pari. Grand connaisseur du football africain interclubs (ASEC Mimosas, Wydad, Pyramids) et ancien sélectionneur de l'Ouganda, il pilote les Léopards depuis 2022. Sa qualification arrachée en mars lors des barrages intercontinentaux contre la Jamaïque est l’aboutissement d'un projet structuré. Un passage des phases de poules acterait définitivement son entrée dans la légende congolaise.

Enfin, le Maroc a dû naviguer en eaux troubles. Arrivé dans une période de tempête pour remplacer le staff précédent, Mohamed Ouahbi (49 ans) a ramené la sérénité chez les Lions de l'Atlas. Fort de ses 14 années passées à former les jeunes pousses d'Anderlecht, il insuffle un vent de fraîcheur. Ses débuts en mars (victoire contre le Paraguay, nul contre l'Équateur) ont rassuré le peuple marocain avant le grand saut.

Sept de ces dix sélectionneurs s'apprêtent à découvrir l'ambiance d'une Coupe du monde pour la première fois de leur carrière. Entre la fraîcheur des novices et le flegme des vétérans, la bataille tactique s'annonce d'ores et déjà passionnante pour un continent qui espère briller avec 10 représentants sur la ligne de départ.

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À propos de l'auteur

Mansour LOUM

Mansour LOUM

Rédacteur sportif

Le football africain et ses coulisses. Analyse le niveau et les défis du sport africain.

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