Mondial 2026 : Wahi - Bonny, qui sera le 9 de la Côte d'Ivoire ?

En intégrant Elye Wahi et Ange-Yoan Bonny dans sa liste pour le Mondial 2026, Emerse Faé envoie un message clair. Il faudra batailler dur pour être numéro à la pointe de l’attaque.

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Mondial 2026 : Wahi - Bonny, qui sera le 9 de la Côte d'Ivoire ?

Le poste de numéro 9 est devenu, au fil des années, l’un des plus grands chantiers de la sélection ivoirienne. Depuis le sacre continental de 2023 remporté à domicile, la Côte d'Ivoire peine à retrouver un véritable patron à la pointe de son attaque. La baisse de régime de Sébastien Haller, héros de la CAN 2023, a laissé un vide que personne n’a encore réellement réussi à combler. Dans cette grisaille, Elye Wahi et Ange-Yohan Bonny sont arrivés chez les pachydermes.

Doté d’un énorme potentiel, ils n’ont pour l'instant pas été vus sous leur meilleur angle. L’un, Wahi, a disputé 4 rencontres déjà et Yohan, 2. On a vu la finesse de Wahi et la puissance de Bonny mais Faé n’a pas encore fait un choix définitif sur son titulaire. Wahi part avec les faveurs des pronostics pour être numéro un mais Bonny, en terme de profil, ressemble au 9 type, taillé pour briller avec des ailiers de charme.

Choix cornélien

 Convoqué par Emerse Faé dans la liste des 26 joueurs retenus pour la Coupe du monde 2026, l’attaquant de l’Inter Milan représente aujourd’hui l’un des paris les plus intrigants du football ivoirien. Longtemps évoqué autour des Éléphants sans jamais apparaître officiellement, Bonny s’apprête enfin à découvrir l’univers de la sélection nationale dans le contexte le plus exigeant possible : une Coupe du monde. Une arrivée qui nourrit autant d’espoirs que d’interrogations. Et pour cause.

En Côte d’Ivoire, le poste d’avant-centre n’est jamais un poste comme les autres. Parce qu’il rappelle inévitablement l’héritage laissé par Didier Drogba. Pendant plus d’une décennie, l’ancien capitaine ivoirien a incarné à lui seul la puissance offensive des Éléphants. Un leader, un buteur, un point d’ancrage capable de faire basculer un match sur une action avec ses 65 buts en 105 matches et 12 ans de présence sous la vareuse orange.

Depuis son départ, plusieurs profils ont tenté de reprendre le flambeau sans parvenir à s’installer durablement. Sébastien Haller avait pourtant semblé devenir cette référence tant attendue. Son retour après sa maladie, son impact dans le jeu et surtout son but victorieux lors de la CAN 2023 avaient fini de convaincre les supporters ivoiriens qu’ils tenaient enfin leur nouveau patron offensif.

Mais quelques mois plus tard, la dynamique s’est essoufflée. Moins décisif en club, moins influent en sélection, Haller n’offrait plus les mêmes garanties. Il a été snobé pour ce qui aurait pu être le premier et unique Mondial de sa carrière. Derrière lui, la concurrence peine à convaincre totalement.

Evan Guessan a apporté de l’activité et du mouvement sans véritablement s’imposer comme un finisseur régulier. Vakoun Bayo a eu sa chance, mais sans continuité. Jean-Philippe Krasso, malgré des qualités techniques intéressantes, n’a jamais totalement gagné la confiance du public ivoirien. Même Wilfried Zaha a parfois été repositionné dans l’axe afin de tenter d’apporter une autre animation offensive. Aucun n’a vraiment convaincu.

Un profil qui plaît

C’est dans ce contexte qu’apparaîssent Elye Wahi et Ange-Yoan Bonny. Wahi a disputé 19 matches pour 9 buts et 2 passes décisives toutes compétitions confondues avec Nice (France). Il a montré des qualités de vitesse et d'altruisme face à la Corée du Sud et l'Ecosse en mars 2026 et lors du match amical face à la France le 4 juin dernier, sans être décisif. Il a marqué des points car il a été titularisé à deux reprises sur les quatre dernières sorties des champions d’Afrique 2023.

Bonny, a, lui disputé 47 rencontres toutes compétitions confondues avec 7 buts et 7 passes décisives a la clé sous le maillot de l’Inter Milan (Italie). Il a fait ses débuts officiels avec la Côte d'Ivoire avec les Éléphants face à la France à Nantes (1-2). Il suscite déjà une forte curiosité pour avoir été impliqué sur le but de Amad Diallo. Il correspond, sur le papier, au profil que recherche le football ivoirien depuis plusieurs années.

Grand, puissant, mobile, capable de jouer dos au but, Bonny incarne cette nouvelle génération d’attaquants hybrides. Un joueur capable de peser physiquement sur une défense tout en participant à la construction du jeu. Dans un football moderne où les avant-centres ne se limitent plus à finir les actions, son profil attire naturellement l’attention.

Ses qualités athlétiques sautent immédiatement aux yeux. Très difficile à bouger dans les duels, il possède également une bonne qualité de conservation du ballon. Un aspect essentiel pour une sélection ivoirienne qui aime utiliser des joueurs rapides sur les côtés afin de profiter des espaces créés dans l’axe.

Son jeu aérien représente aussi une arme supplémentaire. La Côte d’Ivoire a souvent manqué d’un attaquant capable de fixer les défenseurs centraux tout en offrant une présence constante dans la surface adverse. Bonny semble pouvoir répondre à ce besoin.

 "Pour moi ces deux profils diffèrent. Chacun avec de bonnes qualités pour le collectif. Wahi un peu plus joueur et qui sait combiner avec les milieux et créer des brèches pour les autres attaquants. Mieux adapté face au bloc bas. Bonny qui prend plus la profondeur, plus athlétique. Adapté à un foot de transition rapide. Donc dans les gros matchs. Pour un match plus ouvert, je préfère Bonny. Pour un match plus fermé Je préfère Wahi. Quoi qu'il en soit, ce sont deux attaquants très altruistes et joueurs. Si c'est pour faire un choix global Je préfère Bonny", analyse Goze Cyrille, consultant sportif sur les chaînes de télévision ivoiriennes.

Au-delà du profil, ces deux joueurs, Wahi ou Bonny, donnent toutefois l’impression d’être des athlètes au potentiel à développer plutôt que des attaquants racés confirmés. Face à l’Equateur, à l'Allemagne et à Curaçao au pays de l'oncle Sam, il leur faudra se revêtir de leur amure de buteurs patentés pour porter les Éléphants haut.

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À propos de l'auteur

Séverin SANH

Séverin SANH

Rédacteur sportif

Journaliste, correspondant SNA en Côte d'Ivoire.

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