Pierre Landry Kaboré : « Je veux vivre la Liga, pas seulement la regarder »
Pierre Landry Kaboré a illuminé le Stade du 4 Août de Ouagadougou d’un éclat rare en signant un triplé décisif face à l’Éthiopie lors de la 10e et dernière journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. L'attaquant des Étalons a non seulement offert une victoire éclatante au Burkina Faso, mais aussi gravé son nom dans les mémoires collectives. Dans cette interview exclusive accordée à Sport News Africa, le héros du match contre l'Éthiopie (3-1) revient sur sa performance historique, décrypte ses ambitions et confie son rêve ultime : fouler un jour les pelouses de la Liga espagnole.
Vous n'avez pas ressenti pas une forme de pression quand vous entrez en jeu à la 62e minute ?
Beaucoup de pression, c’est clair. À 0-0, à l’heure de jeu, le coach mise sur moi pour apporter de la fraîcheur, de la percussion, pour faire basculer le match. Ce n’est pas juste entrer : c’est changer la dynamique. Aussi, c'est ma première fois au Stade du 4 Août, plein à craquer. Tu sens que chaque ballon peut être décisif. Tu joues pour l’équipe, mais également pour l’histoire.
Vous entrez, une ou deux touches, et but. Comment vous expliquez ça ?
J'anticipe déjà la longue balle en cours, et je vois Steeve Yago partir au duel. Au cas où il le remporterait, je me positionne pour être le premier sur le ballon. Et c'est précisément ce qui arrive. Il dépose la balle avec succès, et moi, je conclus l'action en ouvrant le score. Ce un but nous a tous fait du bien.
Sur le deuxième but, l’instinct à lui seul suffit-il à expliquer un geste pareil ?
Disons que l’instinct y est, mais il faut plus de la lucidité et le positionnement comptent autant, être bien placé. Par chance, le ballon me parvient opportunément. Je joue direct, mais pour faire cet enchaînement-là, faut quand-même avoir la technique.
Dans les derniers instants du match, vous scellez un triplé qui entre dans l’histoire...
Il y a Blati Touré qui a le ballon, et je vois que le défenseur est proche de moi. Il était à moins de 10 ou 15 mètres du but. Je me dis : je fais l’appel, Blati c’est le maestro, il va me la mettre pile. Je pars, il me trouve, je gagne le duel pour le triplé. Je n'avais plus de mots.
Parmi vos trois buts, lequel vous a le plus marqué ?
Le premier, sans hésiter. Parce que c’est mon premier but avec l'équipe des Étalons seniors. Tout joueur sait ce que ça fait de marquer pour son pays et quand c’est décisif, c’est encore plus fort. Ce n’est pas que pour moi. C’est pour l’équipe, pour les supporters, pour tous ceux qui croient en nous.
Quelles sont vos émotions après avoir claqué un triplé face à l'Ethiopie ?
Après ce triplé, c'est un sentiment de joie et de fierté. Une grande joie de voir sa famille, le peuple burkinabé heureux à la fin de ce match.
Avec Heart of Midlothian FC, quelles sont vos ambitions pour la suite ?
En club, je veux gagner en régularité dans les matchs. Être le plus performant pour aider l'équipe et mon pays. Viser le titre de champion, ou au minimum une qualification pour les compétitions européennes. Remporter au moins une coupe domestique pour ajouter du trophée à l'armoire.
Vous êtes maintenant du côté de l'Écosse, comment ça se passe là-bas ?
Ça va. On essaie de s'adapter. C'est un nouveau championnat, une nouvelle culture, une nouvelle langue. Je me dis que ça va venir.
Quel est votre championnat de rêve ?
Pour moi, c’est la Liga espagnole, comme je l’ai toujours dit. Mais pas seulement pour le jeu. C’est le soleil, les maillots blancs du Real, les nuits de Camp Nou, le tiki-taka comme une philosophie de jeu. Jouer au Bernabéu, c’est entrer dans l’histoire. Et puis, il y a cette chaleur humaine des supporters. En Espagne, le football, ce n’est pas un sport. C’est une religion. Et moi, je veux être prêtre un jour dans ce temple.
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