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« Un médiocre payé plusieurs millions » : Samuel Eto’o règle ses comptes avec l’ère Marc Brys

Quelques semaines après le parcours des Lions Indomptables jusqu’en quarts de finale de la CAN 2025 sous la houlette de David Pagou, Samuel Eto’o est sorti du silence. Sans jamais nommer Marc Brys, le président de la Fecafoot a asséné un tacle glissé à l'encontre de son ancien sélectionneur.

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« Un médiocre payé plusieurs millions » : Samuel Eto’o règle ses comptes avec l’ère Marc Brys

Le divorce était acté, mais la rancœur, elle, reste intacte. Invité par l’agence Digital B Agency, le patron du football camerounais a profité de la tribune pour justifier sa politique de "camerounisation" du banc de touche avec la nomination de David Pagou. Derrière une réflexion sur la gestion des talents nationaux se cachait une attaque frontale contre le technicien belge, limogé juste avant le coup d'envoi de la compétition continentale.

« Si on peut se permettre de payer plusieurs millions à un médiocre, je pense qu’on peut payer des milliards à un Camerounais brillant […] Je pense juste qu’il y a des égoïstes comme partout qui préfèrent dealer avec des gens qui sont médiocres et le réflexe du médiocre est de bloquer ceux qui sont brillants en-dessous et ça, je ne peux pas l’accepter », a martelé l'ancien capitaine des Lions.

Le « Médiocre » : une cible évidente

Pour Samuel Eto'o, les faits semblent donner raison à son instinct (ou à son égo, diront ses détracteurs). Alors que la nomination de Marc Brys avait cristallisé une crise institutionnelle sans précédent entre le Ministère des Sports et la Fédération, le choix de David Pagou pour le remplacer au pied levé a porté ses fruits avec notamment : une place en quarts de finale de la CAN 2025 et surtout vestiaire soudé, recentré sur le terrain plutôt que sur les joutes administratives.

Si le nom de Marc Brys n’a pas été prononcé, le terme « médiocre » fait écho à une relation qui n'a, en réalité, jamais démarré. Dès l'arrivée du Belge à l'été 2024, le président de la Fecafoot avait dénoncé une nomination imposée. En fustigeant ceux qui « préfèrent dealer avec des médiocres », Eto’o vise autant l’entraîneur que les décideurs politiques qui l'ont soutenu.

Retrospective du bras de fer Fecafoot vs Minsep

L'année 2024 a été marquée par un conflit institutionnel sans précédent entre la Fédération camerounaise de football et le Ministère des Sports (Minsep), sous la tutelle de Narcisse Mouelle Kombi.

1. L'étincelle : la nomination unilatérale (avril 2024)

Le conflit explose le 2 avril, lorsque le ministère annonce, sur « hautes instructions » de la Présidence, la nomination du Belge Marc Brys comme sélectionneur. Problème : Samuel Eto'o n'a pas été consulté. La Fecafoot dénonce une ingérence flagrante et une violation du décret présidentiel de 2014 qui régit l'organisation des sélections nationales.

2. Le clash de Tsinga (aai 2024)

La tension atteint son paroxysme lors d'une séance de travail au siège de la Fecafoot. Une vidéo devient virale : on y voit Samuel Eto'o expulser fermement un représentant du ministère et avoir un échange verbal musclé avec Marc Brys.

« Je suis le président de la fédération ! Ici, vous ne faites pas la politique, c'est moi qui décide ! » — Samuel Eto'o à Marc Brys.

3. Deux sélectionneurs, deux staffs techniques (juin 2024)

Pendant plusieurs semaines, le Cameroun se retrouve avec deux staffs techniques distincts pour une seule équipe : celui nommé par le Ministère (autour de Marc Brys) et celui nommé par la Fecafoot. La confusion est totale lors des matchs éliminatoires du Mondial 2026 : disputes sur le choix de l'hôtel, l'accès au bus des joueurs et même les équipements d'entraînement.

4. Le bras de fer logistique

La Fecafoot tente de reprendre la main en refusant de valider certaines démarches administratives (accréditations, logistique FIFA). De son côté, le ministère s'appuie sur le Trésor Public pour financer directement les opérations, contournant la fédération.

5. L'épilogue : le virage vers la CAN 2025

Après des mois de paix armée et de résultats sportifs mitigés avec comme finalité l'élimination en barrages africains du Mondial 2026, Samuel Eto'o finit par obtenir gain de cause sur le principe de la souveraineté technique. S'en suivent le limogeage de Marc Brys juste avant la CAN 2025 et son remplacement par David Pagou.

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À propos de l'auteur

Malick BAMBA

Malick BAMBA

Rédacteur sportif

Le sport africain au quotidien, ces belles histoires et polémiques en tous genres.

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