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JO-2021 : dix choses à savoir sur le Burkinabé Fabrice Zango

Le Burkinabé Hugues-Fabrice Zango offre au Burkina sa première médaille olympique.
Le Burkinabé Hugues-Fabrice Zango offre au Burkina sa première médaille olympique.

1. L’intitulé de sa thèse. Hugues-Fabrice Zango est doctorant de l’université d’Artois à Béthune, dans le Nord de la France. Sa spécialité : génie électrique. Son sujet de thèse : «Machine électrique performante à rotor externe et convertisseur intégré pour application en environnement sévère.» Traduction de Zango : «Disons que je travaille au dimensionnement de machines électriques, pour des systèmes de convoyeurs soumis à de fortes contraintes, notamment thermiques, qui n’existent pas encore.»

2. Major de promo. Le triple sauteur burkinabé était major de sa promotion en Master 1 et en Master 2. Une performance qui a poussé le directeur de l’Institut universitaire technologique de l’université d’Artois, Jean-Philippe Lecointe, à l’enrôler pour le doctorat. «Je n’ai donc pas hésité. Une de mes missions est de recruter des jeunes très pointus», raconte Lecointe qui dirige la thèse de Zango.

«Si je devais choisir entre recherche et sport, je choisirais la recherche.»

3. «Émotions sous contrôle». Après sa médaille olympique (bronze) aux JO 2021, la première de son pays, le Burkinabé ne s’était pas montré particulièrement enthousiaste. Il était déçu. «Ce n’est pas la médaille que je voulais», a-t-il confessé. Mais même paré d’or, Zango aurait pu se garder d’étaler sa joie. C’est une question de tempérament. Qui amuse sa compagne, Iris. «Allez, mais souris ! l’encourageait-elle au moment de la séance photo pour le portrait que L’Équipe Mag lui a consacré en février dernier. Vous avez vu, c’est comme après son record du monde (quelques semaines plus tôt, Ndlr), on avait l’impression d’être plus heureux que lui.» Le mis en cause plaide coupable. Assume : «J’aime garder mes émotions sous contrôle. Et puis je pensais déjà à la suite.»

4. Scientifique d’abord. Entre ses deux vies, au laboratoire et dans le bac à sable, son cœur ne balance pas. Le choix est évident pour lui : «L’une est l’échappatoire de l’autre. Laisser de côté mes études parce qu’on est en année olympique, je ne peux pas. Si je devais choisir entre recherche et sport, je choisirais la recherche. Le sport, à la base, c’est pour le plaisir, pas pour m’enrichir. Au bout de trois semaines à ne faire que m’entraîner, je m’ennuie. Je l’ai dit à Teddy (Tamgho, son coach, Ndlr) et il l’a compris...»

5. Tamgho, le modèle. Avant d’être son coach, Teddy Tamgho était le modèle de Fabrice Zango. Des milliers de kilomètres séparaient le jeune lycéen burkinabé et l’ex-champion du monde (2013) de triple saut. Le premier défilait «au cyber» (pas de wifi à la maison) à Ouagadougou pour télécharger dans une clé USB les sauts du second. Histoire de les décortiquer. L’élève finira par dépasser le maître. En février dernier, il a, en effet, battu son record du monde en salle (18m07).

«Je ne voyais pas ce que j’avais à gagner avec l’athlé.»

6. Parents. S’ils n’ont jamais cherché à éteindre la passion de leur fils pour l’athlétisme, les parents de Zango ont toujours été clairs à propos de l’ordre des priorités entre les pistes et l’école. Seules les études importaient pour le papa, agent des impôts, et la maman, enseignante. Ça tombait bien. Le champion burkinabé était sur la même longueur d’onde : «Je ne voyais pas ce que j’avais à gagner avec l’athlé.»

7. Né en 2011. Zango, qui était à fond dans les études, a découvert l’athlétisme grâce à une compétition entre lycées organisée chaque année à Ouaga. Il s’inscrit. Tape dans l’œil des responsables nationaux. Qui harcèlent ses parents de coups de téléphone pour les convaincre d’inscrire leur fils. Ces derniers laissent la décision à l’intéressé. Un champion était né. C’était en 2011.

8. «Orgueil piqué». Si Fabrice Zango maitrise son art, c’est certes grâce aux vidéos qui lui permettaient de décortiquer la répartition des bonds de Tamgho. Mais il y a en plus quelque chose de plus personnel. Lorsqu’il débutait le triple saut, le futur médaillé olympique se faisait battre par des filles. «J’avais à peine 18 ans, mon orgueil a été piqué, rembobine-t-il. J’ai passé tout l’été à sprinter et sauter tous les jours. En autodidacte.» La suite est connue.

«Je lui vois trois carrières : une sportive, une scientifique et une politique.»

9. Surnom. «Jiren, c’est son surnom dans le groupe.» Une confession signée Tamgho, coach du champion burkinabé. Commentaire de L’Équipe mag: «C’est vrai que Zango (1,80 m, 78 kg) ressemble au personnage de Dragon Ball, une force brute à déplacer les terrils. Quand on le regarde rebondir, on éprouve presque de la peine pour la piste.»

10. «Président». L’agent de Zango, Benjamin Soreau, est convaincu que son protégé dirigera son pays, le Burkina Faso. D’où le titre qu’il lui colle : «Président». Le directeur de thèse du doctorant ajuste : «Je lui vois trois carrières : une sportive, une scientifique et une politique.» Avis de l’intéressé : «Évidemment, avec autant de personnes qui comptent qui me le disent... J’ai des idées, on verra, il me manque une tribune...»

B. N.

 

 

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