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Sénégal : Le rugby féminin à XV débarque dans l’effervescence

Sénégal - Rugby à XV

La base militaire de Hann Bel Air sera ce dimanche le théâtre d’un moment historique pour le rugby sénégalais, à partir de 14h00.  Pour la première fois de l’histoire, les joueuses vont disputer leur tout premier match de rugby à XV. La catégorie reine de ce sport à côté du XIII et du VII.

« Faisant partie des pionnières de l’équipe nationale à 7, c’est aujourd’hui un immense plaisir de participer pour la première fois au rugby à XV et de faire partie des premières femmes à relever ce défi, s’est réjoui la 3/4 centre, Ndéye Marième Thiombane. J’ai hâte d’arriver au jour-j. Certes, c’est une découverte mais c’est aussi la même passion du rugby » ajoute-t-elle.

Le rugby féminin, priorité de World Rugby

Leader en Afrique de l’Ouest dans le rugby féminin à 7, le Sénégal aspire à se positionner comme une locomotive à XV dans la sous-région. Le rugby féminin, devenu le cheval de bataille de Rugby Afrique à travers le programme « Unstoppable Africa » afin de promouvoir et dynamiser le rugby féminin sur le continent. La fédération sénégalaise de rugby (FSR) décide alors de s’inscrire dans cette logique de développement du rugby dames, elle qui s’active déjà dans la promotion du genre.

« Au Sénégal, nous avons décidé de développer le rugby féminin pas seulement à Dakar, mais dans les régions où nous avons un vivier énorme avec un fort potentiel » informe Anna Preira, responsable du rugby féminin à la FSR. Avant de poursuivre : « Il y a des filles très motivées. En Casamance (ndlr : région du Sud) notamment, dans le Saloum (ndlr : région centre du pays) où nous avons des filles très athlétiques, performantes et qui ne demandent qu’à s’investir dans une activité sportive »

Le manque de moyens, un obstacle pour lancer la sélection à XV

Le Sénégal possède depuis quelques années un championnat féminin de rugby à 7 avec une équipe nationale classée dans le Top 10 africain. Le rugby à XV a des spécificités contraignantes qui ont retardé la mise en place de cette sélection féminine. « Si ça ne s’est finalement fait qu’en 2021, c’est parce qu’on s’est heurté aux manques d’infrastructures, de moyens, de compétition, on a des contraintes au niveau logistique, de l’environnement » explique Fatoumata Ba, ¾ du club à 7 de l’Entente Guédiawaye Yembeul.

La nouvelle orientation des instances internationales du rugby a boosté les énergies un peu partout en Afrique pour développer le rugby féminin. « Cette année, la confédération africaine de rugby a décidé de changer la formule en dynamisant sur le XV. Nous allons essayer d’aligner une équipe à XV correcte et qui puisse rivaliser avec les meilleures nations africaines » insiste celle qui a été désignée capitaine de la future sélection à XV.

Malgré la volonté affichée de la fédération sénégalaise, ce projet pourrait étouffer sans un accompagnement conséquent pour prendre part à plus de compétition. « Nous n’avons clairement pas assez de compétitions internationales. Nous nous heurtons à la barrière de la distance. Si on veut vraiment rivaliser et se confronter aux équipes qui nous aideront à progresser, il faudrait qu’on se déplace jusqu’en Afrique de l’Est, en Afrique du Sud, mais les moyens ne suivent pas. C’est très difficile » reconnaît la responsable du rugby féminin Anna Preira, par ailleurs membre de la commission consultative de Rugby Afrique et membre de World Rugby en qualité de formatrice médicale.

Mise en place d’un championnat féminin à XV pour la pérennisation

L’effervescence autour du rugby féminin est en soi une bonne chose. Une énergie positive qu’Anna Preira espère capitaliser. « C’est une des priorités de la fédé. On compte développer le championnat de rugby à 7 dames qui n’existait pas avant. En plus du 7, on devrait lancer le championnat féminin à XV avec une extension dans les régions pour toucher encore plus de filles possibles. Essayer d’organiser plus de manifestations dans les régions. Les joueuses ne manquent pas, l’engouement, l’engagement et la motivation ne manquent pas. »

La FSR déploie déjà une stratégie de décentralisation pour augmenter son échantillonnage et gagner plus de licenciés. « Nous avons été à Kaolack où nous avons accueilli une cinquantaine de jeunes filles avec qui on a passé une journée très enthousiaste. Également à Thiès dans le village de Anéne, dans les lycées, à Pout Ndiack, Toubatoul (ndlr : villages de la région de Thiès). On a aussi implanté le rugby à Simal dans la région de Fatick. Notre objectif c’est de toucher le maximum de localités à travers le territoire », renseigne Anna Preira.

Le lancement de cette première équipe nationale féminine à XV pousse à beaucoup d’optimisme chez la responsable du rugby féminin à la FSR. « Comme avec le rugby à 7, la sélection à XV est programmée pour avoir le leadership en Afrique de l’Ouest. Et pourquoi pas se positionner dans le Ranking international. Essayer de rivaliser avec les équipes comme l’Ouganda, l’Afrique du Sud, la Tunisie ou encore le Kenya. »

Ce premier match de l’équipe nationale de rugby à XV ce dimanche, sera un véritable moment d’histoire pour le rugby sénégalais dans sa globalité avec en point d’orgue les qualifications à la prochaine coupe d’Afrique féminine de rugby.

Moustapha M. SADIO

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