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Basket marocain: A quand la fin du "time out" ?

Y a-t-il un meneur sur le parquet ? Rassurez-vous, nous ne parlons pas de jeu proprement dit, mais de la situation du basket marocain. Depuis presque deux ans, ce sport navigue à vue. Entre le championnat annulé, une Fédération dissoute et qui tarde à se remettre en place, l’attente interminable des joueurs et coachs… rien ne va. Décryptage.

Il fut un temps où le basket marocain faisait partie des références sur le continent. Les clubs étaient organisés, attiraient des talents subsahariens (Ivoiriens, Sénégalais, Rwandais, Gabonais…), et même quelques joueurs américains. Cette organisation se reflétait d’ailleurs sur le niveau de l’équipe nationale. Mais ça, c’était avant.

Ce sport subit une traversée du désert sans précédent depuis deux ans. Les clubs sont dans l’expectative en attendant un retour en activité. Hélas, cela ne fait pas l'affaire des joueurs en manque de compétition, et parfois même de revenus pour la grande majorité. Le problème vient surtout de la Fédération royale marocaine de basketball (FRMBB).

Mal de tête

Un comité provisoire avait été mis en place, après les remous qui avaient conduit à la dissolution de la FRMBB. A l'origine de cette décision, des soupçons de mauvaise gestion et un conflit ouvert entre le président de l’époque, Mustapha Aouach, et quelques clubs (Ittihad de Tanger, Chabab d’El Ouatia de Tan-Tan, Moghreb de Fès, Wydad de Casablanca et Amal d’Essaouira). Mais coup de théâtre: Abdelmajid Boura, chargé de conduire cette phase de transition, rend les armes six mois seulement après sa nomination. En cause, des guéguerres entre responsables. Résultat, les dirigeants n’arrivent toujours pas à s’entendre sur la manière dont le train devra reprendre sa marche.

Outre la gestion financière, un autre point de discorde concerne le format du championnat. Il se joue à 12 équipes, compliquant les déplacements de certains clubs, selon Mambaye Lô, joueur rompu aux joutes du championnat. "Vu les déplacements compliqués du Nord au Sud, il a été décidé de créer deux zones, l’une allant de Casablanca à Tan-Tan, l’autre de Rabat à Oujda. Cela permet d’éviter les longs déplacements aux équipes".

Lô est un basketteur sénégalais passé par plusieurs clubs marocains: Kénitra Athletic Club, Fath Union Sport de Rabat, Sport Plaza Casablanca, Mouloudia d’Oujda. Actuellement au Chabab El Ouatea de Tan-Tan, il déplore l’immobilisme actuel. 

"Nous ne sommes pas dans la meilleure situation sportive en tant que joueurs, car nous ne jouons pas depuis plusieurs mois. L’année dernière, il n’y a pas eu de championnat par exemple. Des problèmes au niveau de la Fédé empêchent la tenue des différentes compétitions au niveau national".  

Pire, cette situation pousse des joueurs d’un très bon niveau à chercher d’autres issues, notamment des équipes de 3e division en Europe.  C’est le cas notamment de l'ailier fort de l’AS Salé, Mohamed Choua. Le capitaine de la sélection marocaine a rejoint l’Etoile Angers Basket (EAB), en 3e division française. Une grosse perte pour la ligue.

Peu de remèdes

"La situation est mauvaise, voire catastrophique", insiste, de son côté, Soufiane Nadim. L’international marocain est un pur produit du Fath Union Sport de Rabat (FUS), club le plus titré du Royaume avec ses 17 championnats et 9 coupes du Trône. Il pointe également du doigt la Fédé.

"Ces problèmes vont se refléter négativement sur les joueurs. Nous jouons ce sport parce qu’avant tout, nous sommes des passionnés. Mais nous sommes en manque de compétition vu que le basket est un sport de répétition".

Nadim ajoute sur un ton dépité que les joueurs font face à des difficultés financières. "Sur le plan financier, la plupart des joueurs gagnent leur vie via le basket. Durant les deux dernières années, deux voire trois équipes ont essayé de trouver solutions pour les joueurs. On pourrait dire aujourd’hui que 80% des joueurs vivent des situations difficiles. On ne peut même plus parler de volet financier, car 10 à 15% des clubs ont peut-être été réguliers, sur le plan des salaires, avec leurs joueurs".

Il est cependant difficile d’avoir plus de détails concernant le versement des salaires. Pourtant, Nadim, jadis meilleur cadet du Maroc, insiste. "Beaucoup de formules ont déjà été essayées pour reprendre les choses en main. Mais ça ne marche toujours pas. Il faut continuer de se parler. Seul l’amour qu’on a pour ce sport peut le faire avancer. Toutefois, tant que ceux qui dirigent ne sont pas d’accord entre eux, ce sera difficile pour que les choses marchent. Il faut penser au futur et aux jeunes qui vont venir après la génération des Najah, Zouita, Khalfi…".

Déliquescence

A l'unisson, Soufiane Nadim et Mambaye Lô pestent contre la déliquescence du basket au Maroc. "Il y a 7 ou 10 ans, notre basket était organisé, les matchs étaient diffusés, le championnat avait des sponsors. Ceux qui dirigeaient étaient passionnés, maintenant ceux qui sont là cherchent peut-être des intérêts autres que ceux liés proprement au basket".

Pourtant, durant le dernier Afrobasket, le Maroc était classé 4e avec les grandes nations de basket comme le Nigeria, la Tunisie et le Sénégal. Les Lions de l'Atlas avaient fait douter le futur champion tunisien en demi-finales (60-52). "Malheureusement nous ne profitons pas de cette réussite obtenue dans des conditions très difficiles pour aller de l’avant".

Il faut le rappeler, la préparation n’a pas été au top, mais le Maroc s’en était bien sorti pour passer encore un cap. "Si les conditions étaient meilleures, on aurait pu voir le Maroc jouer une Coupe du monde comme la Tunisie ou décrocher une médaille".

"Chaque dirigeant accuse un autre, alors que tous devraient oublier ces problèmes-là et avancer. Nous sommes dans un cercle vicieux", regrette aussi le joueur sénégalais.

Rebond?

Sans langue de bois, Soufiane Nadim reconnaît qu’il y a un "échec". "Mais nous ne sommes pas morts", prévient-il. "Il faudra s’appuyer sur ce qui avait été fait avant" pour reconstruire les bases d’un basket solide.

"Pendant le confinement imposé par la Covid19, les anciens joueurs et entraineurs ont d’ailleurs pu bouger en discutant pour sauver la situation". Via les visioconférences, plusieurs coachs, dirigeants et anciens joueurs ont échangé sur divers sujets, notamment la formation. Il faudra rebâtir à plusieurs niveaux pour relancer un sport en perte de vitesse.

Pas moyen d’entrer en contact avec des coachs et responsables du basket toutefois, malgré plusieurs relances.

Néanmoins, cette instabilité fédérale ne plombe pas tout. Ainsi, des clubs comme l’AS Salé ont pu tirer leur épingle du jeu ces dernières années, grâce aux nombreux talents comme Abderrahim Najah et Abdelhakim Zouita. L’équipe a d’ailleurs remporté les 5 dernières éditions du championnat (7 titres au total) et la Coupe du Trône (11 titres). Par ailleurs, elle a décroché le graal en Coupe d’Afrique des clubs, en 2017, avant d’être finaliste deux ans plus tard.

Momo HADJI

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