Bleu Charlemagne dévoile les secrets du Maracana

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Bleu Charlemagne dévoile les secrets du Maracana

 

 

Le Président de la Fédération Ivoirienne de Maracana et Disciplines Associées (FIMADA), par ailleurs patron mondial de ce sport, dresse le bilan des dix ans de sa gestion. Bleu Charlemagne, également commissaire de police, se confie, en exclusivité, à SNA. 

Bleu Charlemagne, avec le recul, êtes-vous satisfait de la saison 2020 de votre fédération?

Je peux dire grosso-modo que je suis satisfait. Et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, Dieu faisant grâce, tous mes collaborateurs se portent bien après la phase finale. Malgré la pandémie à Coronavirus qui a interrompu notre championnat depuis le 16 mars 2020, à l’instar des autres disciplines sportives. Ensuite, nous sommes allés au terme de notre compétition phare qui était à sa 11e journée au moment où l’interruption est intervenue. Ce qui a permis de connaître le nouveau champion, le Bélier Maracana Club de Yamoussoukro (BMCY). C’est la première fois que ce club monte sur le podium. Enfin, la Super Division qui s’est déroulée pour la première fois à Gagnoa (Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire) a été une réussite totale. Avec 72 clubs qui ont pris part à ce championnat, nous avons pu établir un classement national. 

Mais avez-vous eu des difficultés financières du fait que le Covid-19 a empêché les sponsors d’être réactifs?

Bien entendu! C’était prévisible. Les difficultés ont été réelles pour ces sponsors qui font un gros effort pour nous accompagner. Il faut reconnaître que cette crise sanitaire a été un gros handicap pour tout le monde. Nous avons donc tout compris. Mais ce n’est que partie remise. Je suis sûr et certain que l’année prochaine, tout pourra rentrer dans l’ordre.

Cette année, vous avez fêté les dix ans de votre fédération. Que peut-on retenir de cette décennie ?

Effectivement, cette année marque les dix ans de notre fédération. Il faut d’emblée noter que la fête s’est déroulée essentiellement sur le plan sportif. Il n’y a pas eu de cérémonie à proprement dit, à cause de la crise sanitaire que nous connaissons tous. Cela dit, je retiens que nous avons atteint la maturité. Et justement nous avons décidé d’organiser bientôt un séminaire pour dégager les acquis et les perspectives.

Pour nos lecteurs de SNA, pouvez-vous définir en mots simples ce que c’est que le Maracana, cette discipline sportive qui gagne du terrain ?

Je voudrais, avant tout, préciser que le Maracana est une discipline sportive créée par les Ivoiriens. Le terme Maracana a été emprunté au Brésil où des étudiants ivoiriens avaient été envoyés par notre premier Président de la République, Feu Félix Houphouët-Boigny pour des vacances studieuses.

Sur le plan technique, c’est une discipline sportive dérivée du football qui se joue au minimum à quatre contre quatre. Et au maximum, à six joueurs contre six. Sur un terrain de dimension similaire à celle du hand-ball. Les mesures peuvent être du 18 / 36 ou 20 /40 ou 22 / 44 en largeur et longueur.  On joue sans gardiens de but. Le but n’est validé que lorsqu’il est marqué dans la zone de but. Cette zone communément dénommée 5 m 50 ou 6 m. Le penalty se tire dans les poteaux vides à partir du centre du terrain. Soit, le ballon rebondit une seule fois dans la zone de but avant de rentrer dans les poteaux, soit, vous marquez directement dans les poteaux. Et puis, il n’y a penalty que quand un joueur manie le ballon dans la surface de réparation.

Enfin, vous devez retenir que le Maracana est certes du jeu, mais, avant tout, c’est un état d’esprit. C’est la Convivialité, la Fraternité et l’Amitié (CFA). Ici, il n’y a aucune différence entre un ministre, un haut cadre, un balayeur et un chômeur… Tout le monde se respecte et s’entraide. C’est ça la différence entre notre discipline et les autres.

Qu’est-ce qui a provoqué l’exclusion du Maracana de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF)? Alors que vous faisiez partie de la 18e Commission permanente de cette fédération ?

Le Président de la FIF d’alors, Jacques Anouma, qui avait la volonté de valoriser le Maracana (à l’instar du Beach Soccer et du futsal) a été obligé de baisser pavillon. Parce que, la FIFA lui a demandé de ne plus considérer notre discipline comme faisant partie du sport. Elle l’a qualifiée de loisirs, parce qu’elle ne privilégie pas les gardiens de but. Face à cette situation d’abandon, nous avons pris notre destin en mains. Nous avons introduit notre dossier au Ministère des Sports. Finalement, le ministre d’alors, feu Dagobert Banzio, a validé notre fédération le 6 janvier 2010.

Comment vous est venue l’idée de créer une fédération internationale de Maracana?

C’est exactement en mai 2015 que cette Fédération Internationale de Maracana Association (FIMAA) a vu le jour à Lomé (Togo). Mais, cela s’est préparé depuis 2010. C’est nous qui avons invité, par la suite, nos frères des pays du Conseil de l’Entente pour mettre en place les bases de cette fédération mondiale. Nous avons commencé par organiser une Coupe d’Afrique des Nations (CAN) chaque année, dont la première édition a eu lieu en 2012 à Yamoussoukro.

Unanimement, nous avons décidé de passer directement à une fédération mondiale au lieu d’une Confédération africaine par souci de promotion internationale de notre discipline qui était méconnue véritablement dans le monde.

Et vous avez été élu à 100% Président de la FIMAA pour un mandat de dix ans. Après plus de 5 ans, quel bilan en tirez-vous ?

Nous pensons que notre bilan est positif. Nous continuons à mettre en place les structures adéquates. Nous avons ouvert la CAN aux joueurs des autres continents notamment la France, le Canada, les Etats-Unis, la Chine…pour leur donner l’envie aussi de pratiquer cette discipline. Nous devions organiser notre premier Mondial au Canada en septembre dernier. Malheureusement, l’effet Covid-19 nous en a empêchés. Le bilan sportif est donc satisfaisant. Sur le plan administratif, nous avons signé avec l’Etat de Côte d’Ivoire, un accord de siège à Abidjan. Nous sommes donc en train de nous battre pour construire le siège de la FIMAA dans la métropole ivoirienne.  

Propos recueillis par Jean-Claude DJAKUS

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