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COVID-19: Le mental confiné des sportives

Face au Covid-19, certaines fédérations sportives choisissent de reprendre les compétitions masculines et pas celles féminines. Des décisions dictées à tort ou à raison par un réalisme empreint de sexisme, et dont l'impact n'est pas sans importance sur la carrière des femmes concernées. Illustration avec deux sportives malgaches que SNA a rencontrées.

Premières dames ?

La crise sanitaire actuelle met au pied du mur tous les acteurs du sport. Entre ambitions cahotées et réorientations progressives, la pandémie use le mental des sportifs et les met dans le doute total. A Madagascar, une championne de demi-fond et de fond, Mbolatiana Ramiandrisoa, ainsi qu’une basketteuse, Valérie Rasoarivolatiana sont dans le lot. Leur vie en mode confinement les plonge dans la démotivation et la peur pour l'avenir.

Alors que dans certains pays, des entités sportives songent à ne reprendre que les compétitions masculines après le confinement, c’est loin d’être le cas pour la fédération malagasy d’athlétisme dirigée par une femme depuis 2013.

Traditionnellement, les compétitions, hommes et femmes, sont organisées ensemble. Rien ne va donc changer, selon la présidente Norolalao Ramanantsoa: «En ce qui concerne l’athlétisme, les compétitions hommes et femmes se tiendront toujours simultanément. A la reprise, il n’est pas question de les dissocier».

En attendant cette reprise tant espérée, les athlètes essaient tant bien que mal de garder la forme, ce qui est loin d’être évident. Mbolatiana Ramiandrisoa n’a plus connu de compétitions depuis le cross-country du mois de février à Antsirabe, où elle avait fini deuxième. Double médaillée d’or des Jeux des Iles de l’Océan Indien 2019 à l’île Maurice sur 1500 m et 3000 m steeple, la jeune femme de 24 ans essaie de s’entraîner seule à domicile. Cependant, la sociétaire du club Cnaps Sport, depuis 2014, a peur que cela ne suffise pas pour lui assurer les meilleures performances de retour sur la piste. «En ce temps de confinement, mon coach m’envoie un planning d’entrainement que j’essaie de suivre à la lettre. J’effectue 2 à 3 séances de footing hebdomadaire, je renforce mes muscles et je travaille mes abdos. Cependant, je ne peux pas m’évaluer tant que je ne concours pas», confie Ramiandrisoa.

L'athlète malgache Mbolatiana Ramiandrisoa

L’athlète est détentrice du record de l’Océan Indien du 3000 m steeple avec un temps de 10’52’’04. Mais elle a des ambitions plus grandes et vise les Jeux Olympiques. Elle reconnait cependant que cela ne se fera que par le travail et les compétitions. Hélas, Mbolatiana regrette que la pandémie Covid-19 a causé l’annulation du Meeting de la Réunion censé se tenir en ce mois de mai 2020.

Néanmoins, elle reste positive face à la situation. «Je vis encore avec mes parents, et je me prépare pour un examen officiel. J’ai la chance d’avoir encore ma famille pour me soutenir. Et le côté positif du confinement, c’est que cela a permis à la famille de ressouder les liens», se rassure-t-elle.

Basketball : reprise ou saison blanche ?

La basketteuse Valérie Rasoarivolatiana

Du côté du basketball, la question de genre ne se pose pas non plus pour le moment. Même si la fédération de basket (FMBB) reconnaît que la catégorie féminine n’égale pas encore celle des hommes en termes de spectacle, de niveau et d’enjeux, elle compte organiser toutes les compétitions nationales. Toutefois, le doute s’installe encore au niveau des dirigeants locaux par rapport à la tenue ou non de la saison. «La FMBB avait effectué une réunion par visioconférence la semaine dernière. 60% des personnes impliquées optaient pour la reprise des compétitions après le confinement, et ce en accord avec l’Etat. En revanche, 20% d’entre eux préféreraient vivre une saison blanche», déclare la responsable de la communication de l’entité, Mihary Randriana. 

La situation préoccupe les premiers acteurs concernés. La basketteuse Valérie Rasoarivolatiana, par exemple, reconnait que le contexte commence à lui peser psychologiquement, au point de la démotiver à vouloir retourner sur le parquet. «Notre championnat était censé se dérouler à Fianarantsoa à partir du 22 mai 2020. Notre club qui vise le titre a misé sur le renforcement de l’effectif et une préparation bien entamée au mois de mars. Malheureusement, la décision de l’Etat de suspendre toutes les activités sportives sur tout le territoire le 20 mars a coupé notre élan. Au début, nous avions pensé qu’il s’agissait d’une petite pause ne dépassant pas 15 jours. Mais cela a continué, nous aurons bientôt 2 mois d’arrêt. J’ai honnêtement perdu toute motivation de revenir sur le terrain. Je n’ai même plus assez de volonté pour m’entraîner en attendant la reprise. Et maintenant, j’ai gagné du poids».

L’ailière fort du club Ankaratra admet que le confinement a changé son rythme de vie. Transfuge du club MB2ALL, la jeune basketteuse se désole que sa forme physique a pris un coup. «Effectivement, je m’entraîne un peu, mais pas assez, à raison de 60 mn d’exercice tous les 2 jours», a-t-elle confessé.

A la différence de l’athlète Mbolatiana, principalement focalisée sur l’athlétisme et qui rêve des Jeux Olympiques, Valérie a déjà une vie active en dehors du parquet. En effet, en plus de travailler à temps plein dans un service rattaché au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, elle apprend également le basket à des enfants issus de 7 écoles primaires publiques (EPP) d’Antananarivo dans le cadre du projet SEPA financé par la fondation Real Madrid. Ce projet est cependant en stand-by en attendant la reprise définitive des écoles à Madagascar. «Si la FMBB décide de faire jouer le championnat, je répondrai présente pour mon club. Le cas échéant, je m’entraînerai quotidiennement avec l’équipe vers 16h. Je pourrai balancer avec mon travail», tient-elle néanmoins à rassurer. Rien ne garantit pourtant qu’une fois revenue sur les terrains, elle puisse donner son maximum aux côtés de ses coéquipières. 

Le club d’Ankaratra vit sa deuxième année consécutive dans la division Elite (N1A), après avoir pris la troisième place lors du précédent championnat. Pour cette année, les dirigeants du club ambitionnent de monter sur la plus haute marche du podium. Et  Valérie a été recrutée justement pour aider Ankaratra à monter au sommet.

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