Djibouti apprend à ne plus perdre

Sport News Africa

100% Africain, 100% Sport !

A la UneActus FootballFlash InfosFootballUNE

Djibouti apprend à ne plus perdre

Longtemps, Djibouti n’a quasiment connu que la défaite. Mais l’arrivée du Français Julien Mette, en 2018, a radicalement changé le cours des choses.

Le 15 novembre dernier, la sélection djiboutienne est revenue d’un long déplacement au Cameroun. Elle avait affronté à deux reprises la sélection nationale locale (1-2, 1-1), en pleine préparation pour le CHAN. A priori d’une banalité confondante, cette réalité prend une toute autre dimension quand on prend la peine de consulter les archives renvoyant aux résultats des Requins de la Mer Rouge. «Par le passé, nous ne disputions quasiment jamais de matchs amicaux, on jouait alors contre la Somalie. On ne jouait que pour les qualifications pour la Coupe du Monde, la CAN, le CHAN, ou pour participer à la Coupe de la CECAFA. Jouer contre le Cameroun, chez lui, c’est quelque chose qui n’était pas possible avant», explique Mohamed Bourhan, le défenseur de l’AS Port et vice-capitaine de la sélection. «L’arrivée de Julien Mette, notre sélectionneur, a tout changé».

Sortir des bas-fonds du foot africain

Le jeune technicien français (36 ans) a permis à cette machine à perdre qu’était Djibouti de sortir des bas-fonds du football africain. Pourtant, son CV se limitait aux moins de 15 ans de Libourne-Saint-Seurin, quand le club girondin évoluait en Ligue 2, et à deux expériences au Congo, d’abord à Tongo puis à l’AS Otoho.

Nommé en janvier 2019, d’abord en tant que sélectionneur des moins de 17 ans, Julien Mette a hérité des A en mars. Il débute dignement sa mission avec un succès (1-0) face à la Somalie en amical le 21 juillet 2019. «Djibouti n’avait plus gagné depuis mars 2017 (2-0 contre le Soudan du Sud), restait sur une suspension par la CAF. La volonté du président de la fédération, c’était de sortir de cette spirale de la défaite. J’ai donc mis en place un programme, avec un changement de méthode : travailler tous les aspects –technique, tactiques, physique, déplacements, replacements – organiser des stages fréquemment, puisque j’ai 90 % de locaux, faire des oppositions, des matchs amicaux. Et sortir de cette culture de la défaite, en faisant comprendre aux joueurs que ne pas être grand et costaud n’était pas un handicap», résume Julien Mette.

Une sélection composée de 90 % de locaux

En septembre 2019, les Djiboutiens gagnaient le droit de poursuivre leur parcours en qualifications pour la Coupe du Monde 2022 en éliminant l’Eswatini (2-1, 0-0). Un mois plus tard, ils échouaient aux tirs au but face à la Gambie (1-1, 1-1) au tour préliminaire des éliminatoires de la CAN 2022. «Malgré l’élimination, je considère que ces deux matchs face aux Gambiens, dont beaucoup évoluent en Europe, sont des références. Nous savons aujourd’hui que nous sommes capables de rivaliser et de poser des problèmes à des équipes plus fortes que nous», reprend Mohamed Bourhan. Déjà, des confrontations s’annoncent, à partir dès juin prochain, face à l’Algérie, le Burkina Faso et le Niger sur la route du Qatar. «Nous savons très bien que ce sera difficile, mais nous avons hâte de jouer ces sélections», ajoute le défenseur international.

Julien Mette, quant à lui, va profiter des prochains mois pour étoffer son effectif. Pour l’instant, la sélection djiboutienne est composée à 90 % de locaux: elle comprend juste deux joueurs évoluant à l’étranger. Il s’agit de Warsama Hassan au SKF Sered (Slovaquie, Ligue 1) et Haroun Kadamy à La Louvière (Belgique, Division 3). «Je cherche afin de trouver des binationaux. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais organisé un stage de détection à Paris à l’été 2019», explique Mette. Mais l’annulation de la Coupe de la CECAFA va mettre au repos forcé les Requins de la Mer Rouge au plus tard jusqu’aux prochaines dates FIFA, en mars prochain. Traditionnellement, ce tournoi se déroule en novembre ou en décembre.

Alexis BILLEBAULT

WP Twitter Auto Publish Powered By : XYZScripts.com