Côte d'Ivoire : casse-tête pour un numéro 10 chez les Eléphants

À la CAN 2025, la Côte d’Ivoire a souvent aligné des profils similaires au milieu de terrain en jouant davantage sur l’impact physique que sur la maîtrise technique. Au Mondial 2026, Emerse Faé pourrait miser plus sur un maestro, capable de donner le tempo et réguler les phases offensives.

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Côte d'Ivoire : casse-tête pour un numéro 10 chez les Eléphants

C’est fait. Faé Emerse a tenu parole. A quelques semaines de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur des Eléphants de Côte d’Ivoire n’a plus le temps de tergiverser. Il met toutes les chances de son côté en allant chercher les meilleurs joueurs ivoiriens dont Yann Gboho, actuellement en feu avec Toulouse en Ligue 1 Française.

En Mars, l’ancien joueur de Nantes avait promis rencontrer le natif de Man. "On est en contact avec lui depuis 2022. Yann était déjà dans le projet U23. Il n’avait pas eu l’opportunité de venir parce qu’il avait eu des soucis athlétiques. Son entourage a pris contact avec moi. On aimerait bien discuter avec les joueurs vis‐à-vis. J’ai besoin de voir quelle est sa réelle motivation pour rejoindre le projet Côte d’Ivoire. J’irai le voir après les matches amicaux", avait promis Faé le 18 mars 2026 en conférence de presse à Abidjan. 

Fin Mars, juste après les victoires face à la Corée du Sud (4-0) et l’Ecosse (1-0), sa promesse s’est concrétisée. Il a rencontré le milieu offensif de Toulouse, auteur de 27 matches, 8 buts et 2 passes décisives cette saison. Dans la foulée, Gboho s’est rendu dans les locaux du consulat de Côte d’Ivoire en France, le 13 avril 2026 afin d’entamer les démarches pour renouveler son passeport, expiré. Une formalité qui ouvre la porte à un nouveau rôle sous la vareuse orange. 

Yann Gboho a entamé ses démarches administratives au Consulat de Côte d'Ivoire en France.

Un éventail de numéros 10

Les Pachydermes entendent repenser leur milieu de terrain au Mondial. Il est clair qu'Emerse Faé ne se débarrassera pas de ses trentenaires d’un coup ( Séko Fofana, Jean-Michale Séri, Frank Kessié), mais il veut plus de fluidité en phase offensive. Séko a retrouvé sa forme à Porto (Portugal), Séri joue beaucoup à Maribor (Slovénie) et Kessié a gardé son activité avec Al Ahly (Arabie Saoudite). Mais la Coupe du monde c’est un autre niveau d’exigence. 

Rajeunir l’entrejeu garantirait plus d’opportunités et de profondeur aux Eléphants. Yann Gboho avec son jeu en mouvement, fait de dépassement de soi, peut apporter une nouvelle touche au groupe de Faé. 

"Depuis un peu plus d’un an, Faé est à la recherche d’un joueur capable d’apporter de la vista et de la verticalité au milieu. Yann est un milieu offensif. Dans le football moderne ce genre de joueur fait avancer le jeu. Il peut jouer au coeur du jeu mais également sur les ailes et surtout derrière l’attaquant de pointe qu’il va alimenter en bons ballons. Son profil est meilleur que celui de Parfait Guiagon de Charleroi, et Ahmed Traoré, le Marseillais. On a l’habitude de joueur en 4-3-3. Si on reste dans ce système, Gboho, s’il doit être titulaire, jouera devant un 6, qui peut être Sangaré ou Kessié, et un 8 qui peut être Inao. Il apportera le surnombre en attaque", analyse Dago Charles, ancien attaquant des Eléphants. 

Plus de créativité

L’objectif pour Faé, c’est de miser aujourd’hui plus sur la technique au milieu que sur la combativité absolue. Le football international, de plus en plus exigeant techniquement, impose aux milieux de terrain une capacité accrue à orienter le jeu, à casser les lignes et à varier les registres. L’idée est d’avoir, dans le système préférentiel 4-3-3, un joueur d’équilibre en sentinelle, et deux autres bons manieurs de ballon pour aboutir à un milieu plus mobile et plus créatif. 

Séko, Kessié, Séri ou Sangaré, souvent associés, se marchent sur les pieds. Dans plusieurs rencontres, ils ont accusé du retard dans le repli défensif et affiché trop de lenteur quand il faut évoluer en contre-attaque. Avec un 8 comme Inao et un 10 comme Gboho, les transitions seront mieux assurées. 

"Dans le passé on a joué comme ça. Ça nous avait réussi même sans gagner de trophées. On jouait avec Zokora en 6, Yaya en 8 et Yapi Yapo en 10. On allait plus vite vers l’avant et les attaquants Drogba, Kader, Gervinho ou Kalou étaient alimentés plus vite et mieux en bons ballons" , analyse Zoro Marc, ancien défenseur de Messine, de Benfica et de la sélection nationale. 

A ce jour, les champions d’Afrique 1992, 2015 et 2023 disposent d’une belle brochettes de jeunes milieux entre sentinelles (Maho Dorgeles, Inao) et milieux offensifs ( Traoré, Guiagon, Benie, etc). L’arrivée de Gboho est un plus, assurément. Une belle pioche, après celle de Martial Godo et Elye Wahi récemment. Reste à avoir si la vie du joueur de 25 ans sera aussi rose chez les Orange qu’elle l’est à Toulouse.

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À propos de l'auteur

Séverin SANH

Séverin SANH

Rédacteur sportif

Journaliste, correspondant SNA en Côte d'Ivoire.

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