
La Côte d’Ivoire se rend au Mondial 2026 avec six milieux de terrain : Séri Jean-Michael, Franck Kessié, Sangaré Ibrahim, Séko Fofana, Guiagon Parfait et Inao Christ Oulaï Ravinel. Sur ces six, deux sont nouveaux à savoir Guiagon (25 ans) et Inao (20 ans). Pour les quatre autres appelés, les « quatre mousquetaires » ou « quatre sénateurs » selon certains supporters, ils ont été de tous les combats depuis 2022. Cela fait 4 ans qu’ils font la pluie et le beau temps sous la vareuse orange, avec des fortunes diverses pour chacun, des réussites mais également des échecs.
Le plus récent couac étant la sortie en quart de finale de la CAN 2025 au Maroc, face à l’Egypte (3-2). A l’approche de la Coupe du monde, leur présence sur la liste des 26 de Faé fait énormément jaser. On leur reproche leur manque de complémentarité, leur lourdeur, leur incapacité à réinventer le jeu des Pachydermes.
L’âge, un vrai problème?
En club, cette saison, les quatre joueurs expérimentés du milieu de terrain de la Côte d’Ivoire n’ont pas eu la même réussite. Séko Fofana, 31 ans, a disputé 37 matches toutes compétitions confindues avec le FC Porto pour 4 buts . Il a remporté le championnat portugais. Franck Kessié, 29 ans, a été impérial avec Al Ahli Saudi. Il totalise 53 matches toutes confondues et a inscrit 14 buts pour 6 passes décisives. Il a gagné la Ligue des champions asiatique et la Supercoupe d’Arabie Saoudite. Pour Sangaré Ibrahim et Séri Jean-Michael, la ligne de stats est moins remplie. Pour le milieu de Nottigham Forest, 28 ans, c’est 27 matches pour 2 buts et 2 passes décisives. Quant à celui de Maribor, 34 ans, c’est 15 matches pour une seule passe décisive. Individuellement donc en club, chacun a des arguments à faire valoir mais c’est leur association en équipe nationale qui pose question.
Une grande partie des observateurs du football ivoirien pense d’ailleurs que le vrai problème de la sélection ivoirienne c’est la vieillesse de son milieu.
« Ce qui est dommageable c’est que Faé est certes le Sélectionneur mais dans sa carrière il fut milieu de terrain mais est-ce qu’il est satisfait de ce milieu de terrain ? » , s’interroge Rash N’Guessan, ancien chef de la radio nationale ivoirienne. Il croit dur comme fer que l’entrejeu ivoirien devrait être rafraîchi, rajeuni.
« Si on va au Mondial pour contempler la Maison-Blanche, il n’y a pas de problème avec ce milieu de terrain. Mais si on y va pour la guerre, pour parler comme Faé, il faut d’autres joueurs. Moi, j’aurais voulu avoir quatre jeunes frères pour deux anciens qui seraient là pour les encadrer. Donc, on pourrait avoir Kessié et Ibrahim Sangaré pour encadrer les jeunes, ou Kessié et Séko Fofana pour les encadrer. Mais avoir quatre anciens dans ce milieu de terrain, quatre joueurs qui frappent déjà aux portes de la trentaine ou qui l’ont passé, moi je dis que c’est prendre un risque. Est-ce qu’on pourra suivre le rythme imposé par les Allemands lorsqu’on va les croiser ? Les Équatoriens également ? C’est là que se situe ma question.
Pour moi, on devrait surtout, au niveau du milieu de terrain qui est notre maillon faible, essayer de donner un peu d’oxygène afin de permettre à ces enfants-là de mieux carburer. », grogne-t-il. Il n’est pas seul dans ce cas mais certains croient qu’il faut voir au-delà de l’âge.
L’aspect tactique, le véritable casse-tête
« Il faut qu'on appelle de tous nos vœux au succès et à l'encouragement de nos joueurs plutôt que de les brûler chaque fois. Moi je suis d'accord qu'on fasse des critiques sur la liste de Faé, c'est normal, c'est logique, mais à un moment donné faut qu'on arrête de traiter nos joueurs de vieux, ça ne les honore pas. », déplore Kader Guilavogui, journaliste ivoirien et consultant à la télévision ivoirienne.
« Notre problème n’a jamais été le manque de talent. Notre véritable défi a toujours été la construction d’une équipe avec des automatismes. À moins d’un mois de la plus grande compétition mondiale, face aux meilleures nations du monde, nous préparons une équipe certainement talentueuse. Mais sera-t-elle complémentaire ? Équilibrée ? Solidaire ? Fluide ? Aura-t-elle du vécu collectif ? Pourtant, ce sont précisément ces ingrédients qui rendent les grandes équipes imbattables… ou très difficiles à manœuvrer. L'exemple sénégalais est récent pour nous rappeler le respect que nous devons au football. » , s’interroge Babou Eric, ex-international ivoirien.
« Je n'ai pas d'inquiétude concernant le milieu de terrain. Les quatre cadors que sont Franck Kessié, Jean-Michael Séri, Ibrahim Sangaré et Séko Fofana me rassurent par leur expérience qui leur permet de donner plus d'assise tactique à l'équipe et de gérer les temps forts et les temps faibles. S'ils sont en pleine possession de leurs capacités physiques, ils seront très utiles en Coupe du monde. On croit souvent à tort qu’il se marche dessus mais c’est a Faé de travailer leur complémentarité sur tout quand on evolue en 4-3-3. En plus, il y a Guiagon et Inao qui seront comme des porteurs d’eau pour le Mondial, ça va donner un autre visage et une certaine vigueur à notre entrejeu » , analyse Magloire Diop, journaliste et chef d’édition.
Quoiqu’il en soit, Faé a le match amical du 4 Juin face à la France, à Nantes, pour rassurer les sceptiques et conforter les optimistes. Surtout avec un groupe où aucun des anciens comme des jeunes n’a une fois disputé un Mondial.
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À propos de l'auteur
Séverin SANH
Rédacteur sportif
Journaliste, correspondant SNA en Côte d'Ivoire.
