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FIBA Hall of Fame : Mathieu Faye «fier d’avoir atteint le Graal»

Ce vendredi 18 juin, Mathieu Faye sera immortalisé par la fédération internationale de basket-ball (FIBA). L'ancien basketteur sénégalais sera intronisé au FIBA Hall of Fame, à Genève. Trouvé lundi au Point E à Dakar, où se trouve son école de formation,  le double champion d’Afrique (1978 et 1980), revient sur cette distinction. L’ancien joueur de Limoges se prononce aussi sur le basket sénégalais qui n’est plus dominant en Afrique.

De notre correspondant au Sénégal,

Mathieu Faye
Le Sénégalais Mathieu Faye sera intronisé, ce vendredi au FIBA Hall of Fame

Mathieu Faye, qu’est-ce cela vous fait d’être au FIBA Hall of Fame ?

Il faut savoir que le FIBA Hall of Fame est la vitrine du basket mondial. Le panthéon du basket, de tous ceux qui ont marqué cette discipline. Le FIBA Hall of Fame est la crème de la crème. C’est en effet l’aboutissement de tout sportif par rapport à ses performances.

Le fait d’y figurer, c’est une source de satisfaction, de fierté et aussi un honneur. Non seulement sur le plan individuel mais également sur le plan national. Au-delà de mon nom, c’est le Sénégal qui est représenté, qui est honoré. Dans les années 80, nous avons gagné des trophées (deux Afrobasket).

Et si j'avais aussi la possibilité de pouvoir continuer à jouer en équipe nationale, on allait engranger encore trois ou quatre autres trophées. Je suis le seul avec Abdourahmane Ndiaye «Adidas» à notre époque, à n'avoir jamais perdu de match en équipe nationale sur le plan continental.

On ressent toute la fierté qui se dégage en vous quand vous parlez de votre époque ?

Nous avons dignement représenté le Sénégal partout. Même aux Jeux olympiques et en championnat du monde. J’ai participé à deux championnats universitaires. En club, j'ai gagné la Coupe de France, le championnat de France et également la Coupe Korać avec Limoges. J’ai été le premier Roi du basket au Sénégal pour les deux premières années et aussi MVP de l’Afrobasket 1980 à Rabat. Je pense que c’est pour toutes ces raisons… (il ne termine pas sa phrase).

En plus, après ma carrière de joueur, je suis resté dans le milieu du basket. Actuellement, je suis le vice-président de la Commission de développement de la FIBA Afrique. Je suis également membre de la commission mondiale des joueurs de la FIBA. Je suis fier d’avoir atteint le Graal.

Au Sénégal, vous êtes désormais deux à avoir cette distinction, feu Abdoulaye  Sèye «Moreau» en tant que dirigeant et vous comme ancien joueur. Peut-on dire que ce sont les deux plus importants du basket sénégalais qui ont été couronnés ?

Oui, il y a Abdoulaye Sèye «Moreau» qui a été président de la FIBA. Et à l’époque, il était d'ailleurs notre président. Le Sénégal gagnait des titres chez les filles comme chez les garçons. Donc, en tant que dirigeant, il a été introduit. Aujourd’hui, je suis, moi Mathieu Faye, le premier ancien joueur à y entrer effectivement. Mais j’associe sincèrement du fond cœur tous mes partenaires avec qui j’ai eu à batailler.

A l'instar d'Omar Dia, d'Abdourahmane Ndiaye « Adidas ». Après, il y a les Joseph Lopez, Assane Thiam, Ambroise Dogue, feu Alain Diagne, mon capitaine Madia Diagne, Mamadou Diop entre autres grands joueurs de notre époque. C’est une façon aussi de reconnaître l’histoire de ce basket.

«J’ai été le premier Roi au Sénégal et aussi MVP de l’Afrobasket 1980»

Mathieu Faye-Sénégal-Fiba Hall of Fame

Mathieu Faye dans ses œuvres

 

Quel message lancez-vous aux jeunes basketteurs qui rêvent de devenir comme vous ?

Il faut déjà être animé de passion. Comme j’ai l’habitude de le dire : «celui qui renonce à être le premier cesse déjà d’être bon». Tout est possible dans l’éthique, le travail, l’abnégation, le courage et l’honnêteté. Ce sont des vertus qu’on essaie de véhiculer, qu’on essaie d’inculquer effectivement à tous les sportifs. Surtout aux jeunes basketteurs. Pour moi, le basket c’est une école de la vie. Le jeu collectif nous apprend aussi à vivre avec l’autre, à gagner avec l’autre, à perdre avec l’autre et notamment à souffrir avec l’autre.

Quel est le titre qui vous a le plus marqué au cours de votre carrière ?

C’est sans doute la médaille d’or des Jeux africains d’Alger (1978). Avec la fameuse finale contre nos éternels rivaux ivoiriens qui sont devenus maintenant nos meilleurs amis. A l’époque, on était de grands adversaires. Lors de cette finale, on était mené de 24 points.  C'était en effet une grande équipe de la Côte d’Ivoire. Mais nous avons réussi la remontée. Je crois que c’est la première «remontada» de l’histoire du basket. Pourtant, nous avions été amputés de 8 de nos joueurs, vainqueurs de l'Afrobasket. Ici à Dakar cette victoire est restée dans les têtes. C'était une consécration puisque l'on avait gagné l'Afrobasket quelques mois auparavant.

«En toute objectivité, je dirai que le niveau du basket sénégalais est faible actuellement»

 

Mathieu Faye

Mathieu Faye, quelle lecture faites-vous du basket sénégalais actuellement ?

Je suis dans le milieu depuis 30 ans. Je connais exactement les évolutions et les avancées du basket national. Et en toute objectivité, je dirai que le niveau est faible actuellement. Il faut maintenant se demander pourquoi le niveau est faible. Le développement à la base, ce sont de vraies infrastructures. Le basket, ce sont des salles et nous devons bénéficier de ces salles un peu partout dans les régions. Qu’il ait au moins une salle dans chaque région. Or, c’est loin d’être le cas. Nous n'avons que Dakar Arena. Il est magnifique mais c'est insuffisant.

Donc vous voulez dire que le pays manque cruellement d’infrastructures pour la pratique du basket ?

Le Sénégal est un pays de basket. Chaque arrondissement où chaque ville devait au moins avoir une salle. Il faut également impulser le championnat de petites catégories. Avoir notamment des championnats réguliers en minimes, cadets, juniors et en seniors.

Le championnat des jeunes se joue certes, mais ce n’est pas suffisant. Le baromètre de nos clubs a baissé. L’AS Douanes qui a représenté le Sénégal à la BAL, n’est pas passée par les phases de qualification. Si cette équipe était passée par cette phase,  je ne suis pas certain qu’elle serait qualifiée. Il faut que les gens repartent au travail et mettent la compétence en avant.

Vous êtes le président du Stade Mbour. Pourquoi avez-vous accepté de prendre ce club après votre départ de Mbour BC ?

Quand j’ai pris Mbour Basket alors en D2 chez les filles et les garçons, nous avons pu mettre en place une équipe. Les filles ont atteint la D1. Les deux équipes ont été demi-finalistes du championnat et de la Coupe du Sénégal. Après, des gens sont venus nous dire qu'ils sont à la base de la création du club.

On leur a laissé le club. Après, les dirigeants du Stade Mbour nous ont contactés parce qu'ils voulaient un club omnisports fort. Je leur ai fait part de mes conditions. C'est principalement de disposer d'une salle. Surtout que Mbour abritera les Jeux olympiques de la Jeunesse en 2026. Mbour est une ville de sport.

Mathieu Faye sera-t-il candidat à la présidence de la Fédération sénégalaise de basket en 2023 ?

C’est trop tôt d’en parler. Nous sommes candidat pour l’avancée du basket sénégalais. Pour l’instant, il faut mettre en place des structures de développement du basket. Aussi bien qu’à Mbour qu’ailleurs. Puisque, je ne m’adresse uniquement pas à Mbour. Il y a toute la région de Thiès (Nianing, Somone, Joal) mais aussi à Dakar. J’ai un établissement en internat sport et études, qui donne la possibilité aux basketteurs d’avoir des bourses et d’aller étudier.

Victor BAGAYOKO

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