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Foot féminin : Le Cameroun en quête de professionnalisme

Moins d’un an après sa mise sur pied, la Ligue de football féminin du Cameroun réussit son opération séduction. Mais la discipline a encore de nombreux défis à relever pour poursuivre son développement.

Tout semble sourire au foot féminin camerounais. L’équipe nationale fanion est numéro 2 en Afrique. Au plan local, une Ligue de football féminin (Lffc) est créée l’année dernière. Des sponsors commencent à se signaler. La barre des 300 licenciées a été franchie la saison passée en championnat d’élite. Douze clubs ont pris part à la Ligue 1, pour 22 journées et 132 matchs disputés. Les joueuses locales intègrent de plus en plus l’équipe nationale. De même que certaines réussissent déjà facilement à décrocher des contrats en Europe.

Déséquilibre compétitif

Pourtant, à y regarder de plus prêt, la situation du football féminin camerounais demeure fragile. Les affluences au stade sont très minimes. A peine 100 spectateurs, principalement lors des matchs organisés dans la ville de Yaoundé où réside la majeure partie des clubs. Et c’est bien là que se situe l’autre faiblesse du foot féminin camerounais : en dépit d’une élite constituée de 12 clubs, il existe un fossé gigantesque entre deux principaux clubs et les autres. Notamment les Louves Minproff (champion en titre) et FAP de Yaoundé. Les deux clubs appartiennent respectivement au ministère de la Promotion de la Femme et à celui de la Défense. Grâce aux moyens financiers dont ils disposent, ces deux clubs regroupent pratiquement à eux seuls, les meilleures joueuses du pays. Ce qui crée un déséquilibre compétitif au niveau national.

Professionnaliser les compétitions

Or, ce déséquilibre pourrait être corrigé en professionnalisant le foot féminin. C’est donc à cette tâche que s’attelle la Ligue de football féminin du Cameroun (Lffc) qui entend renforcer les règlements de ses compétitions. «Nous allons par exemple fixer le nombre maximum de joueuses dans une équipe. Jusqu’ici, certains clubs, parce qu’ils ont les moyens, s’accaparent toutes les bonnes joueuses et se retrouvent parfois avec un effectif de 30 voire 40 joueuses. Pendant que d’autres n’en ont que 15 ou 18. Il faut créer une équité», explique Pauline Manguele, secrétaire générale de la Lffc. De plus, la Ligue ambitionne d’augmenter le nombre de compétitions qu’elle organise. Il y a notamment le «Tournoi de la femme», organisé chaque année en marge de la célébration de la Journée internationale de la femme. Autrefois facultatif, la Lffc propose de rendre ce tournoi obligatoire et exclusivement réservé aux clubs des ligues régionales.

Vers la création d’une Ligue 2

La Ligue annonce également la création d’un championnat professionnel de deuxième division dénommé «Ligue 2» dès la saison 2021-2022. Pour ce faire, la Lffc espère organiser au préalable un tournoi qui va regrouper les dix régions du pays en quatre zones. A l’issu de ce tournoi, les 10 meilleurs clubs retenus en fonction des quotas de chaque zone constitueront avec les clubs qui seront relégués de la Ligue 1 la saison prochaine, la première cuvée de la future Ligue 2 nationale de football féminin. L’idée étant de calquer le professionnalisme féminin sur celui du foot masculin.

Défis

Cependant, professionnaliser le football féminin nécessite beaucoup de moyens financiers. Et pour le moment, ce n’est pas ce qui manque le moins à la Ligue de football féminin qui vit des subventions de sa tutelle, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). En effet, c’est la Fécafoot qui finance le fonctionnement de la Ligue dédiée au football féminin, mais aussi l’organisation des compétitions. La Fédération assiste par exemple les clubs en frais de déplacement. Le montant de l’enveloppe peut, à cet effet, aller au-delà des 5 millions de francs CFA par club et par saison, selon la région où il se trouve. «Les financements doivent venir de l’extérieur, indique la Lffc. Nous devons créer un football business». Et pour cela, la Ligue doit surmonter certaines barrières.

Il s’agit notamment de réussir l’organisation des championnats du début à la fin, suivant des calendriers établis à l’avance. Egalement, de veiller à la contractualisation des encadreurs et des joueuses et d'accroître la formation des acteurs que sont les présidents de clubs et les entraîneurs. Enfin, de promouvoir le marketing. Autant de défis donc à relever pour l’émergence du football féminin camerounais.

Kigoum WANDJI

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