Gabon : Bitseki raconte la nuit cauchemardesque à Banjul

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Gabon : Bitseki raconte la nuit cauchemardesque à Banjul

Stéphane Bitseki, le gardien de but du Gabon et du Mosta FC (Malte), est revenu sur le déplacement dantesque des Panthères en Gambie (1-2). C’est à l’occasion de la quatrième journée des qualifications pour la CAN 2022.

Entretien

Dans quelles conditions s’est déroulé le voyage entre Libreville et Banjul ?

Très bonnes. Un avion d’Air Côte d’Ivoire, spécialement réservé pour notre délégation, nous a pris en charge à Libreville, pour un vol de 4h30 environ. A l’arrivée à Banjul, vers 23h30, il y a eu les formalités douanières classiques. Elles ont pris un peu plus de trois quart d’heure. Car nous étions nombreux. On nous a demandé de remplir un document, et on a laissé nos passeports à une personne des douanes. Puis nous nous sommes dirigés vers l’endroit où récupérer nos affaires. Et c’est là que ça s’est tendu.

Expliquez-nous…

On nous a demandé de passer un test Covid. Or, nous l’avions fait à Libreville, conformément aux directives de la CAF. Et nous avions nos résultats, tous négatifs. Mais ils voulaient nous en faire passer un. Il était plus de minuit. Comme il faut un certain délai pour avoir les résultats, et que le match était programmé à 16 heures, heure locale, cela semblait impossible. On nous a même dit que la Gambie devait envoyer les tests à Dakar, au Sénégal. Bref, ils ne voulaient rien entendre. Notre ambassadeur au Sénégal, qui était venu pour nous accueillir, a tenté de discuter, mais en vain. Le responsable de la fédération gambienne n’a pas bougé. Il n’a pas cherché à nous aider. Nous avions face à nous des gens agressifs, impolis. Ils ne voulaient pas nous laisser sortir de l’aéroport. En fait, il y avait un but précis à cela.

Que vous perdiez vos nerfs ?

Nous empêcher de nous reposer, nous fatiguer avant le match. Car comme les Gambiens ne voulaient pas qu’on regagne notre hôtel, on a été obligé de s’allonger à même le sol. Dans ces conditions, on ne dort pas, on somnole. Il y a du bruit, la lumière, la tension. Evidemment, on ne nous a donné ni eau, ni nourriture. C’est notre cuisinier, qui attendait à notre hôtel, qui a apporté de la nourriture et de l’eau à cinq heures du matin. Et les services de l’aéroport ont coupé la climatisation. C’est comme si on était dans un four. Finalement, nous avons pu rejoindre notre hôtel vers 6 heures. On a dormi jusqu’à 12h30, avant de manger quelque chose et d’aller au stade.

Votre colère est-elle retombée ?

Sincèrement, c’est difficile à accepter. Accueillir une sélection nationale dans ces conditions, nous laisser dormir par terre, sans eau ni nourriture, c’est un manque de respect total. Ils voulaient juste nous emmerder, tout faire pour nous fatiguer. C’est scandaleux. Les gens de la fédération gambienne ont eu une très mauvaise attitude. Tout cela, c’est de la triche. Ils voulaient que tout soit réuni pour qu’on ne gagne pas. C’est ce qui s’est produit. On avait encore un peu d’énergie en première mi-temps, mais ensuite, avec la fatigue, c’est devenu plus compliqué, sur un terrain gras, avec une herbe trop haute.

Vous attendez-vous à des sanctions de la CAF à l’encontre de la fédération gambienne ?

Je ne sais pas. Le match a été joué, on l’a perdu… mais on ne peut plus accepter des choses comme ça. C’est petit, c’est décevant, et surtout très mauvais pour l’image du football africain…

Propos recueillis par Alexis Billebault

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