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Il était une fois, le genou de Kaepernick...

Un mort pour un ressuscité. Le meurtre de George Floyd a donné une reconnaissance mondiale à Colin Kaepernick, footballeur américain devenu le symbole de la contestation mondiale qui a suivi l'homicide du Noir de 46 ans. Un genou à terre qui a coûté sa carrière à l’ex-quarterback des San Francisco 49ers, exactement comme, 52 ans avant Kaepernick, les athlètes Tommie Smith et John Carlos ont fait les frais de leur engagement contre le racisme.

La clameur a parcouru tous les coins de la planète. D'Asie en Amérique, d’Europe en Afrique, jusqu’en Océanie, jamais la mort d’un homme n’a suscité autant d’indignation! Il aura fallu le meurtre de George Floyd, le 25 mai 2020 à Minneapolis, pour qu’enfin une compassion collective réunisse l’humanité autour du combat contre le racisme et l’impunité. Mais, également pour plus de considération pour les Noirs. Ce drame, c’est aussi la résurrection d’un homme: Colin Kaepernick. Oui, si George Floyd est le visage de ce ras-le-bol mondial contre les violences envers les Noirs, l’ancienne star de la National Football League (NFL) en est le véritable symbole. Et c’est ce genou à terre qui l’unit, malgré lui, au policier Derek Chauvin. Comparer les deux aurait quelque chose d'indécent. Mais le geste du meurtrier de George Floyd et celui du «héros» à la crinière afro sont tellement révélateurs de l’hypocrisie américaine qu’on ne saurait ne pas faire le lien.

Si des millions de genoux se plient aujourd’hui accompagnant les cris «Enough!», «ça suffit!», «Basta!», c’est parce que le genou d’un policier a été fatal à un homme à cause de sa couleur de peau. 8 minutes et 46 secondes de souffrance, une agonie lente et douloureuse d'humiliation et de suffocation. Mais avant ce 25 Mai 2020, le genou de Kaepernick s’était plié alors que retentissait l'hymne américain, rappelant les prières publiques des manifestations pacifiques pour les droits civiques aux Etats-Unis. Comme Martin Luther King et d’autres leaders noirs des années 1960, le footballeur américain s’est agenouillé pour s’indigner de l’oppression des hommes de couleur. En 2016, l’ex-quarterback des 49ers de San Francisco s’est illustré en posant un genou à terre à l'exécution du Star-Spangled Banner avant chaque match. Une contestation en soutien au mouvement «Black Lives Matter» que le joueur  de 33 ans paiera très cher par la suite. «Je ne veux pas me lever pour saluer un drapeau qui opprime les Noirs et les gens de couleur», explique-t-il. Seulement, très peu d'Américains ont compris le langage corporel de Kaepernick, devenu l’icône du soulèvement mondial contre les violences envers les Noirs. Pire, le footballeur américain devient l’ennemi public numéro un, dénigré jusqu’à la Maison Blanche.

Avant le genou de Kaepernick, le poing levé de Tommie Smith et John Carlos

L’activisme du joueur né d’un père noir et d’une mère blanche lui valut de vives critiques et plus tard, sa carrière. Depuis la fin de son contrat avec les 49ers, Colin Kaepernick est "blacklisté" par toutes les franchises de la NFL. Il assume tout: «Pour moi, cela va au-delà du football et ça serait égoïste de ma part de détourner le regard. Il y a des cadavres dans les rues et des gens qui prennent des congés payés et s’en sortent après avoir tué». Cependant, le plus consternant dans cette histoire, c’est le mutisme coupable d’une grande majorité des Américains face à cette injustice. L’Amérique dans toute sa... blanche splendeur. Une histoire qui n’est pas sans rappeler celle du poing levé de Tommie Smith et John Carlos aux Jeux olympiques de Mexico en 1968. Un signe de protestation contre la condition des Africains-Américains dans une Amérique fortement ségrégationniste. Une entrée avec fracas dans l’histoire. Une nouvelle dimension pour le mouvement des Black Panthers. Les deux sprinters américains choquent par leur audace. En se servant de la tribune olympique pour exprimer leur exaspération, Smith et Carlos donnent pourtant une nouvelle dimension au combat des Noirs américains contre la ségrégation raciale. Comme Kaepernick, ils furent bannis du village olympique et suspendus à vie.

Ce n'est que 51 ans plus tard que le comité olympique américain a réparé cette injustice. En 2019, les deux athlètes ont été introduits au Hall of Fame. Un doigt d’honneur à l’histoire. «Nous avons compris après 51 ans que la plus grande invention n'était ni l'avion, ni la télévision, ni le téléphone, mais la gomme: comprendre qu'on peut faire des erreurs dans la vie et qu'il ne doit pas y avoir de honte [à les effacer]. Je pense que le Comité est arrivé à cette conclusion», se réjouissait Carlos après son intronisation. Kaepernick espère sans doute vivre la même histoire. Déjà, de grands sportifs avaient imité son geste, comme la star de l’équipe américaine féminine de foot Megan Rapinoe et d'autres sportifs à travers le monde, poussant la Fédération américaine de football à autoriser, le 10 juin dernier, le genou à terre pour soutenir l'éradication du racisme. Reste plus qu'à attendre les excuses de Donald Trump qui avait insulté le footballeur militant et puisque seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, le président américain a toute la vie pour s'amender...

Jean-Charles MAMBOU

 

 

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