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JO 2021-Modeste Mbami : «On n’allait pas à Sydney pour la médaille d’or»

Il n’avait que 17 ans, le 23 septembre 2000. Ce jour où il a envoyé le Cameroun en demi-finale des Jeux Olympiques de Sydney. D’une lourde frappe à plus de 30m (113e minute), Modeste Mbami faisait plier le Brésil de Ronaldinho. Offrant la victoire aux Lions Indomptables (2-1), qui s’imposent ensuite en finale contre l’Espagne. Près de 21 ans plus tard, l’ex joueur du PSG et de l’OM nous plonge dans ses souvenirs.   

De notre correspondant au Cameroun,

 

 

L'équipe du Cameroun médaillé d'or aux Jeux olympiques Sydney 2000.
L'équipe du Cameroun médaillé d'or aux Jeux olympiques Sydney 2000.

Sport News Africa : Dans quelques jours, douze athlètes camerounais vont participer aux Jeux olympiques à Tokyo, avec l’ambition de ramener une médaille. Une expérience que vous avez vécue en 2000 à Sydney avec les Lions Indomptables. Quels souvenirs gardez-vous de ces Jeux ?

Modeste Mbambi : Ce sont des moments inoubliables. Je garde de ces Jeux Olympiques de Sydney des souvenirs très agréables. J’ai vraiment passé des moments intenses avec mes coéquipiers. Au départ, on n’allait pas à cette compétition avec l’ambition de ramener la médaille d’or. Du coup, chaque victoire nous a procuré des sensations inoubliables. C’était simplement magique.

Au final, le Cameroun remporte la médaille d’or après avoir battu l’Espagne en finale. Racontez-nous cette fameuse journée...

C’était la meilleure journée que j’ai passée à Sydney. Cette journée avait commencé la veille en fait (rire). Personne n’avait pu fermer l’œil. On a discuté pendant toute la nuit, jusqu’à 4 heures du matin. On était là à échanger sur le match qui nous attendait. Franchement, tout le monde était relax. On avait compris qu’on était dans les bonnes conditions pour gagner ; parce qu’en réalité, on savait qu’on avait rien à perdre. Nous étions déjà contents d’être là, on ne s’imaginait pas arriver en finale. On s’est dit qu’il fallait donner tout ce qu’on avait. Je me souviens du penalty salvateur de Pierre Wome qui nous permet de remporter ce match. C’était simplement incroyable.

Quelle a été votre première pensée après avoir décroché cette médaille ?

Je n’y croyais pas. Nous étions médaillés d’or olympiques, nous, des Camerounais. L’équipe était en majeure partie constituée de jeunes joueurs évoluant dans les championnats camerounais. On n’avait pas vraiment le groupe idéal pour espérer cette médaille d’or olympique. Quand on a gagné, la première chose qui m’est venue en tête, c’était le peuple camerounais et ma famille. J’ai tout de suite pensé à la joie qu’on a pu leur procurer parce qu’on sait ce que le football représente pour chaque Camerounais.

«Le jour de la finale, on avait dû acheter certains équipements en raison d’un problème avec le sponsor.  Certains maillots avaient été floqués avec des stylos, d’autres au sparadrap.»

Quelles ont été les retombées de votre médaille ?

Je pense plus à la reconnaissance d’abord de mon pays. Ensuite, il faut dire que cette médaille a contribué à me donner une certaine visibilité au plan mondial. Quand je suis rentré des Jeux Olympiques, j’étais jeune, j’avais un contrat de stagiaire. Le club qui voyait en moi un joueur d’avenir a eu des certitudes. C’est ainsi que j’ai rapidement signé un contrat professionnel. C’est grâce au Cameroun et à cette médaille d’or olympique. Les Jeux olympiques ont vraiment été le début de tout. Il y a certes eu du travail en amont, mais les JO de Sydney 2000 ont contribué à me propulser sur la scène mondiale. Surtout mon but en or contre le Brésil.

Qu’est devenue cette médaille aujourd’hui ? A quoi pensez-vous lorsque vous la regardez ?

Ma médaille en or ? Elle est là, bien au chaud. Nous avons réalisé un exploit. Aujourd’hui, nous faisons partie de l’histoire des JO. Il existe plusieurs grands joueurs dans le monde qui ont tout gagné, sauf cette médaille d’or olympique. Elle constitue donc une grande fierté. C’est ce qui va rester dans l’histoire. Je dois avouer que c’est avec le temps que je me rend compte des difficultés traversées et de ce que nous avons réalisé quelque chose de grandiose.

Quel sort avez-vous réservé aux équipements avec lesquels vous avez disputé la finale de ces Jeux Olympiques de Sydney 2000 ?

Déjà, il y a une anecdote (rire). Le jour de la finale, on n’avait pas tous nos équipements complets. On avait dû acheter certains équipements en raison d’un problème avec le sponsor. Certains équipements avaient été floqués avec des stylos, d’autres au sparadrap. C’est avec ça que nous avons joué cette finale. J’ai fait don de ces équipements à mes proches et à des amis. Et j’ai gardé la médaille pour moi.

Quelle place occupent les souvenirs de ces Jeux Olympiques parmi ceux de votre vie et de votre carrière ?

Quand je regarde ma carrière, tout le chemin parcouru, je pense que c’est le plus grand exploit que j’ai réalisé. Dans ma vie de sportif, je ne pense pas avoir réalisé quelque chose d’aussi grand. Par contre dans ma vie privée, le plus important a été d’avoir des enfants et de fonder une famille.

Kigoum WANDJI

 

 

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