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L’Euro vu d’Afrique : de Lukaku à Mbappé, le bilan des joueurs d’origine africaine

Cinquante-quatre joueurs d’origine africaine, pour treize sélections, étaient sur la ligne de départ de l’Euro 2020 que vient de remporter haut la main l’Italie. Que retenons-nous de leur prestation ? Voici le bilan par pays.

Les Bleus lors de la séance des tirs au but, perdue contre la Suisse en quart de finale.
Les Bleus lors de la séance des tirs au but, perdue contre la Suisse en quart de finale.

France : le naufrage du collectif

Mbappé (10) consolé par ses partenaires après qu'il a raté son penalty contre la Suisse.

C’était le plus grand contingent de binationaux originaires d’Afrique. Ils étaient douze éléments. De l'ensemble, Karim Benzema a émergé. Auteur de quatre buts dans cet Euro 2021 (deux doublés), Homme du match contre le Portugal, l’attaquant du Real Madrid a su attendre son heure pour sortir du bois et frapper. Il a ainsi donné raison à ceux qui défendent que son retour en sélection, après deux ans au frigo, est un plus pour les Bleus.

Kylian Mbappé, de son côté, a causé des misères aux défenseurs adverses, permis à ses coéquipiers en attaque de profiter des espaces qu’il libère et constitué un danger permanent pour les adversaires des Bleus. Mais, on ne retiendra que deux choses : il n’a pas marqué et il a manqué le penalty décisif qui élimine les Bleus contre la Suisse, en huitième de finale.

Ousmane Dembélé a vu son Euro se terminer au bout de 39 minutes. Touché à une cuisse contre la Hongrie, le joueur du FC Barcelone dut quitter ses coéquipiers et rejoindre son club avant le troisième match. Il sera opéré et indisponible quatre mois.

Paul Pogba, quelle classe ! Récupérateur, premier relanceur, passeur et buteur, le joueur de Manchester United a étalé toute la panoplie du parfait milieu de terrain.

Ngolo Kanté peut se targuer d’un bilan également positif. N’eut été le subit naufrage collectif de l’Equipe de France, le vainqueur de la Ligue des champions avec Chelsea garderait toutes ses chances pour le Ballon d’Or. Il resté sur la lancée de sa belle saison.

Corentin Tolisso, en revanche, n’a pas su profiter de ses quelques apparitions en cours de partie et, surtout de sa titularisation contre le Portugal, pour bousculer la hiérarchie au milieu.

Moussa Sissoko s’est montré bon soldat à chacune de ses entrées en jeu.

En défense, Presnel Kimpembe a joué tous les matches. Agressif et autoritaire, il ne lui a manqué que cette sérénité qui perturbe l’adversaire et rassure les partenaires.

Jules Koundé, de son côté, n’a pas transformé l’essai de sa titularisation contre le Portugal. Il a loupé le coche. Mais il peut avancer des circonstances atténuantes : son inexpérience (22 ans, premier tournoi majeur) et le fait qu’il a joué latéral droit alors qu’il est central.

Le gardien marseillais Steve Mandanda, le défenseur de Chelsea Kurt Zouma et l’attaquant monégasque Wissam Ben Yedder n’ont pas été utilisés par Didier Deschamps.

Belgique : Lukaku et les autres

Lukaku (9) a porté la Belgique durant cet Euro.

Romelu Lukaku, champion d’Italie avec l’Inter Milan, est resté sur la lancée de sa belle saison. Quatre buts et deux fois Homme du match, il aura été le meilleur Belge de l’Euro.

Avec un temps de jeu plus important, Jérémy Doku aurait pu peut-être aider Lukaku à briller davantage ou lui contester la vedette. Entré en jeu une fois au premier tour et titularisé contre l’Italie en quart de finale, l’attaquant du Stade Rennes a causé des misères aux futurs vainqueurs du tournoi. Ses déboulées, ses centres et ses frappes au but ont failli changer le cours de l'histoire.

Même s’il n’a pas été catastrophique, Youri Tielemans est passé à côté de son Euro. Au mieux, il assurait le minimum syndical; au pire, il rendait des copies indignes de ses prestations XXL avec Leicester.

Jason Denayer et Dedryck Boyata, eux, ont été éclipsés par la concurrence en défense. Chacun compte deux titularisations dont une où ils ont été ensemble. Ils ont été relégués sur le banc en huitième et en quart.

Christian Benteke, Michy Batshuayi et Nacer Chadli ont fait de brèves apparitions au cours desquelles ils n’ont été ni bons ni mauvais.

Suisse : puissance devant et derrière

Des sept Suisses d’origine africaine à l'Euro, deux auront retenu notre attention. Le défenseur Manuel Akanji, véritable tour de contrôle, patron de la défense helvète, une véritable équation pour attaquant. Et Breel Embolo, qui marie technique et puissance.

Buteur et Homme du match contre Pays de Galles (1-1), le natif de Yaoundé, au Cameroun, a été contraint dès la 23e minute du quart de finale perdu contre l'Espagne de quitter ses coéquipiers suite à sa blessure. Son absence a certainement contribué à l’élimination de la Suisse par la Roja.

Yvon Mvogo, Edimilson Fernandes, Jordan Lotomba, Denis Zakaria et Djibril Sow, soit parce qu’ils n’ont pas joué soit parce qu’ils n’ont fait qu’une brève apparition, n’ont pas été notés.

Portugal : Sanches a failli récidiver

Renato Sanches a failli rééditer son coup de 2016. Au départ remplaçant, le joueur de Lille, comme il y a quatre cinq ans en France, est entré dans le Onze de la Seleção pour ne plus en sortir. Il est sans doute l’un des meilleurs Portugais du tournoi.

Danilo Pereira est apparu très utile dans la récupération, les premières relances et les duels. William Carvalho ne s’est pas montré suffisamment convaincant pour chasser tous ses concurrents au milieu. A perdu sa place dans le Onze portugais au fil du tournoi.

Nelson Semedo, lui, a profité du forfait de Joao Cancelo (Covid) pour s’installer sur le côté droit de la défense portugaise durant les trois matches du premier tour. Défensivement comme offensivement, le joueur de Wolverhampton s’est montré appliqué. Il a disparu de l'équipe type en huitième de finale.

Nuno Mendes (zéro minute) n’est pas noté.

Allemagne : Rüdiger, «être sale» n'a pas suffi

Rüdiger mordant Pogba lors de France-Allemagne (1-0).

Intraitable, provocateur, capable de créer le surnombre au milieu et en attaque, Antonio Rüdiger a tenu son rang. Mais le défenseur de Chelsea, champion d’Europe, a fini par sombrer dans le naufrage collectif allemand.

Serge Gnabry, pour sa part, a semblé en difficulté en pointe. S’est créé de nombreuses bonnes situations, mais ne réussira jamais à trouver le chemin des filets, en trois titularisations d’affilée. Il sera remplaçant en huitième de finale, lors de l’élimination par l’’Angleterre.

Leroy Sané, n'a pas fait mieux. Il a fait quelques apparitions comme remplaçant, sans faire la différence.

Jamal Musiala, avec zéro minute au compteur, n’est pas noté.

Suède : le «nouveau Zlatan» est arrivé

Alexander Isak a démontré dans ce tournoi qu’il est parti pour être le «nouveau Zlatan». Puissant et habile balle au pied, il ne lui manque que l’efficacité de son compatriote pour mieux mériter la comparaison.

Dans l'ombre d'Isak, on retrouve Robin Quaison, titulaire une fois et entrée en jeu lors des autres matches de la Suède. Ses prestations s'avéreront trop justes pour lui garantir un statut de titulaire indiscutable de la sélection suédoise.

Ken Sema, non aligné durant l'Euro, n’est pas noté.

Pays-Bas : Depay, la tête au Barça

Avec deux petits buts et, globalement, une implication douteuse, Memphis Depay n’a pas été le leader technique que les Pays-Bas était en droit d’attendre. Avant l’officialisation de son transfert au FC Barcelone, l’ancien Lyonnais semblait ne rêver que de la Catalogne. Après, il semblait y être déjà.

Nathan Aké (deux entrées en jeu) et Cody Gakpo (une entrée) ne sont pas notés.

Autriche : Alaba, si seul au monde

Capitaine exemplaire, David Alaba était au four et au moulin. Manifestement trop esseulé pour porter l’Autriche plus loin que l'étape des huitièmes de finale où elle a été éliminée dans les prolongations par l’Italie, futur vainqueur.

Karim Onisiwo et Valentino Lazaro, une entrée en jeu chacun, ne sont pas notés.

Finlande : exceptions 

Glen Kamara est le seul Finlandais d’origine africaine à avoir disputé tous les matches de sa sélection, et en tant que titulaire. Le milieu de terrain du Glasgow Rangers a livré des prestations moyennes.

La Finlande sera éliminée au premier tour. Devenant la seule des treize sélections comportant des joueurs d’origine africaine, à rater le train des huitièmes.

Nikolai Alho (zéro minute) et Pyry Soiri (une entrée en jeu) ne sont pas notés.

Danemark : Poulsen, freiné en plein vol

Avant la blessure qui le privera du huitième de finale contre Pays de Galles, il était sur un nuage. Yusuf Poulsen a joué les trois matches de groupes du Danemark comme titulaire en attaque. Inscrivant le deuxième but le plus rapide de la compétition face à la Belgique (1-2).

Kasper Dolberg prit sa place contre les Gallois et claque un doublé, qui ouvre la voie du succès (0-4) aux Vikings. Auteur de son troisième but de la compétition le match suivant, en quart de finale, l’attaquant de Nice sera donc logiquement aligné lors de la demie perdue face à l’Angleterre.

Mathias Jørgensen (zéro minute) n’est pas noté.

Pays de Galles : Ethan Ampadu, l’avenir

En une titularisation et deux entrées en jeu, Ethan Ampadu s’est montré utile avec notamment sa générosité dans l’effort et sa capacité à avaler les kilomètres. Le jeune joueur de Chelsea (20 ans) représente l’avenir de la sélection galloise.

Ben Cabango, qui n’a joué aucun match, n’est pas noté.

Espagne : Adama Traoré, profil atypique

Avec l’Angleterre, l’Espagne est l’une rares sélections à ne compter qu’un joueur d’origine africaine. Il s’agit d’Adama Traoré. Qui n'a fait qu’une apparition durant le tournoi. C’était lors de la large victoire (5-0) de la Roja contre la Slovaquie, pour la troisième et dernière journée du groupe E. Il est entré à la 77e minute, s'est payé une accélération, qui faillit déboucher sur un 6-0 avant de retrouver le bord du terrain où Luis Enrique, le sélectionneur espagnol, l’avait confiné depuis le début du tournoi. Son profil ne semble pas taillé pour le jeu de possession (plus de 68% de moyenne, meilleur taux du tournoi) et de passes courtes de l’Espagne.

Angleterre : Bukayo Saka, cruel !

Saka consolé par son capitaine Kane

Saka consolé par son capitaine Kane

Un seul adjectif correspond au sort de Bukayo Saka dans cet Euro : cruel. Intégré dans la liste des 26 Anglais, à la surprise générale, laissé sur le banc durant les deux premiers matches de l’Angleterre, l’attaquant d’origine nigériane est sorti du bois contre la République tchèque (1-0), lors de la dernière journée de la phase de groupes. Le joueur d'Arsenal est l’inspirateur du but de la victoire des Three Lions. Il est élu Homme du match.

Confirmé en huitième, contre l’Allemagne, il tient son rang avec brio. Blessé la veille de la rencontre, il est privé du quart de finale contre l'Ukraine avant de réapparaître en demi-finale (titulaire), contre le Danemark, puis en finale (entré en jeu).

Alors que jusque-là le sort semblait lui sourire, son sélectionneur lui confie la lourde responsabilité de tirer un penalty lors de la séance fatidique contre l’Italie en finale, à Wembley, à Londres, non loin du quartier (Ealing) où il est né il y a juste 19 ans. Il est mis en échec par Donnarumma. Tout s’effondre pour lui.

Petite consolation : il a toute la vie devant lui et, surtout le talent, pour vite se relever.

B. N.

Précédemment dans cette rubrique (qui se referme sur cet épisode) : Bukayo Saka, mission (déjà) accomplie

  

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