LUCARNE: Faible état d’esprit

Sport News Africa

100% Africain, 100% Sport !

A la UneCANFlash InfosFootballUNE

LUCARNE: Faible état d’esprit

A chaque défaite, on peut trouver une explication. Ce sont les justifications qui sont difficiles. On sort du Covid et on peut lui coller toutes les misères du monde. D’être resté dix mois sans fricoter ensemble avec le ballon, sans se lancer des vannes entre joueurs, sans que les pieds ne se «parlent» et que les intelligences ne collaborent pour instaurer des automatismes huilés.

Tout cela a pu créer des ruptures. Mais on ne les imaginait pas aussi profondes pour amener les «Lions» du Sénégal à bidouiller leur football, à sortir un match amical à la qualité aussi quelconque face au Maroc, le 9 octobre dernier. Leur défaite abyssale (3-1) laisse aux vice-champions d’Afrique, une énorme entaille dans le cuir.

Que deux joueurs de qualité, Sadio Mané et Kalidou Koulibaly, aient manqué ce match ne peut justifier une telle déliquescence. Il est vrai qu’en leur absence, les déficits ont été énormes dans l’organisation du jeu et dans la récupération défensive. Mais tout de même… Incapables d’aligner des séquences de jeu réfléchies et coordonnées, les Sénégalais ont été, pour une bonne partie de la rencontre, réduits à courir derrière un ballon et à subir l’inspiration des Marocains. Comme si ce match leur était tombé dessus hors de leurs moments de volonté, ils l’ont plus subi que vécu.

On s’est posé des questions quant à leur état d’esprit. Restés inactifs pendant près de la moitié de la pause Covid (leur dernière sortie remonte à novembre 2019), réduits à des entretiens physico-techniques individuels ou très surveillés au sein de leurs clubs, puis jetés dans des ambiances de match confidentielles et surréalistes, les joueurs se sont retrouvés hors de leurs normes psychologiques habituelles.

L’ombre de son ombre…

Enfermés dans cette ambiance bizarre et versés brutalement dans un environnement de compétition internationale avec laquelle ils ont coupé depuis dix mois (excepté Gana Guèye). Qui plus est, avec de nouveaux joueurs dont certains (6 sur 25) leur sont étrangers, leurs retrouvailles en terre marocaine ne pouvaient sans doute pas être automatiques. Une meilleure préparation psychologique y aurait peut-être aidé. C’est une dimension essentielle dont les staffs techniques ne tiennent pas toujours compte. Mais cette remise aux normes de cohésion du groupe est fondamentale.

Absents en défense, inexistants au milieu et amorphes en attaque. Les Sénégalais n’ont, en rien, ressemblé à une première équipe africaine du classement de la Fifa (face à la 5e, le Maroc). Cette défaite à Rabat constitue cependant une bonne piqûre de rappel et de remobilisation en direction des urgences africaines.

Et cela devrait faire effet dès ce 13 octobre face à la Mauritanie, à domicile, à l’instar d’autres sélections africaines. Une opposition guère facile face aux Mourabitounes dont le besoin d’affirmation et d’étalonnage vis-à-vis d’un voisin, avec lequel l’écart technico-tactique, tend à se résorber. Il y a une cinquantaine d’années, le gouffre était d’environ 10 buts en faveur du Sénégal. Les années ont passé, les Mauritaniens s’y sont mis et les oppositions entre les deux pays tendent vers l’équilibre.

Rééquilibrage des forces

Durant ces dernières années pourtant, les «Mourabitounes» ont participé à une CAN (2019) et ne sont pas restés confinés dans le Sahara. Leurs 20 dernières rencontres africaines, depuis 2015, leur ont valu 8 victoires, 6 nuls et 6 défaites. Le 9 octobre dernier, alors que les «Lions» bafouillaient leurs gammes face aux Maroc, les Mourabitounes se sont payés la Sierra-Leone (2-1). C’était ainsi leur troisième victoire d’affilée sur cette équipe depuis 2015. En outre, pour leur vingt derniers matchs, les Mauritaniens en ont disputé dix, sans encaisser le moindre but. Des choses ont donc changé du côté de Nouakchott.

Chose intéressante toutefois dans les matchs amicaux de cette rentrée d’octobre en Afrique, ils ont généralement opposé des formations de valeur sensiblement égale. Des voisins pour la plupart, engagés dans des derbys enlevés. Seuls, la Côte d’Ivoire (contre la Belgique : 1-1) et le Cameroun (contre le Japon : 0-0) ont rencontré des équipes étrangères à l’Afrique. Toutes les autres formations ont cependant senti que les défis essentiels à venir les interpellent sur le continent. Avec la CAN qui passe avant le Mondial 2022. Qu’il fallait se préparer en ayant à l’esprit les contextes environnementaux, footballistiques et psychologiques des matchs à venir.

Mais la plus instructive de ces oppositions, au plan du résultat, était Nigeria-Algérie (0-1). Dans cette confrontation qui a lieu en Autriche, les champions d’Afrique en titre, ont affirmé leur suprématie sur le continent. Les Algériens ont dominé à nouveau les demi-finalistes de la dernière CAN. Cela conforte les esprits et renseigne sur le maintien des acquis.

Ce mardi, les équipes africaines reviennent pour la seconde manche de la ronde. Et il y a des urgences de remise en ordre pour certains.

Tidiane KASSE

WP Twitter Auto Publish Powered By : XYZScripts.com