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LUCARNE: Le serpent de mer de la Fifagate

C’est un tsunami dont les vagues paraissent interminables. Depuis 2015 elles déferlent avec des effets désastreux sur le football. Pratiquement, tout l’état-major de la Fifa y est passé. Entre les Etats-Unis et le reste du monde, une cinquantaine de personnes ont été entendues et certaines ont été inculpées.

Cinq ans après l’éclatement de la Fifagate, au moment où on pensait que le mal avait déjà atteint son pic, c’est Gianni Infantino, remplaçant de Sepp Blatter à la tête de la Fifa, qui en reçoit les vagues. C’est de sous ses pieds que montent les miasmes du scandale. Et cela risque de sentir fort.

Pour l’heure l’environnement est encore sain. Gianni Infantino fait mine de rester droit dans ses bottes. Poursuivi pour «abus d'autorité, violation de secrets de fonction, entrave à l'action pénale et instigation à ces infractions», il est reproché au patron de la Fifa des contacts répétés, jugés douteux, avec le chef du parquet fédéral suisse, Michael Lauber. Pour le procureur fédéral extraordinaire suisse, Stefan Keller, ces rencontres, qui ont eu lieu autour de la Fifagate, sont constitutifs «d'un comportement répréhensible».

Bonnet blanc et bonnet blanc?

Pour sa défense, Infantino allègue que ces réunions, survenues entre 2016 et 2017, n’avaient rien de répréhensible. Le site Football Leaks les avait d’ailleurs révélées en 2018 et pour le président de la Fifa, elles n’ont rien d’anormal. «Depuis le premier jour (de la Fifagate), cela reste mon but de soutenir les autorités dans l'enquête sur les irrégularités passées à la Fifa», affirme Infantino. N’empêche, le ciel se noircit au-dessus de sa tête. La procédure pénale ouverte à son encontre survient une semaine après que le chef du parquet fédéral suisse, mis en cause pour sa gestion de la Fifagate, et soupçonné de collusion avec Infantino, a démissionné. Ceci à un moment où il est question d’ouvrir une procédure pénale à son encontre.

Il y a cinq ans, on était loin de ce retournement de situation. Fraîchement élu à la place d’un Sepp Blatter discrédité et sous le coup d’une enquête de justice, Infantino défendait un retour à une meilleure discipline administrative et financière. Mais c'est à se demander aujourd’hui s’il y a un immaculé dans cette caverne d’Ali Baba qu’est la Fifa. Avec les retombées financières de la Coupe du monde, entre droits de télé, marketing, royalties et autres, des nababs et des pieds nickelés se sont crus tout permis. Des scandales ont surgi de partout. Notamment des compétitions pour l’attribution des coupes du monde. L’irruption des pays arabes pétroliers (notamment le Qatar en 2022), dans une course pour accueillir cette épreuve qui était bipolaire (Amérique-Europe, avant sa brève ouverture à l’Afrique en 2010), a créé un pont d’or où on joue avec des centaines de millions d’euros.

Sepp guette...

Le foot est devenu un grosse affaire financière. Mais aussi une affaire d’Etat, un moyen d’affirmation sur la scène internationale, de positionnement sur la scène géopolitique. Ceux qui peuvent manipuler les leviers du choix sont devenus des sortes de "deus ex machina". Ce qui rattrape Infantino pourrait donc se révéler une vieille histoire qui remonte le temps. Et la Fifa n’en a pas encore fini avec sa guerre des chefs. Ils ont longtemps mené ensemble la gouvernance de l’instance, ayant sans doute joué leurs coups ensemble. Le déballage n’en sera alors que plus putride.

Alors que l’étau se resserre autour d'Infantino, une sorte de jubilation commence d’ailleurs à monter chez Sepp Blatter qui ne se gène point pour enfoncer la porte. « Pour moi, la situation est claire : la commission d’éthique de la Fifa doit ouvrir une procédure contre Monsieur Infantino et doit donc le suspendre», clame-t-il. Défense de rire. C’est l’hôpital qui se moque de la charité. Confondu par les charges de la Fifagate, mais non encore inculpé par la justice suisse, Blatter attend toujours l’issue de son dossier de justice.

Par ailleurs, on peut arborer un sourire en coin dans les chaumières africaines en se souvenant qu’Infantino avait mis, en juin 2019, la CAF sous la surveillance de la secrétaire générale de la Fifa, Fatma Samoura. Histoire de veiller sur sa gestion financière et sur la tenue de ses comptes. De là à ce que le sourire en coin se transforme en hilarité, il y a un pas… que la justice suisse prospecte.

Tidiane KASSE

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