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LUCARNE: Messi, la fin d’une histoire

Le monde n’a pas encore fini de se réveiller pour se rendre compte que l’inéluctable est arrivé. On s’y attendait le plus tard possible, le départ de Messi de Barcelone est tombé comme un couperet.

Il y a deux ans, le Real avait fait son deuil de Ronaldo parti à la Juventus de Turin, mais il s’agissait d’un moindre mal. Le Portugais venait de Manchester United déjà anobli et célébré (Ligue des champions en 2008). Madrid lui avait toutefois servi d’écrin et avait permis de polir le diamant (quatre LDC en 2014, 2016, 2017 et 2018). Mais Ronaldo avait surtout rencontré sur son chemin Lionel Messi, arrivé une quinzaine d’années plus tôt à Barcelone. Or, à eux deux, ils recréent le monde du football. Ronaldo parti il y a deux ans, Messi est demeuré en Espagne pour porter la planète foot sur ses épaules et continuer à donner sens à la création du jeu.

Biberonné au Barça

Venu au Barça à l’âge de 13 ans, en 2000, presqu’impotent et ramené à la vie par les médecins catalans, il grandit à la «Masia», centre de formation du club. Il y apprend à tripoter un ballon, à tracer des arabesques sur la pelouse, à dessiner des diagonales sur le terrain. Il y apprend aussi à transformer son pied droit en main supplémentaire, faisant pratiquement du ballon une excroissance naturelle de son corps. Pendant 20 ans, on s’est extasié avec lui et la planète a appris à régler sa montre à l’heure de Madrid ou de Barcelone pour ne pas se faire raconter le Clasico.

Ronaldo parti, l’Espagne avait pourtant gardé une partie de sa raison existentielle. Messi était resté. On le croyait éternel à Barcelone, on se disait qu’il partirait peut-être comme Xavi et Iniesta, quand on le sentirait incapable d’accélérer ou de geler un match. Quand il perdrait ses capacités à éliminer la moitié d’une équipe voire plus, à contourner un mur englué dans le béton et à viser la lucarne.

On se disait que Messi était l’Adn du Barça, un club où il décidait de tout et dictait ses volontés. Un club où il régnait sur la stratégie et dessinait les orientations. Il n’était certes pas fort pour défendre et on lui passait ses tacles paresseux. Mais le Barça avait appris à défendre à onze sans lui et attaquer en surnombre tant il faisait la différence. On le laissait se promener sur le terrain, courir quand il le sentait pour placer une accélération fatale. Dans les matchs, on lui passait ses faiblesses, parce qu’il y avait toujours un moment sublime où il savait déchaîner la tempête et tout dévaster.

La dernière tentation de Léo

Mais il était Messi le bien nommé. Un humanoïde descendu d’une autre planète, venu configurer ce que pouvait être le joueur de football dans une vingtaine d’années. Mais on lui passait tout, on lui acceptait tout. Les critiques étaient respectueuses et il avait toujours l’excuse de passer à côté d’un match.

Jusqu’à ce mardi 25 août 2020. On se rend alors compte que Messi pouvait se passer de tout cela. Qu’il pouvait renoncer au confort d’une équipe bâtie autour de sa personne, adaptée à sa personnalité, carburant à un voltage qui était souvent le sien. Le Bayern est passé par là, a débranché toutes les installations. Il a infligé aux Catalans une leçon de football faite de technicité, de vitesse, de solidarité et d’une stratégie parfaite pour arriver à ce score (8-2) qui tenait du fait divers. Qui plus est, en quart de finale de Ligue des champions!

L’amertume a fait place à la rage, mais surtout à un dépit insondable. L’entraîneur Quique Setien est passé à la trappe. Son successeur, Ronald Koeman, a commencé à nettoyer l’arrière-cour avec le départ annoncé de certaines «vaches sacrées». On parle de Luiz Suarez, de Pique, etc. Cependant, on évoque aussi le renforcement du rôle de Griezmann, alors supposé sur le départ. Le monde de Messi s’effondre. Néanmoins, avec ce score de handball infligé par les Bavarois, des certitudes se sont brisées. Les lendemains sont devenus incertains et aucune reconstruction n’effacera jamais le 8-2.

Les «socios» ont envahi le Camp Nou pour clamer leur volonté de voir l’histoire continuer à s’écrire avec Messi. Mais la messe semble dite. Déjà des destinations sont avancées pour dessiner un avenir à «La Pulga». On évoque Manchester United. Les négociations ont démarré et vont sans doute aboutir. Il suivrait alors le chemin inverse de la route suivie par Ronaldo en 2008. Et nul doute que la planète va changer de perspective pour le chercher Outre-Manche. Un United-Liverpool ou un United-City, c’est un autre monde qui se dessine.

Tidiane KASSE

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