fbpx
French VERSION

LUCARNE: Nouveau challenge

Il reste deux mois avant l’échéance. Pour l’instant, l’événement ne passionne guère en dehors de la Côte d’Ivoire. Mais il ne fait aucun doute qu’au 5 septembre prochain, au moment où l’élection à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (Fif) va se préciser, l’instant ne sera plus une affaire ivoiro-ivoirienne. Depuis plusieurs mois déjà, Didier Drogba, candidat déclaré, lui a donné une valeur symbolique. Il n’y a rien d’inédit en cela. Avant lui, Kalusha Bwalya, autre illustre footballeur zambien, au parcours international pas aussi lumineux mais à la trajectoire aussi prestigieuse, a connu son heure de gloire.

Président de la Fédération zambienne de football (2008-2016), son magistère fédéral avait été auréolé d’un titre de champion d’Afrique face à la Côte d’Ivoire (tiens !) en 2015. Avec une superbe équipe de sans grades, simplement mus par leur volonté, leur abnégation et une solidarité sans faille, ils avaient fini par dégoûter Drogba et les «Eléphants». Mais la fin de son parcours ne fut guère glorieuse. Rattrapé par une histoire de corruption, suspendu puis blanchi par la Fifa, Kalusha Bwalya s’était pris les jambes dans les turpitudes des instants de gloire qui l’ont finalement avalé.

L'heure du défi

Pour l’heure, Drogba est donc candidat. Un candidat parmi d’autres. Un acte méritoire, un tracé rectiligne qui prolongerait sa carrière de footballeur. N’ayant pas eu à personnifier les déchirements récents de la Côte d’Ivoire, militant d’aucun camp mais supporter d’une cause, celle de la paix et de la réconciliation, il se veut aujourd’hui fédérateur des «footeux» ivoiriens. Mais il lui faudra écarter des barrières et rallier autour de sa personne. S’il y réussit, il ne s’agira pas de compter les ennemis, mais de tisser les liens qui rapprochent. Drogba a de l’argent. Il en a beaucoup gagné. On ne s’attend cependant pas à ce qu’il ouvre son bas de laine pour arroser la forêt. Le plus intéressant, ce sont les idées du candidat. Le plus utile, une fois élu, serait son carnet d’adresses et son influence.

Ce scrutin démocratique est la meilleure chose qui pouvait arriver au foot ivoirien, car l’unanimisme cache souvent des perfidies. Face à Drogba, les candidatures sont de poids. Dont l’actuel vice-président de la Fédération ivoirienne de football, Sory Diabaté, et un prédécesseur à ce poste, Idrissa Diallo. Mais attention aux dérives. On a entendu des relents xénophobes percer ici ou là. Cela ne venait pas des candidats pressentis, heureusement, mais cette puanteur ne devrait point envelopper les joutes électorales et ramener la Côte d’Ivoire à ses immondes démons d’un passé récent.

A toute élection, on colle des attributs et celle-ci n’y échappe pas. On y voit une compétition entre deux mondes. Entre la perpétuation du passé représenté par le legs fédéral et une vision différente qui annonce des jours nouveaux. S’il se dit que Jacques Anouma, président de 2002 à 2011 était proche de Laurent Gbagbo dont il n’a pas survécu à la chute, son successseur, Sidy Diallo, qui a épousé le magistère d’Alassane Ouattara, est aussi perçu comme un affidé de ce dernier. Drogba était loin, vivant ses heures de gloire à Marseille et à Chelsea.

L'heure de la rupture

Ce vécu hors du pays a cependant pu être un moment de rupture avec les réalités du quotidien des clubs ivoiriens. Il s’agit d’une cassure qui peut peser lourd. Les groupements qui pèsent dans l’élection à la présidence de la Fif, notamment l'Association des anciens joueurs, l'amicale des arbitres, l'amicale des entraîneurs et l'amicale des médecins semblent le sentir détaché de leur vécu. Et seul le soutien de l'Association des footballeurs ivoiriens, celle-là qui connaît le mieux son vécu, lui semble acquis. Et ce n’est pas une unanimité totale.

Comme le souligne Bonaventure Kalou, «le fait d'avoir été grand joueur ne fait pas de lui un bon dirigeant ! Il revient à Didier Drogba de trouver les éléments à nous convaincre pendant la campagne». Ces qualités dont il devrait faire preuve pourraient sortir du bréviaire d’un bon président : à savoir un leadership avéré, des capacités en gestion administrative et sportive, sans oublier l’ambition et la disponibilité. L’ambition justement : le challenge le plus fondamental pour les sportifs ivoiriens est de faire naître une nouvelle génération de gagneurs qui rappellerait ceux de la Can 2015, mais hélas, après trois participations au Mondial (2006, 2010, 2014), les «Eléphants» n’ont plus barri.

Tidiane KASSE 

SNA vous en dit plus !

Pas de recommandation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

SNA FLASH NEWS

MERCATO

SPORTNEWSAFRICA,
LA RÉFÉRENCE DU SPORT EN AFRIQUE
TOUS LES SPORTS
LES SPORTIFS AFRICAINS
LES CLUBS AFRICAINS
LES GRANDES COMPÉTITIONS
LES SÉLECTIONS NATIONALES
SUIVEZ-NOUS SUR :
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram