Maroc: Coachs, vous êtes virés!

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Maroc: Coachs, vous êtes virés!

Durant la saison écoulée, plus de 20 entraîneurs ont été limogés par leurs clubs dans le championnat de D1 au Maroc. Dernier à faire les frais des humeurs des patrons de club, le Serbe Zoran Manojlović. Si le technicien évoque des «raisons personnelles» pour justifier son départ, le mal est beaucoup plus profond dans ce jeu de chaises musicales. Décryptage.

Si vous êtes nommé entraîneur d’un club de Botola Pro D1 au Maroc, sachez que votre durée de vie sur le banc risque d’être éphémère. La valse des coachs a marqué la défunte saison avec plus de 20 techniciens licenciés avant la fin du championnat. Rien qu’en début de saison, 7 coachs avaient déjà plié bagages en seulement 8 journées ! Les raisons évoquées sont diverses. Mais les clubs font souvent preuve de diplomatie au moment de l’annonce. Tout comme les coachs qui évoquent des «raisons personnelles» ou «une séparation à l’amiable» parfois pour justifier leur départ.

Le Serbe Zoran Manojlović est le dernier à quitter son poste, sur le banc du Moghreb Athlétic de Tétouan (MAT), moins d’un mois après son arrivée ! Les vraies raisons restent inconnues. Car le coach a terminé à la septième place du championnat. Une position respectable vu la qualité des équipes placées devant. Mais pas suffisante pour le club qui veut intégrer le podium. En plus, le contrat du coach concernait surtout la saison à venir. D’où un changement d’entraîneur difficile à expliquer pour les Nordistes.

Echecs et MAT !

Le licenciement le plus inattendu s’est toutefois produit avant le début de saison. Toujours au MAT. L’ancien coach, Tarik Sektioui, est remercié par les mêmes dirigeants tétouanais avant même le lancement des hostilités sur la pelouse. Un problème avec le président Redouan Ghazi serait à l’origine de son départ. Sektioui atterrit finalement à la Renaissance Sportive de Berkane pour terminer à la 3e place avec ce club. Une position qui aurait fait beaucoup de bien au MAT. Mais même chez les Oranges, sa place ne serait pas assurée pour la saison prochaine. Parce que Berkane aspirait à décrocher son premier titre de champion du Maroc, finalement perdu au profit du Raja.

A Berkane, le coach est annoncé sur la sellette après sa défaite surprise face à la Renaissance Zemamra (RCOZ) et le nul concédé à la dernière seconde face au Raja en fin de saison. Pour l’instant toutefois, il reste à la tête de l’équipe et tentera de décrocher un titre en Coupe de la CAF.

Au MAT, l’Espagnol Ángel Eduardo Viadero Odriozola a été également viré en cours de saison pour mauvais résultats. Décidément, c’est échec au MAT! Le technicien avait même menacé de saisir la FIFA s’il ne reçoit pas ses émoluments. Les techniciens virés profèrent souvent des menaces. Mais dans la majorité des cas, ils arrivent à trouver une issue heureuse avec leur club.

Difficile de coacher les cadors

Ces départs de coachs touchent même les plus gros clubs, pourtant plus solides financièrement et qui gagnent des trophées. Au Raja, Patrice Carteron a ainsi été congédié en novembre 2019, en pleine saison. Après son élimination en 16es de finale de la Coupe du Trône et sa première défaite en championnat. Pourtant, il avait remplacé l’Espagnol Juan Carlos Garrido, qui atterrira plus tard au Wydad avant d’être limogé à son tour, après la reprise.

Le WAC justement, a été très instable durant toute la saison, avec trois coachs différents. Cependant, il a réussi à terminer 2e. Même si les renvois de Sebastien Desabre et Zoran Manojlovic restent «incompréhensibles». Le premier était alors premier en championnat malgré une série de mauvais de résultats. Et il était encore en course en Ligue des champions de la CAF. Quant à Manojlovic, des «raisons disciplinaires» avaient été notamment évoquées lors de son licenciement.

Pas toujours «à l’amiable»

Autre victime de cette valse, M’hamed Fakhir. Le départ du coach du Hassania Agadir aurait coûté 3,3 millions de DH au club gdiri. Sans quoi l’affaire allait atterrir à la FIFA ou au TAS.

Aziz El Amri (Raja Beni Mellal), Rachid Taoussi (Olympique Khouribga) et Badou Zaki (IRT et Difaâ Hassani d’El Jadida) ont aussi tous fait les frais de résultats jugés insuffisants. A Khouribga, Taoussi avait clairement évoqué le climat qui régnait au sein du club. «Je ne me sens plus capable de travailler sereinement», avait dit l’ancien coach des Lions de l’Atlas.

Le Tunisien Ahmed El Ajlani l’avait remplacé. Mais il est licencié la même saison (août 2020), alors qu’il avait offert au club une 2e place en 2016 et la Coupe du Trône en 2015. Durant la saison écoulée cependant, le technicien tunisien a enchaîné les mauvais résultats lors de la reprise.

Seuls deux techniciens épargnés

Mais pour beaucoup de coachs, les mauvais résultats expliquent certaines décisions. C’est le cas de Mourad Fellah viré du Raja Beni Mellal (RBM) après un début de saison catastrophique des promus. Les Mellalis n’avaient en effet remporté aucun match après 6 journées. Aziz El Amri prend les rênes, avant d’être lui aussi éjecté pour mauvais résultats. Pour les observateurs cependant, le RBM a pêché surtout par son effectif inexpérimenté. A l’évidence, les Mellalis sont retournés en D2.

Chez la Renaissance Zemamra, Said Chiba avait critiqué l’arbitrage après un revers face au Wydad de Casablanca, avant d’être viré.

Dans l’ensemble, seuls deux techniciens sont restés à leur poste durant toute la saison. Abderrahim Taleb, l’entraîneur des FAR, et Abdelhak Benchikha, du Mouloudia d’Oujda. Quant à Walid Regragui, il avait quitté le FUS «d’un commun accord» pour aller au Qatar où il a terminé champion. Benchikha n’a d’ailleurs pas renouvelé son contrat avec le MCO. A la fin, seul un coach reste encore avec son club, Abderrahim Taleb.

Paradoxe

Malgré cette instabilité sur leur banc, certaines équipes ont réussi de belles choses durant la saison. Le WAC a terminé vice-champion; il est en demi-finales de Ligue des champions. De son côté, Berkane est toujours en course en Coupe de la CAF. Tout comme le Hassania d’Agadir, qui a renvoyé deux techniciens en cours de saison.

Pour mettre un peu d’ordre dans ce jeu de chaises musicales interminable, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) avait, en 2016, pris des dispositions. L’instance avait affirmé qu’elle ne donnerait plus de nouvelle licence d’exercer à un entraîneur qui a déjà dirigé une équipe de même division ou de division inférieure la même saison. Autrement dit, «un coach ne pourra s’asseoir que sur le banc d’une seule équipe sur une même saison». Mais cette mesure semble avoir été rangée aux oubliettes. Alors que la nouvelle saison se profile, la valse des techniciens devrait encore repartir de plus belle.

Momo HADJI

Coachs virés durant la saison 2019/2020

Sébastien Desabre (Wydad Casablanca)

Juan Carlos Garrido (Wydad Casablanca)

Zoran Manojlovic (Wydad Casablanca, puis Moghreb de Tétouan)

Tarik Sektioui (Moghreb de Tétouan, viré juste avant le début de saison)

Ángel Odriozola (Moghreb de Tétouan)

Reda Hakam (Moghreb de Tétouan)

Michel Angel Gamondi (Hassani d’Agadir)

M’hamed Fakhir (Hassani d’Agadir)

Aziz El Amri (Raja Beni Mellal)

Mourad Fellah (Raja Beni Mellal)

Rachid Taoussi (Olympique Khouribga)

Ahmed El Ajlani (Olympique Khouribga)

Hicham Dmii (Ittihad de Tanger)

Nabil Neghiz (Ittihad de Tanger)

Youssef Fertout (Renaissance Zemamra)

Said Chiba (Renaissance Zemamra)

Badou Zaki (Difaâ Hassani d’El Jadida)

Said Seddiki (Youssoufia de Berrechid)

Mohamed El Guisser (Olympique Club de Safi)

Mounir Jaouani (Renaissance Berkane et MAS de Fès en D2)

Hassan Benabicha (Rapid Oued Zem)

Patrice Carteron (Raja Casablanca)

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