Mathieu Ben Rahou : «Je suis charismatique et compétiteur»

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Mathieu Ben Rahou : «Je suis charismatique et compétiteur»

Passionné de natation, le jeune Marocain Mathieu Ben Rahou revient sur son parcours. L’athlète de 24 ans, vainqueur du 5 km des African Beach Games à Cabo Verde (2019) et 3e aux championnats arabes la même année, reste ambitieux. Licencié en France au CS Monterelais natation et au Maroc, à l’AS Salé de Rabat, Mathieu aime les défis.  7 fois premier sur des étapes de la Coupe de France et deuxième à 17 reprises, le Marocain ne vise rien d’autre qu’une qualification aux J.O de Tokyo, prévus en 2021. Entretien.

Mathieu Ben Rahou, d’où vous vient votre passion pour la natation?

Ma passion pour la natation est venue progressivement. J’ai toujours eu un bon contact avec l’eau pour m’amuser et j’ai eu la chance de découvrir le milieu en douceur: entre la mer et les petites piscines privées. Mon grand-père m’asseyait sur le bout du balai brosse de la piscine et me faisait faire des tours de bassin. Lorsque j’ai été autonome dans l’eau, je le voyais nager le papillon et l’on trouvait tout un tas de défis pour se challenger (je ne l’ai jamais battu tout de même).

J’ai commencé la natation à l’âge de 8 ans et demi. Au sein d’un groupe d’écoles de natation, j’étais excité à l’idée de participer à la compétition de fin d’année du club. Aimant déjà me confronter aux autres, un peu plus tard, nous avions participé, avec mon cousin et mon jeune frère, aux 24 heures de la natation où le but était de faire un maximum de distance avec 3 arrêts possibles. Nous avons remporté la première place, mon frère et moi, dans nos catégories respectives. Et le lendemain, je me suis retrouvé avec le groupe compétition.

Au bout de quelques années, j’ai été tenté par le football avec les amis et j’ai petit à petit laissé de côté la natation. Mais après deux années, tout ne s’est pas passé comme je le voulais alors je me suis tourné de nouveau vers un sport individuel. J’avais envie de reprendre la natation et de fil en aiguille, cette passion n’a fait que s’accroître.

Quel est votre meilleur souvenir de carrière ?

Je dirais qu’il y en a plusieurs. Mon premier et mon récent dernier 25km en eau libre. Il y a aussi les relais 3km par équipes ou à présent le 4x1250m aux championnats de France à Gravelines. C’est la première fois qu’une course se déroulait comme je le voulais. Je n’oublie pas aussi ma victoire lors des African Beach Games à Cabo Verde (2019). Ce fut une belle rencontre avec tous les athlètes du Comité Olympique Marocain (CNOM) ainsi que les dirigeants et le staff.

Où en êtes-vous actuellement au niveau de la préparation pour les qualifications aux prochains JO de Tokyo, prévus en 2021 ?

Actuellement avec mon coach, nous avons dû reprendre à deux fois la planification qui était prévue avant la crise sanitaire mondiale. Nous sortons des championnats de France qui m’ont servi d’entraînement. C’était une chasse aux kilomètres puisqu’en ce début de saison, il faut reprendre en charge et avoir de la caisse pour la suite du plan prévu. Je dirais que l’on commence plutôt bien.

Recevez-vous du soutien de la part de la Fédération royale marocaine de natation (FRMN), financièrement surtout ?

La FRMN m’aide lors de mes déplacements entre la France et le Maroc. On avance ensemble sur ce dont j’ai besoin pour optimiser ma préparation. Afin que le Comité National Olympique Marocain (CNOM) passe à l’étude et nous apporte le soutien financier dont nous avons besoin pour mettre les choses en place. Mais financièrement, je ne perçois pas d’argent de la part de la FRMN.

Quels sont aujourd’hui les nageurs marocains sur qui vous parierez pour une qualification et une performance à Tokyo ?

Je dirais Youssef Tibazi et Driss Lahrichi. Je ne les connais pas personnellement mais je vois qu’ils mettent les choses en place pour décrocher les temps de qualification olympique. En termes d’exploit, on ne sait pas ce qui peut se passer là-bas. J’aime énormément surprendre, être là où l’on ne m’attend pas. J’espère que ça sera la même chose pour eux. C’est la folie des Jeux !

Quels obstacles rencontrez-vous dans la pratique de votre discipline (sportif, financier, organisationnel) ?

Je dirais que les plus gros obstacles que je rencontre sont financiers et par conséquent, organisationnels. J’ai un emploi avec des horaires assez contraignants. Je finis tard le soir. Ayant à présent mon «chez moi», c’est difficile de joindre les deux bouts. Il faut donc travailler et concilier le travail qui demande pas mal d’énergie et les entraînements. Cela laisse peu de place pour le reste.

Avez-vous eu l’occasion de vous préparer à quelques reprises au Maroc, comment y trouvez-vous la natation ?

J’ai nagé au Maroc en période de compétition et également de transition entre les compétitions internationales. Je devais venir en stage au Maroc en janvier dernier, mais malheureusement cela n’a pas pu se faire.

Comment la crise du Covid-19 a-t-elle impacté votre préparation aux compétitions auxquelles vous deviez participer ?

Je rentrais d’un stage aux États Unis. J’étais frais et apte à attaquer la dernière partie de préparation pour enchaîner les championnats d’Afrique ainsi que les mondiaux et tournois de qualifications. Mais ce n’est que partie remise. J’ai donc dû, comme tout le monde, rester chez moi. Pas de natation mais beaucoup de préparation physique. Je pratique le sport tous les jours.

Quand reprendrez-vous les compétitions pour les qualifications aux JO ?

Dès cet hiver, car je souhaite me qualifier également en bassin sur le 800m. Donc, il va me falloir des marques pour pouvoir avancer là-dessus sur différents meetings nationaux.

Si vous deviez vous décrire, que diriez-vous sur votre personne (nature, caractère, ambitions…) ?

Je dirais que je suis loin d’être doué. Mais j’ai travaillé pour avoir ce niveau. Je suis ambitieux, volontaire, travailleur, entreprenant, courageux et sociable. Je suis aussi à l’écoute, surtout de ce que le coach ou le staff médical a à me dire et j’en apprends beaucoup. J’ajouterais également charismatique et compétiteur. Je prends les choses comme elles viennent. Je me considère chanceux d’avoir cette vie, ce potentiel, ces objectifs…  Mettre du cœur à l’œuvre ne m’assurera pas forcément d’atteindre mon but, mais si on ne se lance, pas on ne saura pas.

Momo HADJI

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