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Ngalla Sylla (sélectionneur) : «Le Sénégal a réussi un parcours héroïque»

Ngalla Sylla, le sélectionneur du Sénégal.
Ngalla Sylla, le sélectionneur du Sénégal.

Sport News Africa : Le Sénégal a terminé quatrième du Mondial en Russie. Votre meilleur classement et celui d’un pays Africain, dans cette compétition. Quelle analyse faites-vous de votre parcours ?

Ngalla Sylla : D’abord, rendons grâce à Dieu. On a fait un bon tournoi : sur seize nations on a fini quatrième. Et l’objectif en quittant le Sénégal, c’était de rentrer dans le carré d’As puisque ça fait plusieurs éditions où nous sommes éliminés en quart finale. Je trouve notre parcours très honorable. On s’était fixé un objectif et il a été atteint. On ne peut pas dans une compétition, changer les objectifs. Pour moi tout ce qui venait après la qualification en demi-finale c’était bonus.

Le plus important pour moi c’est que les joueurs, le staff, la Fédération sénégalaise de football et même le peuple sénégalais étaient d’accord sur l’objectif d’atteindre le dernier carré et nous avons travaillé pour ce but-là. Grâce à Dieu, on a réussi un parcours héroïque : on a débuté par l’Uruguay (victoire 6-1), qui est un habitué, joué un match clé face au Portugal (victoire 5-3) et perdu contre Oman (défaite 3-2).

En quart de finale, on a gagné face au grand Brésil (5-4), plusieurs fois champions du monde (14 fois titrés), une équipe très tactique avec des joueurs techniques et après malheureusement on tombe les armes à la main devant le Japon (défaite 5-2). Puis cette défaite (9-7) contre la Suisse. N’eut été cet arbitrage, les cartons jaunes, on peut dire qu’on a fait un tournoi héroïque.

«Le match face au Portugal a été le déclic. Le drame vécu la veille avec le décès de la mère de Raoul (Mendy) nous avait donné plus de motivation.»

Peut-on dire la victoire contre le Portugal, tenant du titre, a été le déclic ?

On peut dire que le match face au Portugal a été le déclic. Lorsqu’on bat le champion du monde en titre tu te dis que tout devient possible. Et je pense que le drame vécu la veille de ce match avec le décès de la mère de Raoul (Mendy) nous avait donné plus de motivation ne serait-ce que pour honorer sa mémoire. Cela a clairement été une source de motivation supplémentaire.

En plus le Portugal nous avait éliminés lors de l’édition précédente de la Coupe du monde. Il fallait donc les battre, surtout qu’on ne cessait de dire que c’était notre bête noire. Il fallait donc tuer le chat noir. Et depuis ce match, on a retrouvé une meilleure ambiance au sein du groupe avec des objectifs toujours plus hauts.

Revenons sur ce choc en demi-finale face au Brésil. Votre équipe est menée 3-1 dans le deuxième tiers…

Le Brésil est une équipe qu’on avait étudiée durant la phase de poules tout en sachant qu’il y avait des chances qu’on se retrouve en quart de finale. On s’était dit qu’il ne fallait pas les éviter. En début de compétition on a remarqué que le Brésil était hésitant et n’était pas en forme. Au fur et à mesure, l’équipe du Brésil est montée en puissance alors il était opportun de la superviser. Le Brésil termine mal ses matchs, il fallait donc aborder cette rencontre tactiquement. Et comme c’est des joueurs très techniques, il fallait les pousser sur l’aspect physique.

À la fin du match ils nous ont avoué que leur objectif était de plier le match très tôt et gérer. Nous l’avions compris assez tôt. Même si vous regardez bien ce match, on a demandé aux joueurs de relever la tête et pousser dans le troisième tiers temps. Je pense qu’on devait plier le match avant les prolongations mais ce sont les péripéties d’un match. L’essentiel c’était de gagner le match, on a vu une équipe du Brésil qui a baissé d’intensité en fin de match. Ce jour-là on a dominé cette équipe sur les plans tactique, technique et physique.

«En demi-finale, on a évolué sans Alséyni, qui représente 50% de l’équipe, Mamadou Sylla, l’un de nos meilleurs défenseurs, et notre maestro Pape Mamour Diagne.»

En demi-finale face au Japon, l’équipe a déjoué ne marquant que deux buts. Est-ce seulement dû aux absences de trois cadres dont Alséyni ?

En beach soccer nous n’avons pas droit à un groupe élargi. Nous avions 14 joueurs dont trois gardiens de but. Notre attaquant Ibrahima Baldé s’était fait une fracture et il a dû jouer avec ça parce qu’on ne pouvait plus le remplacer. On a perdu Mamadou Dieng qu’on a remplacé par Limamou Laye Diagne. Tous ces aléas de la compétition, on a dû les gérer durant la compétition.

En demi-finale, on évolue sans notre colonne vertébrale avec Alséyni Ndiaye (portier et capitaine) qui représente 50% de l’équipe, un expérimenté et l’icône du groupe. Ensuite Mamadou Sylla qui est l’un de nos meilleurs défenseurs et notre maestro Pape Mamour Diagne qui anime notre jeu et abat un énorme boulot. C’est dur de perdre ces trois éléments là pour aller jouer une demi-finale de Coupe du monde qui nécessite une bonne approche mental. C’est vrai qu’on ne partait pas battu à ce match mais ça s’annonçait déjà compliqué.

On avait laissé beaucoup de plumes face au Portugal, l’Uruguay, le Brésil en plus des cartons. Le match s’est joué sur ces détails-là. Mais mes joueurs n’ont pas démérité et ont fait un gros match face au Japon. Si vous revisionnez le match, vous verrez qu’on est resté sept minutes sans encaisser de but. Sans la faute technique de Ndour qui met la tête sur un retourné acrobatique adverse, je pense qu’on aurait peut-être même pu gagner ce match.

C’est la loi du sport. D’autant plus que le Japon restait sur deux éliminations de suite en demi-finale, il fallait qu’il passe en finale et c’est tombé sur nous. On les félicite et on continue à travailler de notre côté.

Les quarts de finale ont longtemps résisté aux Lions. Ce cap est désormais franchi. Qu’est-ce que cela augure pour les prochaines éditions du Mondial ?

Il fallait vraiment travailler sur cela. Personnellement quand j’étais joueur de cette équipe, on se faisait toujours éliminé en quart de finale ou en phase de poules mais on n’était jamais constants. C’est depuis 2017 qu’on a gagné en régularité avec trois quarts de finale de suite, en 2017, en 2019 et en 2021. Et cette année, j’avais ce projet pour cette équipe.

Même s’il y avait la place pour aller plus loin, on ne peut pas dire que ce soit un échec parce qu’on a été demi-finaliste. Le plus important c’était de franchir enfin l’étape des quarts de finale. Ça a été un problème majeur pour cette équipe. Il fallait qu’on se concerte avec les joueurs, les dirigeants de la fédération pour tenter de franchir ce stade de la compétition. Ce qu’on a réussi cette année.

«On va vers des compétitions de grandes envergures. C’est à nous de poursuivre le travail, de ne pas dormir sur nos lauriers.»

Vous avez opté pour le rajeunissement de votre groupe avec de nouvelles têtes comme Seydina Diagne, Pape Boye... Dans quel but avez-vous fait ce choix ?

Il est vrai que le Sénégal est six fois champion d’Afrique. Et même si la base de ce groupe est encore là, il était important d’emmener des jeunes et les intégrer dans l’effectif. Il ne faut pas toujours garder les mêmes personnes parce que c’est une sélection. Il y a des joueurs qui entrent, d’autres qui sortent. La porte n’est jamais fermée. Les places ne sont pas réservées. Que ce soit jeunes pu anciens, le plus important c’est de mouiller le maillot, de travailler dur pour gagner sa place.

Les jeunes qu’on a emmenés dans ce tournoi nous ont donné entière satisfaction. Pape Mar Boye qui fait un excellent tournoi, Mandione Diagne aussi, Seydina Issa Diagne, un jeune gardien qui fait d’excellentes choses. Et pas mal de gamins qu’on a dû laisser au Sénégal. Je pense qu’à la reprise des activités, il faut les rappeler, les intégrer et les faire jouer les grands rôles. C’est ainsi qu’il faut bâtir une équipe dans le futur.

Pour des lendemains meilleurs et jouer les grands rôles, il faut préparer la relève. On est dans cette dynamique-là, la fédération aussi.

Quels sont les objectifs pour les prochaines échéances, la CAN et le Mondial 2023 ?

On ne peut pas encore se projeter sur les prochaines éditions et fixer déjà des objectifs. Ce temps est réservé pour récupérer. Ensuite on pourra réfléchir sur l’avenir mais pour l’instant nous sommes en phase de récupération. On ne peut pas s’avancer sur les prochaines échéances parce qu’on ne sait pas si on y sera ou pas. Laissez les joueurs et le staff se ressourcer auprès de leurs familles.

La fédération est peut-être mieux placée pour fixer des objectifs pour les prochaines échéances. Mais un sportif a toujours cette volonté de rester au sommet. Je donne souvent à mes joueurs l’exemple de Yékini (légende de la lutte sénégalaise) qui a régné pendant 15 ans sur la lutte. Pourquoi pas nous aussi, rester au sommet en Afrique même si ce n’est pas évident ?

On sait qu’on va vers des compétitions de grandes envergures avec des équipes comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, qui reviennent fort. Le Maroc, le Mozambique, l’Ouganda… Toutes ces équipes en veulent. Mais c’est à nous de poursuivre le travail, de ne pas dormir sur nos lauriers et ensuite de maintenir la barre très haute.

En ce qui concerne la Coupe du monde, il faut consolider les acquis et travailler dur pour franchir d’autres paliers. Le temps est à la récupération et ensuite c’est à la fédération de définir ses propres objectifs.

Moustapha M. SADIO

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