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Rétro - Cameroun : une année "sombre" pour le football

Lions Indomptables

C’est inédit en Afrique. Mais surtout un record de la «honte». Pour la première fois dans l’histoire du football continental, un pays va abriter le Championnat d’Afrique des Nations (Chan) sans avoir pu organiser ses propres compétitions nationales. Ce pays, c’est le Cameroun. La nation quintuple championne d’Afrique est en effet restée fidèle à son style : préparer des compétitions d’envergure dans la tourmente et avancer les yeux bandés. Même si l’objectif affiché c’est de remporter le trophée au soir du 7 février 2021. Un rêve qui pourrait virer au… cauchemar.

Le football camerounais est en effet en crise depuis plus d’un an. Un conflit oppose les deux principales instances du ballon rond, la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) et la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (Lfpc). Résultat : les footballeurs n’ont pas disputé le moindre match de championnat depuis la fin de la précédente saison, interrompue en mars en raison de la pandémie de Covid-19. Si le gouvernement a autorisé la reprise des activités sportives en septembre, le football lui est resté paralysé à cause du différend entre la Fédération et la Ligue.

L‘affaire remonte à octobre 2019, lorsque la Fécafoot suspend la Lfpc pour «violation grave et réitérée de ses obligations», lui reprochant notamment son mode de gouvernance. Un Comité Technique Transitoire avait été mis sur pied pour assurer les compétences initialement dévolues à la Ligue qui a porté l’affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) en février 2020. Bien lui en a pris : le 14 septembre, la juridiction suisse a ordonné le rétablissement de la LFPC dans ses prérogatives. En dépit de cet arbitrage, la situation de la Lfpc s’est empirée. Fin octobre, de nombreux clubs ont voté la dissolution de la Ligue, au motif que la plupart des membres de son Conseil d’administration n’avaient plus qualité et que son président refusait délibérément d’organiser de nouvelles élections afin que ces derniers soient remplacés. Une décision actée par le Comité Exécutif de la Fécafoot qui a décidé de reprendre en main l’organisation des championnats professionnels.

L’intervention de Paul Biya

Pourtant, le 1er novembre, un match organisé par la même Ligue, avec des arbitres étrangers au sifflet, s’est bien disputé à Yaoundé entre Coton Sport de Garoua et Panthère du Ndé. Quelques jours plus tard, la Fécafoot et la Lfpc ont même envisagé d’organiser chacune son propre championnat. Dans ce capharnaüm, le président camerounais Paul Biya a dû demander au gouvernement de réunir les protagonistes pour trouver une solution. Mais les réunions qui se sont tenues au Premier ministère, puis au ministère des Sports n’ont pas porté de fruit.

Les clubs désemparés

Du coup, les clubs sont désemparés. Certains sont contraints de disputer des tournois de quartiers pour maintenir les joueurs en activité. Le plus dur pour les présidents de clubs, c’est de payer les primes d’entraînement et les salaires alors qu’aucun championnat n’a eu lieu. «Nous avons investi nos petites économies pendant pratiquement 5 mois de préparation. Et c’est dommage, parce que le championnat n’a pas repris. Nous sommes pratiquement dans la rue», s’insurge Franck Ghislain Onguéné, responsable marketing et commercial d’Ofta de Kribi, un club de Ligue 2 camerounaise. «Nous avons des partenaires financiers qui ne sont pas prêts à investir le moindre franc pour le développement du club, tant qu’ils ne sont pas certains que le championnat va reprendre», a-t-il poursuivi.

Geremi Njitap, ancien milieu de terrain des Lions indomptables aujourd’hui président du Syndicat National des Footballeurs du Cameroun ne cache pas son indignation. «La Fédération comme la Ligue sont coupables, dit-il. A cause de problèmes d’égos, les joueurs, qui sont tout de même les premiers acteurs du sport, sont pris en otage et complètement désemparés. Ces dirigeants ne pensent qu’à eux. Le football, les joueurs ne les intéressent pas, c’est scandaleux. C’est regrettable pour l’image du Cameroun». A l’évidence, 2020 est une année à oublier au pays de Samuel Eto’o et de Nchout Njoya Ajara.

Kigoum WANDJI

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